L'Etat de droit du Premier ministre sortant Nouri al Maliki et l'Alliance nationale irakienne font voler en éclats la courte victoire aux législatives du 7 mars dernier de l'ancien Premier ministre par intérim, Ayad Allawi, dont la liste Irakia a remporté 91 des 325 sièges du parlement. Les deux blocs, qui ont obtenu respectivement 89 et 70 sièges, se sont entendus pour former un bloc parlementaire de 159 députés, soit près des 163 nécessaires pour disposer de la majorité absolue à l'assemblée. « Un accord a été trouvé pour former le plus grand bloc parlementaire et s'ouvrir ensuite à d'autres formations politiques » pour « former un gouvernement irakien et de mettre au point un programme gouvernemental avec la participation de tous et la nomination d'un Premier ministre », annonce Abdel Razak al-Kazami, un conseiller de l'ancien Premier ministre Ibrahim Jaâfari. Les dirigeants de l'Alliance kurde (43 sièges) pourraient annoncer leur « adhésion » dès ce week-end. Objectifs de ces alliances alors que le décompte controversé des 2,5 millions de voix à Bagdad n'est pas terminé : isoler les sunnites qui avaient misé sur le bloc de M. Allawi qui n'a plus la possibilité de former une majorité et former un nouveau gouvernement dès qu'il y aura un consensus sur le nom d'un Premier ministre. Une chose semble acquise : M. Maliki ne conservera pas son poste. Le Conseil supérieur islamique d'Irak dirigé par Ammar al-Hakim et les partisans du chef Moqtada Sadr ne veulent pas de lui. Des discussions pour déterminer la procédure de désignation du nouveau Premier ministre, désignation par consensus ou par un vote dans le « nouveau » groupe parlementaire, ont commencé hier. Allawi, qui a dénoncé le recompte de voix pour les 70 sièges de la capitale et accusé son rival al-Maliki d'aller contre « la volonté du peuple », envisage un nouveau scrutin sous contrôle international. Les partisans d'Allawi, qui n'ont pas encore digéré l'invalidation de leurs candidats et de leurs élus par le Comité Responsabilité et Justice s'appuient sur un fait : leur pays est, depuis l'invasion du Koweit en 1990, sous le chapitre VII des Nations unies, c'est-à-dire sous le contrôle de la communauté internationale.