Ces pertes concernent 9 594 ha de forêt et 3 276 ha de maquis en plus de 96 523 arbres fruitiers et 3 606 palmiers. Les statistiques de la protection civile font ressortir que les incendies et les feux de forêt ont connu une hausse de 70% par rapport à la même période de l'année 2011. Et le mois de ramadhan n'a pas été un répit pour les « soldats du feu ». En effet, les unités de la protection civile y ont enregistré une moyenne de 40 incendies par jour. Selon un rapport établi par la cellule de communication de la direction générale de la protection civile (DGPC), Tizi Ouzou vient en tête des wilayas ayant enregistré le plus grand nombre de feux de forêt avec 146 cas ayant causé la perte de 765 ha et 18 incendies de maquis qui ont ravagé 164 ha. Le rapport fait état des plus grandes pertes enregistrées dans les incendies de maquis dans les wilayas de Jijel, Souk Ahras, Aïn Defla, El Taref, Tissemssilt, Bouira, Médéa, Guelma, Skikda. Côté forêts brûlées, ce sont les wilayas de Jijel, Khenchela, Mila, Oran, Constantine, Sidi Bel-Abbès, Oum El Bouaghi, Batna qui en ont le plus souffert. La protection civile précise que ses hommes ont sauvé 8 600 ha dans la wilaya de Khenchela, 7 000 à Tébessa et 3 000 ha à Mascara. Au total, 25 000 ha de forêts, 66 665 ha de maquis et plus de 9 000 ha de récoltes de blé et 3 084 ha d'orge et 105 732 bottes de foin et 58 598 arbres fruitiers ont été sauvés. QUAND LE DESHERBAGE FAIT DEFAUT Selon le commandant Achour Farouk, responsable de la communication auprès de la direction générale de la protection civile, ces incendies sont le résultat de conjugaison de plusieurs facteurs. « La canicule qui sévit dans plusieurs wilayas a contribué largement dans l'élargissement des feux de forêt et aussi dans leur persistance », précise-t-il. A une question sur la lenteur dans l'extinction de ces feux, l'officier supérieur relève, entre autres, l'absence de pistes forestières qui faciliteraient le mouvement des hommes et des engins et le manque des points d'eau dans ces endroits. « Le facteur humain y est également responsable », souligne le commandant Achour qui évoque les retards pris par les citoyens et les exploitants pour donner l'alerte. Autre facteur déclenchant ces sinistres : la présence de décharges sauvages et l'absence d'opérations de désherbage étant donné qu'une importante pluviosité a été enregistrée en hiver, ce qui a provoqué une poussée importante d'herbe. Interrogé sur les mesures prises pour justement prévenir cette situation, l'officier a affirmé que le commandement de la protection civile avait élaboré une stratégie de développement pour mieux maîtriser ces feux et a engagé tous les moyens pur y faire face. La direction générale de la protection civile a mobilisé 22 colonnes mobiles pour lutter contre les flammes. Chaque colonne est composée de 52 éléments dont 40 agents et un médecin, en plus des officiers et des sous-officiers. Plus de 150 camions légers de lutte contre les feux, 22 camions lourds d'une capacité de 4 000 litres, 22 autres de 12 000 litres et 10 de 6 000 litres d'eau ont été mobilisés également. « 95% DES INCENDIES SONT D'ORIGINE HUMAINE » De son côté, Mohamed Abbès, directeur des incendies au niveau de la direction générale des forêts (DGF), a affirmé que son administration a mobilisé tous les moyens humains et matériels afin de maîtriser la situation. Durant le week-end dernier, les gardes forestiers ont enregistré 143 incendies et feux de forêt au niveau de 20 wilayas. « La situation a été maîtrisée en 48 heures dans plusieurs cas alors qu'une soixantaine de foyers sont toujours actifs », précise le responsable. La majorité de ces incendies a été enregistré dans des wilayas à vocation forestière « où le risque est plus élevé », précise M. Abbès qui explique que la situation exceptionnelle est due à la forte pluviosité qui a favorisé une poussée d'herbe très importante. « L'herbe sèche favorise la naissance d'incendies », explique-t-il. Concernant les moyens mobilisés, la direction générale des forêts a engagé 416 postes de vigie et 1 120 éléments chargés de la surveillance et de l'alerte. 2 488 autres ont été mobilisés pour effectuer la première intervention au sein de 483 brigades. La DGF a procédé également au renforcement des moyens déjà mis en place à travers la coordination avec les unités de la protection civile et les collectivités locales. La DGF a fait aussi appel aux moyens des collectivités locales et des entreprises publiques et privées. La DGF dispose actuellement de 295 camions-citernes. Selon la direction générale des forêts, « ces feux sont à 95% d'origine humaine ». Les services de la gendarmerie nationale ont ouvert des enquêtes pour déterminer les vraies causes de ces incendies.