L'adoption par l'APN, avant-hier, du projet de loi relatif aux associations a fait réagir la Ligue algérienne des droits de l'homme (LADH). «La nouvelle loi sur les associations vise essentiellement à neutraliser les associations des droits de l'homme», indique un communiqué rendu public hier. Pour la LADH, présidée par Boudjemaâ Ghechir, «à aucun moment le système n'a accepté d'avoir en face de lui une société civile forte, indépendante de lui, constituant un contre-pouvoir puissant et crédible». La ligue indique que les acteurs de la société civile, déjà «soumis au primat de l'idéologie du système, sont placés dans une situation que tout agissement doit se faire dans le cadre des orientations définies par les responsables de l'Etat, sauf à être considérés d'emblée d'ennemis de la nation. La mainmise forte de l'Etat sur la société civile rend vaine, voire impossible, toute tentative de contact entre groupes sociaux censés adhérer à l'intérêt national et de le défendre». Le communiqué ajoute : «Fidèle à sa culture politique, qui considère l'ensemble de la sphère publique comme un espace domestique, le système et son aile politique, l'Alliance présidentielle, ont achevé d'étouffer le droit de s'organiser librement en Algérie.» Enfin, la Ladh considère l'Etat algérien comme «un Etat système». «Les dirigeants algériens donnent l'impression de ne pas tenir compte de la nouvelle donne géopolitique. Ils s'accrochent au passé. Ils analysent la situation nationale et internationale à l'aune de critères révolus et ne comprennent pas les aspirations aux changements de la jeunesse, nombreuse, éduquée et à l'affût des bruits du monde», est-il noté.