La ville de Tizi Ouzou a renoué avec les marches à l'occasion de la célébration du 36e anniversaire du printemps amazigh d'avril 1980 et du 15e anniversaire des événements sanglants de 2001 et 2002. C'est le RCD et le MAK qui ont initié des marches à l'occasion de la journée du 20 avril au niveau des chefs-lieux des wilayas de Bouira, Béjaïa et Tizi Ouzou. Dans la ville des genêts, environ mille personnes ont participé à la marche du RCD à laquelle étaient présents le président du parti, Mohcine Belabbas, l'ex-président Saïd Sadi et le célèbre avocat et ancien président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme, Ali Yahia Abdenour. Du campus Ihesnawen de l'université de Tizi Ouzou vers le rond-point de l'ancien siège de la mairie, les manifestants ont scandé des slogans hostiles au pouvoir et favorables au RCD et Saïd Sadi. Des slogans également exigeant que Tamazight soit «une langue officielle effective», en allusion à la dernière révision constitutionnelle qui a consacré la langue amazighe comme langue officielle que le RCD considère comme incomplète. A l'issue de manifestation, le président du RCD, Mohcine Belabbas, s'est adressé à la foule rassemblée pour dire que leur mobilisation est «une réponse cinglante à ceux qui veulent polluer la Kabylie avec l'argent sale». Il évoquera l'engagement des aînés et leurs sacrifices dans la lutte pour la cause amazighe et poursuivra avec la constitutionnalisation, le 7 février dernier, de tamazight en tant que langue nationale et officielle pour exiger «qu'elle soit langue nationale et officielle de façon entière et effective. Qu'elle soit langue officielle de l'Etat. Et nous exigeons que la langue amazighe soit considérée comme une constante nationale». La marche se terminera dans le calme même si la tension était palpable à un certain moment en raison notamment du survol, à basse altitude, d'un hélicoptère qui a exaspéré les manifestants. La marche du parti de Mohcine Belabbas s'est ébranlée vers 10h30, soit environ trente minutes avant l'heure prévue pour la seconde manifestation du jour, en l'occurrence celle des partisans du MAK. Les quelques deux mille personnes qui ont participé à la manifestation ont scandé les slogans habituels de leur organisation en faveur de «l'autodétermination de la Kabylie» mais n'ont pu rejoindre le rond-point de l'ancien siège de la mairie, les prises de parole des cadres du RCD ayant pris du temps. Les manifestants ont finalement fait un détour par la trémie du carrefour du Djurdjura pour finir leur marche pratiquement en queue de poisson. M. B.