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La difficile adaptation
Ramadhan et les étrangers
Publié dans El Watan le 05 - 07 - 2014

Le Ramadhan s'est installé. Si les Algériens accueillent ce mois avec ferveur, les étrangers ont du mal à s'adapter.
La journée, tous les restaurants sont fermés et cela constitue un véritable handicap pour les étrangers. Ils ne peuvent pas manger normalement. La plupart d'entre eux, qui fréquentent les grands hôtels pendant le mois de Ramadhan, travaillent pour de grandes entreprises et ont des salaires qui leur permettent de fréquenter ce genre d'endroit. Se tourner vers des hôtels pour déjeuner pendant le Ramadhan est aussi une manière pour ces personnes d'être à l'abri des regards des jeûneurs. La plupart des restaurants ferment pendant le mois sacré, et ceux qui restent ouverts ne servent qu'à l'heure du f'tour.
Les étrangers, dont la présence n'est pas indispensable, préfèrent d'ailleurs rejoindre leur pays d'origine, car l'activité économique tourne au ralenti. «La faible fréquentation ne nous permet pas de garder tous nos restaurants ouverts», se justifie un restaurateur du centre d'Alger. «Ouvrir est un risque que je ne veux pas courir», explique un cafetier. Son propos n'est pas exagéré. En réalité, ils savent que c'est impossible de servir des repas ou une boisson normalement même à des étrangers. Cela pourrait être interprété comme une atteinte à la sainteté du Ramadhan en plein jour. Les sociologues ont une interprétation : le jeûne est devenu un phénomène social, plus qu'un exercice spirituel.
Cette situation met en exergue la pression sociale exercée pour adopter le mode de vie de la majorité. «Nous avons mis en place un riche menu i'ftar et s'hour pour notre clientèle locale et étrangère qui jeûne. Nous restons aussi ouverts à la clientèle externe qui souhaite rompre le jeûne chez nous ! Il y a aussi une gaâda thé et gâteaux traditionnels à la terrasse El Djenina avec une ambiance musicale (pas de groupe, juste une musique de fond). Pour la clientèle étrangère qui ne jeûne pas, le restaurant El Beïda est ouvert et sert à la carte le midi et buffet le soir (tous les jours). Un restaurant chinois Le Mu Dan assure la restauration le soir, tous les jours sauf le samedi. Concernant les clients qui mangent à midi, on trouve dans la majorité des cas l'équipage des compagnies aériennes, car nous sommes un hôtel d'aéroport», nous confie Mahrez Belaribi, responsable de la communication de l'hôtel Mercure d'Alger.
Certaines entreprises algériennes, employant du personnel étranger, ont recours à des traiteurs qui livrent à l'heure du déjeuner des coffrets repas. Mais tout le monde ne peut se permettre un «4 ou 5 étoiles» pour déjeuner. Les centaines de travailleurs chinois, par exemple qui travaillent généralement dans les travaux publics et le bâtiment, se contentent pendant la pause et dans la discrétion la plus totale d'un sandwich, une boisson fraîche et des yaourts, histoire de tromper la faim. Habitués à se préparer à manger sur leur lieu de travail, ils continuent donc à le faire. «A l'approche du Ramadhan, le chef nous a tous rassemblés au foyer. Il nous a formellement interdit de manger dans la rue par respect au culte musulman», témoigne l'un d'eux.
Une autre catégorie de la population a des difficultés aussi pendant ce mois : les malades ! Certains commerces par exemple refusent de leur vendre de la nourriture ou des boissons à consommer sur place, alors que c'est une question de vie ou de mort dans certains cas. Ils risquent de se retrouver aux urgences pour une grave complication de leur maladie ! «Il est, en effet, strictement contre-indiqué aux diabétiques de type 1 sous insuline et même de type 2 à risque de jeûner», nous confie un médecin. Malgré cela, ces malades doivent manger en cachette, car ils redoutent le regard réprobateur que portent les jeûneurs sur eux.
Les Algériens sont-ils intolérants ? Cette question mérite d'être débattue et approfondie car, à première vue tout au moins, jamais la société algérienne n'a été sous l'emprise d'un discours religieux aussi prégnant que ces quinze dernières années. La pratique religieuse est souvent brouillée, déformée et caricaturée. S'inscrit-elle dans un mouvement d'ouverture ou de fermeture face à l'autre qui est différent ? Pendant le Ramadhan, on a l'impression que c'est toute la société qui se transforme en puissante machine inquisitrice.


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