Dans un communiqué au ton menaçant rendu public par la coordination syndicale d'Algérie télécoms, il est fait état « d'inaptitude au dialogue du directeur de l'UOT » de par « l'instauration d'un climat instable et d'un comportement inadmissible » envers les travailleurs. Les protestataires, affiliés à l'UGTA, parlent de « lignes téléphoniques (code 11) coupées pour non paiement de redevances par les travailleurs alors que des KMS restent redevables à l'entreprise », de « sanctions au troisième degré prises à l'encontre de ces mêmes travailleurs, marginalisations et décisions arbitraires », motifs pour lesquels il est demandé à leurs mandants de « s'exprimer sur les préoccupations par écrit pour être transmises aux autorités supérieures ». Critiques réfutées d'un revers de main par le responsable incriminé, M Zeroukat, installé dans ses fonctions depuis septembre 2005. Ce directeur parle, lui, de « contrevérités avancées par certains syndicalistes qui n'arrivent pas à admettre la fin des largesses, jusque là concédées, tels les frais de mission complaisants qui avaient totalisé, à titre d'exemple, jusqu'à 11 millions de centimes pour l'année 2005, pour deux personnes. » Missions, affirme notre interlocuteur, qui « n'entraient pas dans le cadre du fonctionnement de l'entreprise ». M. Zeroukat va jusqu'à battre en brèche les assertions des protestataires. Ainsi, et concernant les sanctions dont il est question, notre interlocuteur argue par une « décision interne prise à l'encontre d'un chauffeur, affecté ailleurs que pour le transport extra-muros, après s'être rendu coupable d'un grave accident ayant coûté la vie à un citoyen et généré des dégâts lourds à l'entreprise ». « Cette décision est d'ailleurs confortée par une inspection diligentée par l'administration centrale », ajoute le directeur. Manque de transparence D'ailleurs, note-t-il avec dépit, « ces gens (les syndicalistes) ne représentent qu'eux-mêmes », en nous exhibant un document officiel de la wilaya attestant la fin de mandat de ce syndicat. « Ma mission, conclut-il, s'inscrit dans un cadre d'expertise, dans l'entreprise à laquelle j'ai concouru en un laps court à réduire la fracture comme en témoigne les encaissements en 2005 de plus de 31% par rapport à 2004 et qui m'ont valu l'appui de ma tutelle ». « Pourquoi, s'interroge-t-il encore, se prennent-ils pour les vrais défenseurs des travailleurs au moment où, depuis mon arrivée, l'unité se positionne en deuxième place au niveau national après Tlemcen pour le paiement de la PRI et la PRC ? » Concernant l'opération OUSRATIC en faveur des travailleurs postulants, M. Zeroukat croit savoir que les PC en question avaient été acheminés par inadvertance à Laghouat, que sa responsabilité n'est nullement engagée et il en est de même pour la suspension des lignes téléphoniques dans le cadre du code 11. « Plafonné, dit-il, à 10 000 dinars/an et par travailleur, il était de notre devoir d'arrêter les comptes, voire même en assainir certaines dettes, contrairement à ce qui est avancé (C'est un cadre qui est venu le lui annoncer en notre présence NDLR). » Notre enquête, en dépit de certains arguments, il est vrai bétonnés du directeur, a permis toutefois de dévoiler que l'opération de cession du WLL n'a pas été, comme le soutiennent d'ailleurs les syndicalistes, une opération faite dans la transparence. Loin s'en faut. Une brouille qui intervient donc à l'aune d'une rentrée sociale loin de valoir la sérénité dans l'entreprise et au moment où le syndicat local connaît de sérieuses turbulences nées de la vacance du poste de secrétaire général de UGTA, suite au décès de M. Mohamed Abbes. L'intersyndicale d'Algérie télécoms, appuyée par l'Union de wilaya, parle « d'actions réglementaires à mener dans les prochains jours. »