De notre correspondant à Oran Samir Ould Ali Par sincérité ou complaisance, tous les participants au Festival international du film arabe ont applaudi à la qualité de cette troisième édition tant sur le plan de la qualité des films en compétition que sur celui de l'organisation. «Malgré son jeune âge, le festival a déjà gagné en maturité et bénéficie d'un grand respect dans les pays arabes», se sont accordés à dire les cinéastes et acteurs qui ont animé la manifestation. Pourtant, on pourrait reprocher à ce festival l'absence des artistes algériens, dont la majorité n'a pas été invitée contrairement aux précédentes éditions où nous avions pu apercevoir Agoumi, Kouiret, Saboundji, Lakhdar Hamina et d'autres figures du cinéma algérien. Mis à part Lakhdar Boukhors, l'actrice de théâtre Fadela Hachmaoui ou encore le réalisateur Ahmed Rachedi, les participants ont été surpris de ne voir aucun artiste algérien fouler le tapis rouge qui, à l'occasion, avait été déroulé depuis l'hôtel de ville, où le maire avait accueilli les prestigieux invités, au théâtre Abdelkader Alloula qui a abrité la cérémonie d'ouverture de la manifestation. Il est vrai que, depuis qu'il est à la tête de la télévision nationale, le commissaire du festival fait face à de sérieuses difficultés liées aux restrictions financières. Ceci explique peut-être cela mais ne justifie certainement pas que les gens du cinéma algérien soient ainsi mis à l'écart d'une manifestation que l'Etat algérien veut hisser au même rang que le Festival du Caire ou celui de Tanger. L'autre aspect de l'organisation qui n'honore en rien les organisateurs du festival est le dédain proche du mépris opposé aux journalistes algériens (à l'exception des représentants de la télévision nationale), alors que leurs homologues étrangers ont bénéficié des plus grandes facilités dans l'exercice de leur métier. L'exemple le plus frappant demeure que nos collègues du bord du Nil ont été autorisés à assister et filmer la rencontre entre le maire et les invités du monde arabe pendant que les journalistes algériens ont été empêchés d'y accéder. «Le souci compréhensible de donner une image positive au monde extérieur ne peut se faire au détriment des journalistes», a estimé un collègue écœuré par ce comportement que les organisateurs ont justifié par la qualité d'«invités» des journalistes étrangers. Durant toute la durée du festival, les reporters algériens ont dû faire face à plusieurs désagréments, lesquels avaient commencé la veille avec la traditionnelle difficulté consistant en l'acquisition des badges (l'année dernière, la même situation avait mis les nerfs des journalistes à rude épreuve), le nombre insuffisant d'ordinateurs mis à leur disposition dans la salle de presse, la difficulté d'approcher certaines stars du cinéma arabe, la communication insuffisante des organisateurs lors des changements d'horaires des films… Le public oranais a, lui aussi, payé les frais d'une organisation un peu trop cahoteuse, certains ayant même, pour des raisons encore inconnues, été empêchés d'accéder à la salle de cinéma Saada pour découvrir le très médiatisé film de Rachedi sur le martyr de la libération nationale Mustapha Benboulaïd. Quant aux projections en plein air, elles ont été faites à tour de rôle sur les places oranaises, contrairement aux précédentes éditions où un film était projeté chaque soir simultanément dans plusieurs endroits. Il reste que la majorité des films sélectionnés pour la compétition ont été bien accueillis autant par la presse que par le public oranais nettement plus nombreux que lors des précédentes éditions. Les longs et les courts-métrages ont été applaudis par un public qui a pu renouer avec l'ambiance cinéma : «Je me suis régalé, confie un cinéphile oranais, surtout avec les courts-métrages que je trouve d'une grande qualité artistique et thématique.» Avec cheb Billal qui se produira après l'attribution des différents Ahaggar ce soir, la troisième édition du Festival international du film arabe d'Oran s'achèvera sur une impression d'inachevé et l'espoir que les prochaines seront de meilleure facture.