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La décennie de l'industrialisation de l'Afrique
Publié dans La Tribune le 04 - 02 - 2017

Dans l'économie mondiale interdépendante actuelle, l'Afrique demeure un maillon faible. Pour que la communauté internationale puisse réaliser les objectifs de développement durable et donc réaliser le programme 2030 de développement durable des Nations unies, elle doit aider l'Afrique à accélérer son développement en favorisant une industrialisation rapide et responsable.
Dans l'économie mondiale interdépendante actuelle, l'Afrique demeure un maillon faible. Pour que la communauté internationale puisse réaliser les objectifs de développement durable et donc réaliser le programme 2030 de développement durable des Nations unies, elle doit aider l'Afrique à accélérer son développement en favorisant une industrialisation rapide et responsable.
L'Afrique ne saurait en aucun cas être condamnée à rester à la remorque de l'économie mondiale. Au contraire, elle pourrait aisément devenir un moteur économique mondial, et ce, dans la prochaine décennie. Or, pour réaliser son potentiel économique, l'Afrique doit s'industrialiser.
Les récents forums internationaux ont souligné à maintes reprises l'importance de cet objectif, notamment à la sixième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (Ticad VI) et, le mois suivant, au sommet du G20 à Hangzhou, en Chine. Pour la première fois, le G20 a mis sur sa liste des priorités l'industrialisation de l'Afrique et de tous les pays peu développés. Le programme 2063 de l'Union africaine appuie également cette initiative.
La résolution récente de l'Assemblée générale de l'ONU proclamant l'horizon 2016-2025 comme la troisième décennie pour le développement industriel de l'Afrique est encore un autre élan dans cette direction. L'organisation que je représente, l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi), vient de recevoir le mandat de concrétiser et de diriger la mise en œuvre du programme concomitant, y compris la mobilisation des ressources nécessaires.
Ce foisonnement de déclarations et d'engagements est une première étape importante. Mais il ne mènera à rien s'il ne se traduit pas en mesures concrètes et porteuses de changement pour l'avancement de l'industrialisation, la création d'emplois et l'appui à la croissance économique et au développement pérennes qui bénéficient à toutes les strates de la société. La question est de savoir comment.
La réponse simple passe par l'argent et les actions. Il faut mettre au défi la communauté internationale et les partenaires de développement pour qu'ils concluent leurs discours par des engagements financiers concrets. Et nous devons créer des partenariats qui instituent des programmes permettant à l'Afrique de devenir le prochain grand moteur de croissance économique de l'économie mondiale.
Il faut que ces programmes reconnaissent et relèvent les défis auxquels le continent est confronté. La croissance économique observée ces dernières décennies ne découle pas de forces structurelles pérennes qui font appel à l'ensemble de la société. En fait, les taux de croissance varient beaucoup dans tout le continent et beaucoup d'Africains n'en retirent rien. Même s'il est vrai que la classe moyenne s'est beaucoup élargie ces dernières années, avec pour effet de gonfler la consommation et l'investissement intérieur, beaucoup de gens ont de la difficulté à subvenir à leurs besoins. Le taux de chômage est élevé, particulièrement pour les jeunes et les femmes, une réalité qui pousse un bon nombre à émigrer vers le Nord.
Pour les garder au pays, les économies africaines doivent s'éloigner du modèle d'exploitation exclusive des matières premières pour se lancer dans des secteurs manufacturiers dynamiques et concurrentiels où réside une plus grande valeur ajoutée. L'Afrique doit ici saisir les débouchés que représente la participation aux chaînes de valeurs régionales et mondiales. Il est nécessaire de lancer de nouvelles stratégies novatrices en matière de développement industriel, ainsi que des mesures bien adaptées pour attirer des investissements directs étrangers.
Evidemment, pour élaborer ces stratégies et participer concrètement aux chaînes de valeur industrielles, les Africains doivent acquérir de nouvelles connaissances. Les investissements en éducation et en formation professionnelle sont essentiels pour favoriser une industrialisation durable qui amène la prospérité à toutes les strates sociales. En recensant les innovations déjà testées dans le monde entier et en s'en inspirant, l'Afrique pourrait brûler les étapes et devancer sur le plan technologique des pays plus développés et renforcer ses capacités de production de biens complexes de plus grande valeur.
En prenant connaissance des expériences des autres pays, l'Afrique saura éviter les pièges d'une industrialisation anarchique - particulièrement la détérioration de l'environnement. L'Afrique doit s'assurer que sa stratégie de développement industriel comporte de véritables protections environnementales.
Le continent africain a tous les atouts en mains pour entamer le virage de l'industrialisation. Outre le fait qu'il soit doté de ressources naturelles abondantes, le continent présente un profil démographique intéressant (sa population en forte croissance signifie que sa main-d'œuvre sera la plus nombreuse du monde) et un taux élevé d'urbanisation. Il peut également compter sur une diaspora très instruite.
Mais l'industrialisation n'est jamais automatique. Les Etats africains doivent redoubler d'efforts pour combler les lacunes du marché, tout en assurant la planification, la mise en œuvre et l'application de politiques industrielles qui remédient aux carences des versions précédentes inefficaces. Ils doivent ensuite institutionnaliser ces nouvelles politiques en stratégies nationales et régionales de développement.
Pour y parvenir, les autorités gouvernementales auront besoin des capacités, des compétences adéquates et de toute la légitimité nécessaire pour mobiliser toutes les parties concernées et collaborer avec elles, créant ainsi un cadre d'investissement attrayant. Les réformes nécessaires ouvriront la voie à des partenariats public-privé, qui peuvent assurer les investissements dans le développement et l'entretien des infrastructures. Ils favoriseront également la coopération avec les organismes internationaux et les institutions financières d'aide au développement qui peuvent assurer un financement supplémentaire, ce qui permettra aux pays de mettre à niveau leurs capacités de production.
Une étude récente préparée pour le sommet du G20 à Hangzhou comporte un certain nombre de recommandations pour l'Afrique. Elle émet l'idée d'appuyer le développement de l'agriculture et du secteur agroalimentaire en établissant des liens avec les autres secteurs, ainsi que des mesures pour renforcer la capacité d'adaptation aux fluctuations de prix. L'étude a également mis en relief la nécessité d'approfondir, d'élargir et d'actualiser la base des connaissances locales, d'investir dans l'efficacité de la consommation d'énergie et de ressources matérielles et de promouvoir des technologies et des secteurs axés sur l'environnement. Les autres recommandations concernent le commerce et l'intégration régionale, l'utilisation du financement intérieur et étranger, ainsi que la promotion de ce qu'elle définit comme la «nouvelle révolution industrielle».
Mes nombreux entretiens avec les dirigeants africains et mes visites dans des douzaines de pays du continent m'ont convaincu que l'Afrique est entièrement acquise à l'industrialisation. En fait, le processus mène déjà bon train dans plusieurs pays, dont l'Ethiopie, le Ghana, le Rwanda et le Sénégal. En offrant notre engagement et notre soutien, nous permettrons à ces pays de réaliser un développement pérenne où tous les Africains et toutes les Africaines participent et en bénéficient.
L. Y. (Traduit de l'anglais par Pierre Castegnier)
*Directeur général de l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi).
In project-syndicate.org


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