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Pour une renaissance du sport national
Publié dans El Watan le 30 - 05 - 2010

L'agression de notre équipe nationale de football au Caire, sa qualification au Mondial 2010, sa participation à la 27e CAN et la manière dont elle a été éliminée en demi-finale de cette Coupe, nous interpellent avec force pour tirer les leçons qui s'imposent.
L'excellente prestation de l'EN — qualificatif emprunté aux divers spécialistes du football sur différents plateaux de télévisions nationale et étrangères — semble clairement dissimuler les insuffisances du football algérien, voire l'état du sport dans son ensemble dans notre pays. En effet, la composante de l'équipe, formée dans sa grande majorité d'athlètes évoluant à l'étranger — ce qui ne diminue en rien de son mérite et du travail fourni par les Ziani, Belhadj, Bougherra, Yebda...— atteste sans ambiguïté aucune du faible niveau du football atteint au niveau local. C'est du moins ce qui faisait dire à M. Tigrine que « l'Algérie n'est pas le seul pays dont la sélection nationale est composée en majorité de joueurs évoluant dans les championnats européens, mais pratiquement l'un des rares dont la composante est formée en grande partie à l'étranger, en France précisément ».(1) Sans rentrer dans le débat de la recherche des causes et des effets, pour lui, il semblerait que le problème relève du fait de la négligence des clubs de football, de la formation des jeunes talents, ainsi que du manque d'empressement, voire du manque de volonté, affichés par les gestionnaires à l'endroit du professionnalisme, « ... unique moyen de faire sortir notre football du marasme dans lequel il est plongé ».
Un professionnalisme d'ailleurs exercé sur le terrain au vu et au su de tout le monde — sponsoring, contrats, vente et achat de joueurs nationaux et étrangers ... — par des clubs considérés comme amateurs pour continuer à bénéficier des subventions de l'Etat et des fonds (national et de wilaya) destinés à la promotion des activités sportives et de jeunesse ! Lorsqu'on y regarde de près, on s'aperçoit d'ailleurs qu'une grande part de ces fonds va aux clubs de football, ce qui dégarnit d'une manière effroyable les autres disciplines créant un déséquilibre flagrant en matière de financement du sport. Un marasme enfin que tout le monde reconnaît et qui a poussé beaucoup d'acteurs du mouvement sportif national à appeler à une « refondation et une rénovation du sport national »(2), voire une « véritable révolution »(3) au sein du sport. La seconde leçon consiste à considérer qu'une rencontre de football, ou de n'importe quelle autre discipline d'ailleurs, ne se déroule pas uniquement sur le terrain. Cette merveilleuse équipe a dû se rendre compte que le savoir-faire, la rage de vaincre et la performance ne peuvent hisser haut les couleurs nationales lorsque les athlètes eurent à affronter une équipe égyptienne, qui n'a par ailleurs pas démérité au cours de cette CAN 2010, boostée cependant par un 12e homme. Monsieur Ould Saïd constatait à juste titre que « pour ces jeunes maestros qui conçoivent que le football est un art, un savoir, voire une culture, au regard des milieux où ils évoluent, sont partis de la logique qu'un match de football se joue uniquement sur le terrain ».(4) Ceci semble d'autant vrai que ce ne sont pas uniquement les joueurs, mais l'Algérie entière qui a toujours négligé ce domaine. En témoignent les événements encourus par l'équipe nationale de football tout au long des éliminatoires de la Coupe du monde de football et de la Coupe d'Afrique des Nations. Les signes avant-coureurs étaient déjà visibles lors de la rencontre Algérie-Rwanda caractérisée par une piètre prestation de l'équipe rwandaise « chargée apparemment » d'encaisser le moins de buts possibles et un arbitrage partial et catastrophique du Guinéen Keita Yakouba, qui a privé ces combattants du désert de 2 buts incontestables. Il serait de l'ordre de l'impossible qu'un Raouaraoua, seul, puisse déjouer les manœuvres souterraines venant de toutes parts. Ces signes se sont renouvelés lors de la rencontre de demi-finale de cette 27e édition avec l'Egypte et face à l'arbitre béninois Koffi Codjia, qui infligea à l'EN une cuisante défaite. Cela avait été également le cas avec l'EN de handball en Egypte.
En témoignent également les agissements algériens ( ?) contre des cadres algériens, compétents et pourvus de « garanties » préalables de succès qui s'étaient présentés dans le passé à des postes de responsabilité au niveau des instances sportives continentales et internationales (Confédération africaine, Conseil supérieur du sport en Afrique, Unesco ... ) mais qui avaient été « lâchés » par les responsables algériens pour des considérations incomprises, voire pas claires du tout en tout cas. Il n'est dès lors pas étrange que le véritable complot orchestré à l'encontre de l'EN de football avant la rencontre du Caire et que le monde entier avait vu à la télévision, grâce à l'équipe de Canal+, soit, après avoir traîné 6 mois, timidement et scandaleusement sanctionné. Au-delà de l'injustice que ressentent les Algériens, ne voit-on pas ici la force du lobbying, du camp d'en face bien sûr, se profiler derrière ce scandale ? Toujours est-il qu'un tel comportement de l'actuelle prestigieuse instance internationale, la FIF A de Blatter, est entaché pour l'histoire du football mondial. Le plus grave dans cette affaire est que le fair-play et l'éthique prennent un coup sérieux qui fait penser que la FIFA encourage en réalité la violence dans le sport et sa périphérie, contrairement à ce qu'elle affiche avant chaque rencontre, juste pour la télévision, me semble-t-il.
Politique de la chaise vide ou crève-moi un œil !?
Au regard de tout cela, il est nécessaire que les pouvoirs publics comprennent que toute stratégie de développement du sport, aussi complète soit-elle, est vouée à l'échec si elle ne tient pas compte du travail qui se déroule à la périphérie de la compétition et du rectangle vert pour ce qui concerne le football. En d'autres termes, il s'agit d'établir une stratégie intelligente d'investissement des instances de gestion du sport aux plans national, régional, continental et international. Toutefois, cet investissement mériterait qu'on procède à un « toilettage national » au plan de la réglementation, de l'organisation et du changement des mentalités pour garantir à cette stratégie des bases saines au départ. Rappelons, pour les besoins de l'analyse, que le sport est un indicateur de santé des populations et qu'il induit des retombées positives sur la société dans son ensemble en tant que facteur de développement économique, social et culturel. Il s'agit en fait d'un « indicateur très fiable de la vitalité de l'Algérie d'aujourd'hui et de demain »(5). Il est de l'intérêt de la nation tout entière de prendre au sérieux le sport et d'œuvrer à son développement. C'est pourquoi toute politique nationale de sport doit se fixer comme objectif principal de développer le sport dans toutes ses dimensions. Pour ma part, je laisse le soin aux acteurs du mouvement sportif national, aux techniciens, spécialistes et planificateurs d'« évaluer avec lucidité, responsabilité et franchise ce qui a fonctionné, ce qui n'a pas fonctionné ... et ce qui reste à faire pour assurer la réhabilitation et le développement du sport dans notre pays ».(6) Pour ce qui me concerne, je n'aborderais qu'une seule dimension de cet effort qui devra être développé pour le bien de la population juvénile et de la nation tout entière. Il va sans dire que divers acteurs interviennent dans ce champ considéré d'utilité publique et d'intérêt général dont nous retenons, pour les besoins de l'analyse, deux éléments-clefs : l'administration et la société civile, ou ce qu'on appelle communément le mouvement sportif national. Toutefois, il me semble important de signaler l'indispensable et nécessaire cohérence — induite par une coordination étroite, permanente, responsable et respectueuse des missions des uns et des autres — qui devrait exister entre ces différentes parties, faute de quoi cette politique demeurera théorique et stérile.
À chacun sa mission !
L'administration doit se consacrer à encourager et promouvoir la pratique du sport au niveau de l'école et de l'université ainsi que des quartiers pour constituer une large base à la pratique sportive, tout en inculquant aux enfants cette culture du sport avec tout ce qu'elle renferme comme valeurs. Une chaîne de télévision spécialisée est d'ailleurs fortement recommandée pour promouvoir le sport, toutes disciplines confondues, et non le football seulement, et susciter l'engouement nécessaire de la jeunesse pour enraciner dans leur milieu cette culture du sport et des valeurs éducationnelles et de citoyenneté qu'il recèle. L'administration doit également soutenir la représentation de la nation dans le concert de la confrontation sportive au niveau régional, continental et international en tant que véhicule privilégié des couleurs nationales et de la présentation de l'image de marque de l'Algérie. La société civile, quant à elle, organise, anime l'activité sportive, veille à améliorer les performances et assure la représentation du sport, aux plans national, régional, continental et international au sein desquels elle est affiliée. Elle doit cependant jouir de toute la latitude et du soutien nécessaires pour tenir son rôle de garante des intérêts de la discipline dont elle a la responsabilité. Or, l'observation, ces dernières années, de ces deux acteurs censés être en harmonie, montre malheureusement une relation peu reluisante, voire conflictuelle, pour la plupart du temps. La presse en avait fait largement écho. Il apparaît dès lors qu'au partage des rôles indispensable et nécessaire, prend place une bataille permanente pour le contrôle et le pouvoir. Cette bataille s'exaspère et s'enflamme à l'occasion du renouvellement des membres dirigeants des associations, fédérations et comité olympique. L'enjeu étant de savoir qui « mettre » à la place de qui ? Chose tout à fait normale si l'éthique était respectée et le principe de l'élection aussi. Force est de constater que ce n'est pas le cas d'une manière générale. Tous les coups sont alors permis au seul détriment de la déontologie, de l'éthique et de la démocratie. Des manœuvres de coulisses, on passe au « toilettage » subjectif de la réglementation — plusieurs décrets exécutifs fixant les modalités d'organisation et de fonctionnement des fédérations sportives algériennes ont été « pondus » en un temps record et il serait intéressant d'en faire le décompte ! — pour écarter des élus considérés par l'administration comme des éléments qui ont « failli », alors que leurs assemblées générales les plébiscitent.
L'exemple le plus éloquent de ces dépassements, voire abus, a été la promulgation du décret exécutif n°05-405 fixant les modalités d'organisation et de fonctionnement des fédérations sportives algériennes, lequel, à travers un article, « balaie » d'un coup tous les dirigeants élus qui ne peuvent plus briguer de second mandat, non pas parce qu'ils ont failli ou que leur bilan soit négatif ou entaché d'irrégularité, mais simplement parce que ce texte limite la direction d'une instance à un seul mandat. La raison invoquée à travers quelques interventions d'officiels à la télévision, la presse ou même à l'APN, étant « l'alternance au pouvoir » ! Cependant, au-delà du fait que ce décret bafoue toutes les règles et les normes usitées par l'ensemble des structures sportives, voire de toutes les ONG à travers le monde, c'est le principe même de l'autonomie qui est remis en cause. En témoignent les péripéties vécues à l'occasion des dernières assemblées générales électives des fédérations sportives et celle(s) du Comité olympique algérien qualifiée par M. Si Mohamed, ancien président du Comité olympique algérien, de véritable « putsch contre l'olympisme et le mouvement sportif national »(7) qui vient fouler aux pieds les valeurs, principes et dispositions de la Charte olympique. Ce n'est pas par hasard ou sur un coup de tête que la commission nationale d'observateurs indépendants désignée et mise en place par le ministre de la Jeunesse et des Sports a claqué la porte au bout de deux mois seulement de travail en « dénonçant les dépassements et les manipulations qui n'ont cessé de marquer la préparation des assemblées générales et également le choix autoritaire des membres des assemblées générales ».(8)
Comment dès lors envisager avec sérénité une stratégie d'investissement des instances internationales qui ne soit pas une démarche à court terme ? Comment garantir à des Algériens d'être présents là où il faut être et au moment où il faut pour éviter aux équipes nationales et autres équipes qui « mouillent le maillot » engagées dans des tournois régionaux et continentaux, l'impartialité qui n'a pas caractérisée un Keita Yakouba, un Koffi Codjia, la CAF ou la FIF A ? En d'autres termes, il s'agit de mettre définitivement un frein à ces facteurs défavorisant qui marquent la scène nationale régie par une réglementation inadaptée qui limite la portée d'une stratégie dont les fruits ne peuvent être récoltés à court terme. Il serait également temps de se doter d'un « centre de ressources et de compétences » dont la mission serait de valoriser toutes les compétences algériennes, là où elles se trouvent, pour tisser une véritable toile d'araignée et mettre en place une banque d'informations multiforme orientée vers le seul objectif de développement du sport dans toutes ses dimensions. Pour finir, il me semble qu'on a intérêt à faire chacun notre travail. A l'association de s'organiser, de veiller au succès de la discipline et de ses athlètes et de préparer la relève. A l'administration d'apporter le soutien nécessaire et de contrôler la régularité de la gestion. A la presse et aux médias d'une manière générale, d'observer, de rendre compte et de critiquer ce qui ne fonctionne pas régulièrement. Au public, enfin, d'apprécier les prestations des clubs sportifs, de déserter les gradins ou d'acclamer ses champions et le sport ainsi que le mouvement sportif national ne s'en porteront que mieux.
L'auteur est : Ancien cadre supérieur
Notes de renvoi :
1) ln « Que va faire l'Etat pour sauver le foot ? », Merzak Tigrine, Liberté du mardi 2 février 2010, page 23.
2) « Le sport national à la croisée des chemins », Hamid Oussedik, El Watan du mercredi 7 janvier 2010.
3) « Le sport national : une véritable révolution est plus que nécessaire », Tifaoui Chérif, El Watan du 25 novembre 2007.
4) ln « Tirer les leçons de la 27e CAN », Ould Saïd Abdelkrim, El Watan du mardi 2 février 2010, page 21.
5) ln « Le sport national à la croisée des chemins », Harnid Oussedik, El Watan du mercredi 7 janvier 2009.
6) Extrait du « Le sport national à la croisée des chemins », Harnid Oussedik, El Watan du mercredi 7 janvier 2009.
7) ln « putsch contre l'olympisme et le MSN », Si Moharned Baghdadi, Le Quotidien d'Oran du 28.04.2009
8)ln « Déclaration de la commission nationale d'observateurs indépendants », Le Quotidien d'Oran.


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