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Parution-La mort de Hamama de Rachid Hamdad : Le message d'une colombe !
Publié dans El Watan le 01 - 11 - 2009

Rachid Hamdad, journaliste brillant d'El Watan, est parti un certain 23 septembre 2001. Venait-il alors, avant d'en finir ce jour-là avec sa propre existence, de mettre un point final à son unique roman au titre, maintenant si lourd de sens, La Mort de Hamama ?
Rachid avait-il tout dit de ce qu'il avait à dire ? Ceux qui ont déjà lu cette publication de 130 pages de petit format sont divisés à ce sujet. Il est vrai que le roman semble se suffire à lui-même dans cette mouture qui peut paraître bien courte. Cela, après tout, n'a plus d'importance. La Mort de Hamama, édité avec le concours d'El Watan, est sur les étals depuis sa sortie des imprimeries Belle feuille en septembre. Ceux qui voudront le lire trouveront un écrit dense, surtout avec beaucoup de sens et plein d'émotions. Il y a lieu de relever, dès l'abord, que cette œuvre unique de Hamdad est sombre, dure et, somme toute, pleine de douleur. « … On peut légitimement se poser la question : pourquoi chez Rachid, tout s'enchaîne autour des morts », dit son préfacier, Mohamed Kali. « Je sens comme si un monstre te travaille de l'intérieur, porteur d'une dynamique d'anéantissement. »
Mais comment en aurait-il été autrement dans la tête d'un homme qui avait toujours eu son pays au cœur et qui souffrait - j'en discutais souvent avec lui - de le voir s'enliser dans une impasse, aussi bien sanglante que gluante comme des sables mouvants ? L'Algérie, qui suinte de toutes les interlignes, imprègne la totalité des 130 pages de La mort de Hamama. Dans le quotidien de cette décennie devenue rouge du fait de l'hystérie islamiste, la mort est présente partout, fauchant indistinctement des vies dans toutes les catégories sociales. Hamdad a perdu beaucoup de personnes dans son entourage et parmi elles, Belghezli Moh Achour, un collègue et ami qui lui était très cher. Pour rendre hommage à ce dernier, il avait décidé de signer « Achour Bel » ses articles dans le journal El Watan. L'inquiétude et, plus tard, la peur et la désorientation, vont s'installer dans son esprit douloureux. Il laisse sourdre son désarroi comme on laisse filer de l'air étouffant lors d'une éructation : « Je suis le produit d'un esprit qui ne sait pas ce qu'il veut dans une génération inquiète. »
La mort en tant qu'interruption du cycle de la vie et ce qu'elle peut susciter de fascination ou de peur chez les individus n'était pas le seul souci de Hamdad. La vie de notre pays, dit-il dans la page 105, « se déroule comme un polar affreusement interminable ». La mort, en commençant par celle de Hamama, renvoie donc en réalité à cette situation dans laquelle sont piégés les Algériens pris dans les rets d'une société confinée dans le glauque et le sordide imposés par les traditions d'un autre âge, qui conjuguent leurs effets avec ceux d'une classe politique congelée qui refuse désormais de regarder vers le futur. En effet, les scènes où Hamdad relate les réunions de ce parti, dont les militants se qualifient de « camarades », renvoient à une société dominée par des élites qui ne réalisent pas qu'elles ont définitivement doté leurs yeux d'œillères qui leur interdisent de voir autre chose que leur seule vision du réel : « Je suis comme toi, un simple élément d'un monde croulant. Notre certitude de tout comprendre fait de nous les défenseurs d'un ordre révolu. En réalité, nous sommes à plaindre mon ami. »
C'est également sous l'angle de la mort que Rachid Hamdad aborde la condition de la femme, d'abord dans sa Kabylie natale et par-delà dans toute l'Algérie. Ce passage est une critique féroce de ce que les traditions kabyles font subir au sexe féminin. Hamdad, en quelques pages, décrit de manière magistrale le sort fait à la femme. Elle n'a pas droit à l'héritage dans la famille de son époux, elle travaille plus que les hommes, ne mange que leurs restes, se lève avant eux, se couche après eux, n'a pas droit à la parole, ne sait d'ailleurs pas parler, n'a pas droit à l'amour, n'a pas de rapports avec son mari mais se fait plutôt sauter par lui. N'est-ce pas là une mort avant la mort ? Hamdad, en se donnant la mort, avait-il fait un geste désespéré pour échapper à cette mort lente que les islamistes, les éléments du « monde croulant » (partis politiques ou porteurs de baïonnettes) imposent depuis des décennies à une société vaincue, et désormais à terre.
Comme pour lui donner raison, des milliers de jeunes, les harraga, en s'élançant vers la mort que leur promet la Méditerranée, disent au pouvoir de Bouteflika et consorts : « Plutôt nous faire manger par les poissons que par les vers que vous êtes. » Pour ces milliers de jeunes, la soif de vivre motive le risque de mourir et leur démarche relève, non pas d'un geste suicidaire mais d'une tentative désespérée de survie.
Notes :
1. P.10
2. P.121
3. P.118
4. P.121
Rachid Hamdad, La Mort de Hamama Alger, 2009/10/27


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