Intervention n Salim Aggar, président de l'association culturelle «A nous les écrans», nous parle du site Internet dédié au cinéma algérien et des activités de l'association. InfoSoir : L'association vient de lancer un site Internet. Quel est son but ? Salim Aggar : Le site Internet a été lancé pour faire connaître l'association et faire la promotion de ses activités. C'est la norme standard pour toute association qui aspire à devenir active sur le terrain. Le site servira également à faire connaître le cinéma algérien à l'étranger. Je dois préciser que c'est grâce à l'apport du ministère de la Culture que ce site existe. Une association a besoin de soutien pour s'exprimer et défendre son patrimoine et son action. On ne peut pas travailler dans le vide et sans objectif précis. Comment se fait la promotion du cinéma algérien, sachant qu'il n'y a pas d'institutions ou d'infrastructures pour cela ? ll Effectivement www.anouslesecrans.com fait connaître le cinéma algérien à travers la Toile, en présentant son histoire, ses réalisateurs, ses techniciens et surtout sa présence à travers les festivals du monde entier. Doit-on attendre qu'il y ait des institutions ou des entreprises de cinéma pour défendre le cinéma algérien ou autres. On défend une culture, un secteur et surtout une identité. Parlez-nous de votre association «A nous les écrans». ll Le mouvement des réalisateurs indépendants A nous les écrans a été créé le 10 mai 1998, grâce à la passion de quelques cinéastes amateurs. Le premier président de l'association était Saïd Mahdaoui, lauréat du grand prix du Festival du cinéma amateur d'Annaba en 1993, mais aussi un animateur incontournable de l'association. Parmi les membres fondateurs de l'association, Nabil Hadji, Athmane Boukhedar, Fatef Rabia, Oughlissi Nouredine et moi-même. Nous avons commencé à organiser activement des projections de courts-métrages, mais aussi des chefs-d'œuvre du cinéma d'art et d'essai. En 2002, j'ai été élu président de l'association. L'une des activités principales de l'association est le ciné-club ll Le ciné-club doit normalement être la vitrine de toute association culturelle et plus précisément toute association dédiée au cinéma. Les nombreuses projections de notre ciné-club ont permis de faire connaître l'association «A nous les écrans». Certains réalisateurs ont même sollicité «A nous les écrans» pour présenter leurs œuvres, ce qui dénote une bonne assise de l'association. Les ciné-clubs ont-ils un rôle dans la relance du cinéma ? ll Le ciné-club ne peut pas relancer le cinéma algérien. Il peut cependant faire sa promotion et le défendre. Nous avons, à travers notre ciné-club, fait connaître des œuvres qui ne sont pas connues du public algérien. On peut considérer que le ciné-club sert de support publicitaire aux cinéastes algériens de tous genres. Quels problèmes rencontrez-vous ? ll Le principal souci et problème d'un ciné-club c'est de trouver une salle de cinéma pour faire les projections. Pour notre part, nous sommes ravis puisque l'APC d'Alger nous a gratifiés, par le biais de l'Opca de Mohamed Lamari, d'une salle de cinéma bien placée au centre de la capitale. Nous étions également les invités de l'Oref et nous remercions M. Fellahi de nous avoir soutenus et hébergés durant plusieurs années. n Le ciné-club de l'association A nous les écrans est «le seul ciné-club actif à Alger», indique Salim Aggar. «Ses activités sont systématiquement reprises par la presse écrite et même la radio et la télévision», ajoute-t-il. Salim Aggar, pour qui «le ciné-club de l'association est professionnel dans sa présentation et dans son choix de programme», indique que celui-ci attire des cinéphiles. «Je ne cherche pas à remplir la salle», dit-il. et d'enchaîner : «Tout ce que je souhaite, c'est de relancer la tradition des ciné-clubs algériens. Et sur ce point, nous sommes arrivés à notre objectif, puisque nous avons une vingtaine de cinéphiles qui viennent chaque jeudi, restant fidèles à notre ciné-club. Ce qui est une bonne chose.» Salim Aggar a, ensuite, regretté qu'«aujourd'hui le public des salles de cinéma est composé seulement de couples. On voudrait que les gens viennent pour apprécier des films et surtout en débattre. » Et de relever : «Lors de la dernière projection, nous avons présenté un film iranien sur la situation de la femme en Afghanistan. Après la projection, un débat s'est instauré entre quelques cinéphiles sur la liberté de la femme, c'était très intéressant.» «Ce que nous avons pu constater, se félicite-t-il, c'est la diversité de la société algérienne. Les jeunes, les vieux, les femmes, les étudiants, les enseignants. Et souvent les débats sont très intéressants et animés.» Interrogé sur son fonds filmique, Salim Aggar dira : «Nous avons la vidéothèque la plus variée du pays. Avec des films introuvables sur le marché local et des œuvres rares qui ne sont pas disponibles ailleurs. Ce sont des œuvres réalisées par des amis cinéastes que j'ai rencontrés lors des nombreux festivals auxquels j'ai participé en tant que réalisateur. D'autres films sont achetés par l'association, en France et ailleurs dans des magasins réservés exclusivement au cinéma d'auteur.