Vous cherchez une date de concert, le dernier titre en librairie, un vernissage près de chez vous, ou seulement voir un bon film en DVD ou au cinéma ? Vinyculture, babeddart, alger-culture founoune.com et algeriades occupent un créneau que le ministère de la Culture n'a pas su exploiter. «A l'origine de la création de notre site web : l'absence de communication et de promotion dans le domaine culturel. Pour mettre la lumière sur des talents d'ici et d'ailleurs, il nous fallait faire une veille des news et assurer une présence accrue sur les réseaux sociaux.» Samy Abdelguerfi est fondateur et rédacteur en chef de vinyculture.com, un site d'infos culturelles nouveau-né sur la Toile. Un autre, car depuis quelque temps, plusieurs sites internet algériens nouvelle génération – après le pionnier Kherdja – se font l'écho du secteur des spectacles vivants en Algérie. Le manque de communication, la négligence d'un plan média et le dénigrement de stratégies et promotion ont ainsi fait naître plusieurs plateformes qui communiquent au quotidien sur l'actualité culturelle. «Le canal du web permet par ailleurs une diffusion de l'information en temps réel et offre une interaction avec les internautes lecteurs, toujours plus avides d'informations», poursuit-il. «C'est une bonne alternative pour la diffusion d'informations relatives au domaine des arts et de la culture», déclare Kamel Hadjis, directeur d'un cabinet de conseils dans l'événementiel. «La contradiction, c'est qu'il existe une véritable vie culturelle, mais le plan d'action du ministère de la Culture se résume à la fabrication d'événements colossaux et non dans la continuité en élaborant des plans de communication fiables qui renforcent l'importance de transmission.» Certains sites sont devenus de véritables références pour les professionnels, à l'instar de founoune.com – dont le fondateur n'a pas souhaité répondre à nos questions – ouvert aux artistes diplômés des Ecoles des beaux-arts, aux autodidactes confirmés, aux associations culturelles et aux musées. Page fans «Founoune.com illustre parfaitement l'exemple de l'espace communautaire au service des artistes et du public», poursuit Kamel Hadjis. Si la communication est si vitale, c'est qu'elle sert indéniablement les événements artistiques. «Le budget pour une bonne communication est assez colossal, mais faut-il pour autant l'ignorer ? Je ne pense pas, puisque miser sur la com' revient à garantir un avenir à l'établissement organisateur. Aujourd'hui, grâce à facebook, n'importe qui peut créer un page fans et monter un projet de diffusion. Mais même ici, certaines institutions culturelles ont raté le train.» Vinyculture, babeddart, alger-culture et algeriades, pour ne citer que ceux-là, poursuivent le travail, malgré eux. «La création de Bab edd'ART a été un défi pour nous en tant qu'équipe. Si nous avons fait ce pas, c'est parce que nous voulons être un acteur important dans la culture algérienne, pas seulement dans le monde virtuel, mais également sur le terrain à travers des projets que nous allons monter en collaboration avec différents organismes et clubs dans ce domaine», précise Yassine Balhi Draou, responsable du magazine à travers le site Bab edd'ART. Ces sites ne sont pas forcément soutenus, ni par des promoteurs officiels, ni par des agences de pub. Ils se débrouillent avec leur propre argent au départ, puis avec la publicité et surtout… leur passion.