L'appel au secteur privé pour participer à l'aménagement des espaces est une équation sine qua non étant donné l'incapacité des municipalités à venir à bout, en solo, de toutes ces saletés jonchées dans quelques cités, mal entretenues. Constantine se dépoussière aux forceps et la population souvent absente des actions complique la confection d'une métropole clean Garantir des espaces verts aux abords des nouvelles infrastructures demeure une étape essentielle, voire une condition avant toute livraison. C'est le credo imposé par les gestionnaires et les collectivités locales depuis quelques années. Le cadre de vie de la population s'inscrit dans une démarche à moyen terme. Soit une priorité dans le programme de développement régional. La direction de l'environnement qui s'associe à cette feuille de route aura déployé autant de moyens pour accomplir cette mission d'aménagement «vert». Les diverses municipalités s'y adonnent avec les ressources de bord pour réussir la tâche. La ville croule parfois sur des détritus et le manque de coordination entre les services concernés se fait sentir. Il y a disparité dans la propreté tandis que certains périphériques offrent une image clean, d'autres dégagent un panorama enlaidi. A cela, s'ajoute l'incontournable touche incivique de la population qui ne respecte aucun horaire pour déposer leur sachet à ordures. «Il ne faut pas toujours pointer du doigt la commune. Les citoyens sont responsables des insalubrités aux abords des rues et cités», lâche un adhérent d'une association voué à la préservation de l'environnement. La municipalité qui à chaque fois met l'index sur l'indisponibilité d'outils pour venir à bout des amoncellements aura été confortée dernièrement par de nouvelles acquisitions par le truchement du ministère de l'Intérieur qui a distribué des engins à quelques communes déficientes. Par la même les gestionnaires ont été enjoints d'intégrer dans leurs actions les micros entreprises et moyennes entreprises versées dans le domaine de l'aménagement des espaces en leur facilitant la procédure administrative tout en leur consacrant une part conformément aux directives consignées. Le privé bénéficiera d'un taux d'intégration dans les marchés publics. Des conventions antérieures d'une valeur de près de 20 millions de dinars ont été paraphées entre les maires et les opérateurs des Etablissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) spécialisés dans le traitement de l'environnement urbain en attendant que le privé s'y mette à fond. Il ne fait aucun doute que ce segment extra secteur étatique épaulera les actions et permettra une meilleure gestion des espaces verts et autres mesures d'accompagnement de récolte de détritus. La capitale de l'est, avec ces sursauts d'hygiène, souffre d'un manque flagrant quant au nettoiement de ses aires. La vitesse de croisière n'étant pas atteinte malgré tous les efforts consentis. Pour cela des causes de l'avis des cadres de l'environnement. «L'incivisme reste la cause principale de l'état crasseux prévalant dans quelques espaces à Constantine. On citera la cité Cilloc qui a connu une vaste opération de collecte il y a presque trois ans. La leçon n'a pas été apprise, car quelques citoyens continuent de lâcher leurs sacs depuis des étages…», ont-ils soutenu. Dans un autre registre, selon quelques responsables plus méticuleux la pénalisation s'apparente au seul moyen de freiner cette atteinte à l'environnement. «Il faut revoir la copie des contrevenants et surpasser les largesses manifestées jusque-là. Le non-respect des horaires de collecte devrait être sanctionné par une amende tout comme le non-respect des tris. Certaines localités de pays développées appliquent cette mesure et leurs cités s'améliorent de jour en jour», suggèrent-ils. Constantine se dépoussière peu à peu, mais à chaque fois le retour à la case de départ rebondit ! C'est l'estimation, voire un constat puisé in situ. Des quartiers et des tronçons routiers névralgiques sans éclairages, des poubelles et bacs à ordure éventrés… C'est le décor au quotidien. Les rondes effectuées par les services de collecte ne parviennent toujours pas à mettre terme à cette situation entachée d'incivisme. Par ailleurs en matière d'espaces de loisirs et de parcs l'opération la plus importante en la matière est sans contexte la réhabilitation du Bardo au chef-lieu. Une superficie s'étalant sur 65 hectares. Le projet inscrit dans le cadre de la manifestation de Constantine capitale de la culture arabe 2015 devra être réceptionné avant l'été, selon les responsables locaux. Il a consacré 900 milliards de centimes et comporte un jardin botanique, cascades et surfaces forestières aux alentours du Rhumel. Ce sera un nouveau poumon pour Constantine après les deux grandes forêts (El Merridj Et djebel Ouahch) et du coup, il offrira distraction aux riverains, soulignent les concepteurs du chantier. En définitive, la ville bimillénaire se démène pour s'offrir un énième toilette… qui pourrait chasser une carte postale assez contraste. «La propreté est l'affaire de tous…», murmure-t-on à chaque occasion d'évoquer les espaces verts et la préservation de l'environnement. La sensibilisation semble être dépassée par des habitudes à la peau dure… Du moins la ville qui s'apprête à boucler son évènement de CCCA-2015 brillerait le temps d'un 16 avril aux yeux des officiels. Ce serait l'autre incivisme ! N. H.