Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique semble avoir une dent contre les enseignants du CNES qui ont brandi la menace de recourir à la grève le 13 mai. « Il faut qu'ils sachent qu'ils ne sont pas les seuls à défendre les enseignants », a déclaré, hier, Rachid Haraoubia, lors d'une conférence de presse, tenue à l'issue des travaux de la 2e journée d'étude sur la réforme de l'enseignement supérieur « Enjeux et perspectives », organisée à l'ENA. Cette réplique sonne comme une non- reconnaissance de la représentativité du CNES, partenaire syndical des enseignants du supérieur. M.Haraoubia invite d'ailleurs « ses amis » du CNES à respecter certaines « étapes » de la loi. « Nous respectons les droits syndicaux, mais il y a des étapes dans la loi qu'il faudrait respecter et nous souhaitons que nos amis du CNES les respectent », a-t-il insisté. Le ministre dit ne pas être au courant d'une quelconque plainte déposée contre les enseignants du CNES. En réponse aux préoccupations des enseignants, M. Haraoubia a souligné que « leurs problèmes sont pris en charge ». Allant dans les détails, il a tenu à rassurer la communauté universitaire. Il a indiqué que le dossier des salaires sera pris en charge dans le cadre de la tripartite et que le statut de l'enseignant de 1989 est en train d'être corrigé. Pour les logements, « exception faite », selon lui, aux enseignants disposant d'un revenu inférieur à 14 000 DA pour acquérir un logement social. Le ministre regrette le fait que beaucoup d'enseignants ne payent pas leur loyer. Le premier responsable du département de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique compte, par ailleurs, faire la guerre aux enseignants n'ayant pas atteint le grade requis pour l'enseignement à l'université. « Il n'est plus permis d'accepter un enseignant de diplôme d'ingénieur enseigner un ingénieur à côté », a-t-il insisté. « Le pouvoir politique est disposé, selon lui, à faire en sorte que la hiérarchie soit établie selon le mérite pédagogique le plus rapidement » De même, l'ancienneté ne sera plus un facteur qui jouera dans les promotions des profs. « La promotion par l'ancienneté c'est terminé », a-t-il dit. Ainsi, pour être enseignant, à ses yeux, « il faut au minimum avoir le diplôme de magistère et réussir un certain nombre de concours ». Le ministre s'est dit scandalisé par le cas d'un enseignant protestataire recruté en 1982 dans un établissement avec un diplôme de l'INA et qui est resté à ce jour avec le même diplôme. « Il est malheureux que celui-ci n'ait pas cherché à évoluer depuis 25 ans », a-t-il regretté. M. Haraoubia ne veut plus, en outre, de recrutement d'assistants à l'université en avançant le chiffre de 800 assistants à l'échelle nationale encore dans les universités. Parlant de la réforme engagée dans son secteur, le ministre a indiqué que la mise en place de cette réforme a pour souci de répondre à une préoccupation économique, à une formation de qualité et la prise en charge de l'effort de développement. Dans ce cadre, il a mis l'accent sur la compétitivité des ressources humaines, cela en rappelant que dans le cadre du plan quinquennal 2005-2009, l'université accueillera 1,5 million d'étudiants et 25 000 enseignants supplémentaires. Concernant la relation université-entreprise, laquelle, comme il convient de le souligner, n'est pas tout à fait établie, l'accent est mis sur la nécessité de mettre en place une vraie structure d'interface opérationnelle pour la prise en charge de professionnalisation de la formation. « Une certaine osmose doit avoir lieu entre les deux secteurs économiques, public et privé et l'université », selon M. Haraoubia. Dans ce cadre, le ministre promet de mettre en place « un cadre juridique ». « En plus des stages, nous essayerons de trouver une formule pour les opérateurs économiques pour faire bénéficier nos diplômés », a-t-il tranché à ce sujet. Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ne souhaite pas pour l'instant l'augmentation de la bourse des étudiants, en mettant en avant les frais de restauration et de transport qui sont restés tels qu'ils étaient. Il écarte enfin tout départ en vacances avant que les examens de fin d'année ne soient terminés.