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Le toboggan des législatives printanières
Point de vue
Publié dans El Watan le 15 - 02 - 2012

«Lorsqu'on réussit à tout imposer, on finira par le payer un jour.»
Desmond Tutu
Ils sont apparus sur les téléphones portables, mais également dans les médias publics, dans les glissières et sphères politiques officielles. Ce sont les SMS, postés non pour désenclaver des régions englouties sous la neige, non pour montrer la voie pour l'obtention d'une hypothétique bouteille de gaz butane ou pour déclencher le plan Orsec. Non, tout cela ne les intéresse pas, ils ont la tête ailleurs, ces jours-ci. Ils se sont investis, corps et âme, comme ils ne l'ont jamais fait auparavant, pour organiser les législatives et obtenir le label de la démocratie. La population ?
Autant l'emporte le torrent ! L'essentiel, c'est les élections, cet «indicateur objectivement vérifiable d'une démocratie représentative».
Et tous les ingrédients sont réunis pour la grande kermesse du 10 mai prochain : un réservoir électoral en jachère à toutes fins utiles, des agréments servis au pas de charge aux nouveaux partis politiques, des invitations officielles aux observateurs internationaux qui pourront couvrir les 1541 communes de notre grande Algérie et des magistrats pour superviser le tout dans une totale indépendance. Pourtant, les Algériennes et les Algériens n'ont pas eu l'occasion d'exprimer leurs angoisses et leurs espérances, ils n'ont en aucune manière pu fixer l'agenda et les priorités. Ils sont exclus du jeu politique produit par les seuls décideurs à la tête du système et, accessoirement, par les appareils des partis politiques. Des appareils qui ont un agenda lié aux desideratas des décideurs et qui affichent une rupture inquiétante avec la population.
Certains, dans le cadre de la «transparence», vont jusqu'à le reconnaître publiquement, à travers des placards publicitaires dans des quotidiens à grand tirage, que «depuis 2007, ils n'ont aucune structure pour servir d'écoute et de lien avec les citoyens» ! Preuve qu'ils sont aujourd'hui de véritables appareils de pouvoir, courroies de transmission et de redistribution de ressources diverses qui font vivre leur clientèle, triée généralement par ordre d'accointance avec le chef ou un de ses proches et surtout prêts à se soumettre à des ordres opposés à leurs convictions morales et à l'éthique politique.
Souvenons-nous, durant les émeutes de janvier 2011, les partis étaient tout simplement ailleurs et des personnalités historiques promettaient «que tout s'arrangerait à l'occasion du cinquantenaire de l'Indépendance», pendant que les hommes et les femmes de ce pays étaient tourmentés par le spectre de la précarité et de la pauvreté qui guettent chacun d'entre nous.
Et, cerise sur le gâteau, un climat qui a mis à nu le roi.
Ceux d'en haut calculaient les chances de survie du système anéantissant le jeu politique, la presse et les syndicats autonomes, en dictant aux deux Chambres des lois liberticides votées à main levée, concédant ainsi un tour de vis supplémentaire aux conditionnelles libertés.
Mais heureusement pour nous, le génie des faiseurs de rois est omniprésent. Ils ne manquent pas d'imagination et s'inspirent du quotidien des Algériennes et des Algériennes pour leur grand bonheur. Ainsi, les dernières chutes de neige hypothermiques ont inspiré nos vaillants décideurs. La neige étant éphémère, les enfants n'ont pu profiter longtemps des jeux de glissades sur les pentes des Aurès, du Djurdjura ou du Dahra. Alors, on joue les prolongations sur des toboggans.
Et comme le toboggan n'est pas le privilège des tout-petits, on y associera les adultes qui aiment à se laisser glisser.
Sur le ventre, la tête en avant ou sur le dos, les pieds devant, tout un chacun aura à cœur de retrouver son âme d'enfant en se laissant dériver sur la pente plus ou moins ondulante d'un toboggan ou sur l'inclinaison raide d'un pentaglisse ; destination finale, la poudreuse pour les enfants et «amerrissage» avec main bien levée vers le ciel dans une APN à température ambiante avec gros salaires garantis pour les majeurs !
Au village de vacances de l'hémicycle, les toboggans seront adaptés aux différents élus désignés : Il y aura les petits toboggans pour les «opposants maison» anciens ou nouveaux arrivés, dans les pataugeoires pour jouer à la vierge effarouchée et crier au loup ; et les pentaglisses et autres grands toboggans, beaucoup plus vertigineux, pour les plus aventureux, professionnels de la glisse issus de la coalition bras dessus, bras dessous avec des islamistes en «rupture de ban» à la mode du Printemps arabe.
Ce manège préservera-t-il encore une fois le système du torrent populaire repoussé à coups de milliards pour l'achat de la paix sociale ? Abdelhamid Mehri, que Dieu ait son âme, qui nous observe de Sidi Yahia où il repose pour l'éternité, avait prévenu que «cette marginalisation et cette exclusion nourrissent en permanence les ressentiments et la colère. Elles alimentent la conviction que tout ce qui est lié au régime ou émane de lui leur est étranger ou hostile. Quand s'ajoute à ce terreau de la colère le poids des difficultés économiques, qu'elles soient durables ou conjoncturelles, les conditions de l'explosion sont réunies».
Alors, Il ne suffit pas d'instituer le droit de vote pour se dire «grand démocrate», encore faut-il être capable de proposer un scrutin véritablement libre !
Si le premier principe est garanti par nos institutions, on peut sérieusement se poser la question au sujet du second, des élections libres, c'est-à-dire la possibilité de voter sans un révolver sur la tempe ou un glaive au dessus de sa tête, sans cueillir les représailles, et avoir droit de regard sur toutes les étapes du processus, de la confection du fichier électoral à la proclamation des résultats définitifs en passant par la délivrance des PV à tous les niveaux, pour toutes les parties qui en réclameraient. Au suffrage universel devra s'ajouter le droit à des élections libres et non truquées. Sinon, après le toboggan, la pente fatale du régime est inéluctable.


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