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« Nous allons faire des feuilletons et les exporter »
Belkacem Hadjadj. Réalisateur
Publié dans El Watan le 16 - 03 - 2006

Le réalisateur Belkacem Hadjadj, avec une carrière cinématographique bien pleine, a encore plein de projets. La série Taxi El Majnoun, c'est lui, le film Machahou en tamazight, c'est encore lui. Récemment, il a rencontré son public de Tizi Ouzou lors d'un talk- show qu'organise mensuellement l'animateur Slimane Belherat à la maison de la culture. Hadjadj a répondu avec franchise à l'auditoire. Il le fait aussi bien dans l'entretien qui suit.
Que devient Belkacem Hadjadj ?
Le cinéma est mon métier. Cela fait pas mal de temps qu'on est sur des projets avec malheureusement l'unique chaîne de télévision avec laquelle on essaie de travailler vaille que vaille. Il y a également des projets pour le cinéma et en parallèle d'autres productions qui ne sont pas obligatoirement destinées à une diffusion précise.
Lesquelles ?
Je compte entreprendre une série de projets sur le Centre de recherche d'anthropologie et d'histoire. Il y a des chercheurs qui travaillent sur des matières qui répondent de manière fondamentale aux problèmes identitaires et culturels et de savoir, mais qui demeurent non médiatisés. Nous allons voir les résultats des recherches auxquels ils ont abouti pour les redonner à la société.
Des longs métrages ?
Oui. Je m'occupe de la production du film de Brahim Tsaki qui s'appelle Le mont de Djibril. Il y a aussi un projet de feuilleton en tamazight, en arabe et en français. Le feuilleton et d'autres encore seront d'un niveau qui puisse leur permettre de s'exporter. Il est temps que l'Algérie impose ses produits ailleurs.
Qui dit Hadjadj, dit Machahou. Vous êtes d'accord ?
C'est l'avis des spectateurs. Ils peuvent m'assimiler à ce qu'ils veulent. C'est peut-être vrai. A l'Ouest par exemple, je suis Bouziane Ghelai, dans l'Algérois, c'est plutôt Taxi El Majnoun. Quant à Machahou, c'est un film important qu'il fallait faire. On l'a fait en profitant d'une brèche, mais il faut que cela continue. C'est pour cette raison que mon prochain film sera en tamazight.
Certains parlent de cinéma amazigh. D'autres estiment qu'il n'existe pas. Quel est votre avis ?
Je ne pense même pas qu'il existe un cinéma algérien. Alors parler de cinéma amazigh, c'est aller vite en besogne. Quand on parle d'un cinéma d'un pays ou d'un autre, c'est quand il y a 100 à 200 films qui sont produits par an, quand il y a un style qui s'y dégage, quand il y a une façon de faire, quand il y a une pléthore de comédiens qu'on voit et qu'on revoit. On est malheureusement loin de tout cela.
Les professionnels du cinéma font le même constat : la situation est catastrophique. Que faire alors ?
L'équation est simple. Le cinéma a besoin de moyens. Il faut une vraie volonté politique pour développer ce secteur. Le déclic est politique. Il faut que la méfiance vis-à-vis de l'art disparaisse, car, ici et là, on dit que l'on ne peut pas contrôler l'art. Nos dirigeants politiques devraient avoir confiance, qu'ils se rendent à l'évidence que la société est mûre. Pour renforcer la démocratie, il faut qu'il y ait une dynamique de création. Le cinéma a besoin d'être soutenu par l'Etat en dégageant des moyens de financement, car tous les Etats le font, mis à part le cinéma américain qui arrive à s'autofinancer.


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