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Histoires vraies
Moins trois (2e partie)
Publié dans Info Soir le 25 - 11 - 2004

Résumé de la 1re partie Le dimanche 28 octobre 1928, Giovanni Bigatti, 12 ans, héritier de l?empire des aciéries Bigatti, disparaît. Mais, par miracle, il est retrouvé.
Le 28 octobre 1928, enlevé par des Romanichels cachés dans le parc, il a été bâillonné et mis dans un sac. Puis il s'est retrouvé enfermé dans une roulotte qui a voyagé des jours et des jours. Giovanni, enchaîné, n'obtenait aucune explication de ses ravisseurs. Quelques semaines plus tard, ils ont passé des montagnes et se sont retrouvés en pays étranger. Le chef de la tribu lui a dit alors qu'il devait gagner sa vie. Et, à force de coups de bâton, on lui a appris un numéro, avec une chèvre et un tambourin, qu'il devait exécuter plusieurs fois par jour, étroitement surveillé. Un jour, au cours d'une représentation donnée devant une grande gare, Giovanni a lu sur un train : «Roma-Milano.» Alors il réussit à s'échapper, à se cacher dans un wagon, et c'est ainsi qu'il est revenu jusqu'à Naples.
C'est une belle histoire. Une histoire qui ferait le bonheur des romanciers à quatre sous, mais, quelque rocambolesque que soit cette version, Mme Bigatti doit s'en contenter. Manifestement, son fils n'aime pas parIer de son aventure, il se fait prier, et sa mère doit le supplier parfois pour obtenir des détails supplémentaires.
Il a repris cependant son existence d'héritier gâté. Mais, depuis son retour, Giovanni n'est plus tout à fait le même. Dans ses études, par exemple, son comportement a quelque peu changé. C'est une nuance subtile, rien de catégorique, mais la mère est obligée de se rendre à l'évidence. Giovanni, qui ne comprenait rien aux mathématiques, résout maintenant les problèmes les plus ardus. En revanche, lui, si fort en orthographe fait des fautes grossières.
Mme Bigatti constate également des changements dans son comportement quotidien. Si la captivité lui a donné l'appétit qu'il ne possédait pas, ce qui peut paraître normal après tant de privations, comment expliquer qu'en six mois il ait oublié les règles les plus élémentaires du savoir-vivre ? Il ne sait plus tenir ses couverts, s?essuyer la bouche avec délicatesse et mord dans son pain au lieu de le rompre. Ses goûts, même, ont évolué de manière inexplicable. Il s'est mis à aimer les ?ufs, le poisson et la viande saignante. Des choses dont il avait horreur.
Mais c'est peut-être dans les jeux que le changement est le plus sensible. Giovanni passait son temps à lire et n'aimait pas le sport. Il court à présent dans le parc, grimpe aux arbres et joue au ballon. Incontestablement, son aventure l'a totalement transformé. Il est resté câlin, mais ce n'est pas le même laisser-aller. Rien de tel qu'une mère pour sentir cette sorte de réticence. Enfin, ce qui trouble le plus Mme Bigatti, c'est l'aversion de son fils pour tout ce qui touche les souvenirs. Lorsqu'elle dit : «Tu te souviens, Giovanni ?», le visage de l'enfant se renfrogne comme si les évocations du passé le mettaient mal à l'aise, comme s'il les refusait.
Un jour, Mme Bigatti, parlant du cousin Leonardo (un cousin de son mari qui a la cinquantaine), à sa grande surprise, s'entend demander par Giovanni : «Tu crois qu'il est plus grand que moi, à présent ?»
Cette amnésie bizarre à propos du cousin Leonardo est pour la mère une sorte de révélation. Poussant plus loin cette confusion, Mme Bigatti décrit la femme du cousin comme étant la mère de Leonardo.
«Tu te souviens, mon chéri, cette horrible femme avec une tache de vin sur le visage ! Elle criait parce que tu te bagarrais avec son fils ?»
Et Giovanni se souvient ! (à suivre...)


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