Que de destructions et d'atteintes à l'ordre n'a-t-on pas encouragées aux fins d'une factice paix sociale ! Grave… La prolifération labyrinthique des commerces irréguliers a atteint des seuils alarmants. L'occupation illégale de la chaussée et des trottoirs n'émeut même pas les pouvoirs publics, incapables d'éradiquer le phénomène. Une génération de commerçants irréductibles règne sans partage sur les endroits sensés être d'utilité publique. Si la problématique du squat des chaussées et trottoirs est relativement maîtrisée et en voie d'extension dans certaines agglomérations, dont le chef-lieu de wilaya, elle continue, néanmoins, à sévir à grande échelle dans pas mal de localités. Le cas de la ville de Chelghoum Laïd, entre autres, est révélateur à cet effet. Au centre-ville comme dans les quartiers périphériques, les placettes et les artères commerçantes de ladite cité sont sous le diktat absolu d'une foultitude de revendeurs de fruits et légumes, bibelots et autres camelotes. La densité des étals de fortune et celle des chariots et des camionnettes, disposés étroitement les uns à côté des autres, endiguent toute circulation de véhicules. Bien des automobilistes se sont ravisés depuis longtemps à emprunter ces itinéraires de peur d'être pris dans la tenaille. Du matin au soir, ces rues sont réduites à un «no man's land» à part entière, tant les autorités en charge de la réglementation de ce genre de commerce peinent à l'éradiquer. Certes, des opérations «coups-de-poing» ont été menées sur le terrain, mais les centaines de revendeurs trouvent toujours la bonne parade pour se redéployer. Les autorités se rejettent la responsabilité Interrogés à plusieurs reprises, des responsables et agents relevant du service d'ordre ont affirmé tout de go que «la responsabilité de cette anarchie incombe entièrement aux représentants du peuple». Et d'ajouter: «A trop chercher à privilégier l'option de la paix sociale au détriment du maintien de l'ordre et du respect des lois en vigueur, les élus communaux n'ont fait que compliquer le traitement et la gestion de cet épineux dossier. L'APC, de peur de subir la foudre de centaines de marchands ambulants et de sans-emploi, continue à fermer les yeux sur les pratiques commerciales irrégulières en délivrant à l'emporte-pièce des arrêtés autorisant les commerçants informels à exercer sur la voie publique». En effet, nous avons constaté que le rôle des agents de l'ordre affectés sur les sites à grande activité commerciale se limite à tenter de réguler tant bien que mal le trafic de la circulation routière.