Plusieurs travailleurs et membres du syndicat du complexe Filature laine de Tébessa (Elatex) se sont regroupés hier au siège de la centrale syndicale UGTA à Alger en vue de faire valoir leurs revendications. Le syndicat demande, en effet, le règlement des salaires de six mois impayés et le départ pur et simple du PDG, Messai El Haddi. Les travailleurs exigent également une solution finale et définitive pour l'Elatex. A ce sujet, une rencontre est prévue aujourd'hui à Hussein Dey entre le syndicat et le groupe Texmaco, dont relève le complexe, en présence du responsable du SGP de l'Industrie manufacturière. Dans un document remis hier à notre rédaction par les membres du syndicat, il ressort que l'entreprise Elatex végète depuis 3 ans dans une situation conflictuelle, et ce, avec la « passivité » de la hiérarchie concernée, Texmaco. Le syndicat indique que depuis l'arrivée du PDG, le 15 mai 2002, l'avenir du complexe a été sérieusement compromis. Pour illustrer « la mauvaise gestion des responsables », le conseil syndical cite, outre le non-paiement de 6 mois de salaire, les redevances de l'Elatex vis-à-vis des impôts, de la CNAS, de Sonelgaz et des différents fournisseurs. Les travailleurs déplorent aussi l'inexistence de matières premières et auxiliaires. Les syndicalistes, dont le président Djeffali Lezhar et son adjoint Ghoul Farid, déclarent que le collectif des travailleurs a été mis au chômage à deux reprises sans qu'aucun résultat soit ressenti. « Aujourd'hui, on est en conflit avec le PDG qui tente une troisième fois la mise au chômage », avouent-ils. Selon eux, la gestion du complexe Elatex est tellement confuse qu'il est difficile de dire s'il fonctionne ou s'il est en arrêt. « Le PDG en conflit avec les travailleurs est en fuite depuis plus d'un mois et ne se présente au complexe qu'en l'absence des travailleurs », peut-on lire dans le rapport du syndicat. Toujours dans le chapitre des doléances, « des conseils d'administration ont été installés d'une façon clandestine, en l'absence voulue de 3 membres pour régler d'une manière médiocre le devenir de l'entreprise », conteste le syndicat. Il est également reproché au PDG « le pillage de l'entreprise par des achats et des ventes aux enchères ». Le procureur de la République près le tribunal de Tébessa a, dans un rapport signé le 13 juin 2004, affirmé que l'enquête préliminaire sur la gestion de l'Elatex a conclu sur les griefs de faux et usage de faux ainsi que sur de fausses déclarations du PDG. Le procureur de la République a, en conséquence, sollicité le tribunal de Tébessa pour ouvrir une enquête judiciaire afin de confirmer ces accusations. Le SG de l'UGTA et le responsable du groupe Texmaco pèseront-ils dans ce conflit pour sauvegarder les intérêts du complexe et des travailleurs ?