Cheikh Moulay Abdallah Reggani est né en 1627 à Taourirt, l'un des plus anciens ksour de Reggane. A sa naissance, son père l'a confié à ses oncles maternels qui l'ont élevé et lui ont donné de l'instruction, notamment son cousin maternel Cheikh Mohammed El Mustapha, dont le décès le pousse à rejoindre l'école de son cousin paternel Cheikh Sidi Ahmed Es Soufi. La tradition (ou la légende) précise qu'il a choisi la voie de la souffrance en rejoignant à pied, de Reggane jusqu'à Kenadsa, son illustre maître Sidi M'hamed Ben Bouziane, unanimement célébré comme un très grand maître du soufisme au Sahara. Le saint patron de Kenadsa l'adopte et initie son disciple aux règles du mysticisme, du secret spirituel (sirr) et du dhikr (invocation). Une fois la transmission spirituelle achevée, le maître demande à son disciple d'effectuer le voyage de retour qui s'achève par une longue retraite sous la « protection » du grand maître El Maghili et sa zaouia. Cette période de méditation et de prière s'achève par la « directive » reçue, d'aller créer une zaouia à la limite de la « ‘amarâ » (terres cultivées) ; ainsi est née Zaouiet Er Reggani qui marque la fin « Entehenet » de la « rue des Palmeraies », et où fut enterré le saint fondateur en 1678. Quelques siècles plus tard, le rituel a imposé ses règles : ce premier jour du mois de mai est vénéré par toute la population du Sud où une immense foule, empreinte d'ardeur religieuse, se rassemble pour commémorer la mémoire du grand maître. M. Medjahdi