Cette révision s'explique par «le ralentissement de l'économie mondiale, l'ampleur des stocks de pétrole actuels et l'anticipation d'une augmentation des exportations de pétrole iranien après la levée des sanctions internationales», selon le dernier numéro du rapport intitulé «Commodity Markets Outlook», que la BM publie chaque trimestre sur les perspectives des marchés mondiaux des produits de base. L'indice des prix de l'énergie de la BM a chuté de 17% au 3e trimestre 2015 par rapport au trimestre précédent, sous l'effet d'une nouvelle baisse des cours du pétrole provoquée par l'anticipation d'un ralentissement de la croissance mondiale, et plus particulièrement de la croissance de la Chine et d'autres pays émergents, l'existence d'une offre abondante et la perspective d'un accroissement des exportations iraniennes l'année prochaine, explique le rapport. Les prix de l'énergie devraient être, en 2015, inférieurs de 43 % en moyenne à ceux de 2014, selon la même source. Le rapport prévoit un éventuel impact sur les prix de l'énergie dans les marchés mondiaux au cas où l'Iran signe son accord nucléaire et donc reprenne la production du pétrole et du gaz. «D'ici quelques mois, l'Iran pourrait accroître sa production de brut de 0,5 à 0,7 million de barils par jour (mb/j), pour éventuellement atteindre le niveau de 2011, avant l'imposition des sanctions, soit 3,66 mb/j. Il pourrait, de surcroît, immédiatement commencer à exporter du pétrole en utilisant les réserves d'environ 40 millions de barils qu'il détient dans des unités de stockage flottantes», prévoit le rapport. Selon la même source, étant donné que l'Iran compte les réserves mondiales connues de gaz les plus importantes au monde (18% des réserves totales mondiales), ce pays pourrait produire et exporter d'importants volumes de gaz naturel à long terme. «Les exportations de pétrole et de gaz iraniens pourraient avoir d'importants effets sur les marchés mondiaux et régionaux à terme, si l'Iran parvient à attirer les investissements étrangers et les technologies nécessaires pour exploiter ces importantes réserves», note Ayhan Kose, directeur du Groupe des perspectives du développement de la Banque mondiale. Les incertitudes concernant les conditions dans lesquelles l'Iran pourrait accroître ses exportations ne font qu'«ajouter aux difficultés que pose l'établissement des prévisions des prix de l'énergie», explique encore le document. Ces prix, ajoute-t-il, pourraient effectivement diminuer si l'Opep produit plus que prévu et si les coûts de production de pétrole de schiste aux Etats-Unis continuent de diminuer en même temps que la productivité s'accroît. En outre, le tassement de la demande et l'ampleur des stocks pourraient également peser sur les cours du pétrole. En revanche, les cours du pétrole pourraient augmenter si la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis baisse rapidement et si l'offre diminue par suite d'événements géopolitiques. Les prix du pétrole perdaient, hier, du terrain en cours d'échanges européens, dans un marché sous pression avant la publication des statistiques officielles du département américain de l'Energie (DoE), qui devraient révéler une nouvelle augmentation des stocks américains de brut. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre valait 48,42 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en repli de 29 cents par rapport à la clôture de mardi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en décembre, perdait 65 cents à 45,64 dollars. Les prix du pétrole ont chuté de plus de 50% depuis 2013 et fait plonger l'économie du Venezuela, qui dispose des plus grandes réserves de pétrole du monde et tire 96% de ses devises de ses exportations d'hydrocarbures. La valeur du panier de pétrole vénézuélien de brut et dérivés a diminué de 1,6% la semaine dernière, atteignant un prix moyen de 41,49 dollars le baril, ce qui porte le cours pour 2015 à 47,31 dollars. Le Venezuela, qui tire 96% de ses revenus de ses exportations pétrolières, prévoit pour son budget de 2016 un baril de pétrole à 40 dollars contre 60 dollars en 2015. Le projet de budget pour 2016, remis mardi dernier au Parlement par le ministre des Finances, Rodolfo Marco Torres, prévoit un taux d'inflation de 60%, un taux de change de 6,30 bolivars pour un dollar et un prix moyen de 40 dollars pour le baril de pétrole. Le Venezuela a appelé plusieurs fois à une réduction de l'offre de brut sur le marché afin de soutenir les prix. Un baril à 40 dollars signifierait une réduction d'un tiers par rapport au budget 2015, où le prix du brut avait été fixé à 60 dollars le baril. Jusqu'à présent, le prix moyen en 2015 s'est établi à 47,31 dollars. Or, selon Nicolas Maduro, un cours de 88 dollars au moins est nécessaire pour maintenir les investissements. B. A./Agences