La mosquée Ahmed Hamani, sise à la nouvelle ville Ali Mendjeli, fermée en février 2007 à cause des multiples défauts de construction, qui menaçaient de ruine tout l'édifice, n'est pas prête de connaître le sort qui l'attend. Sera-t-elle démolie, restaurée ou rasée pour être construite derechef ? Nombre de ses fidèles espéraient une réponse à la faveur de l'assemblée générale, qui s'est tenue vendredi dernier à la mosquée Amr Ibn El As, et qui s'est terminée en queue de poisson. Après la présentation des bilans moral et financier, la commission, qui officiait à la gestion des affaires courantes de la mosquée avant sa fermeture, a reçu les foudres des personnes présentes l'accusant de diverses dérives. Le plus étonnant dans cette affaire, c'est qu'aucune enquête, à notre connaissance, n'a été diligentée pour mettre au jour ce qui a « flanché » dans les matériaux de construction utilisés : mauvaise qualité de ces derniers ou inconsistance de dosage ? La direction des affaires religieuses de la wilaya semble ne pas trop s'en soucier. Cette institution donne, par ailleurs, cette nette impression d'être désemparée devant l'incurie qui sévit dans les mosquées de la wilaya. Laquelle incurie trouve son origine dans les conflits incessants mettant aux prises les imams formés dans le moule des sciences de la chari'a, tout en étant incompétents dans la gestion administrative d'un côté, et de l'autre, les commissions (lidjanes) qui, elles, tirent souverainement leur force de la légitimité des élections des fidèles et se croient, de ce fait, affranchies des interventions laxistes, faut-il en convenir, de la tutelle. Le cadre délimitant le champ de compétence de chacun n'est pas clairement défini, et il s'ensuit des chevauchements dans les prérogatives, vite dégénérées en guerre de tranchées dont pâtissent les fidèles, lesquels sont très souvent placés devant ce dilemme : accomplir leurs prières chez eux, ou se rendre dans des lieux de culte, dont certains ne jouissent plus de la quiétude indispensable à l'accomplissement des pratiques religieuses.