Photo : M. Hacène De notre correspondant à Béjaïa Kamel Amghar La pratique de la boxe, sport profondément populaire en Algérie, éveille constamment des vocations parmi la jeunesse. Même si les moyens matériels lui font souvent défaut, le noble art ne manque pas pour autant d'adeptes. Recrutés essentiellement dans les milieux les plus modestes, les jeunes pugilistes mettent beaucoup de cœur et de volonté pour en apprendre les rudiments. A Béjaïa et les régions environnantes, la discipline compte de nombreux athlètes amateurs. La vallée de la Soummam a, en effet, une tradition bien établie dans ce registre. Des pugilistes de haut niveau, qui ont défendu les couleurs nationales aux quatre coins du monde, sont issus de cette mythique école béjaouie. Malgré la forte demande et les besoins exprimés en la matière, les clubs et les écoles de boxe, dont le nombre est en régression permanente, manquent cruellement de moyens et d'encadrement. La célèbre salle de Sidi Soufi, qui a forgé durant les années 1970/1980 la génération dorée des Khouchene, Aboud et Khima, a fermé ses portes depuis belle lurette. Depuis la disparition du pionnier Mahmoud Khouchene, un éducateur hors pair qui a été parmi les premiers à introduire la discipline à Béjaïa, la petite école a été reconvertie en café maure. On a aujourd'hui beaucoup de peine à croire que le petit édifice a vu la naissance et la gloire de grands champions qui ont raflé des médailles et titres à l'échelle nationale et continentale. Dans la petite localité de Timezrit, qui a également enfanté beaucoup de champions, la continuité a été, en revanche, tant bien que mal assurée. Cette association villageoise – la JST, en l'occurrence - est toujours fonctionnelle malgré les difficultés et le manque d'attention des autorités locales. Kenzi Abdelghani, après une brillante carrière ponctuée de plusieurs titres nationaux et internationaux, est revenu au club de son enfance pour partager son expérience et sa passion avec les enfants de son patelin natal. Il réclame un peu d'égards pour cette école qui a beaucoup donné à la boxe algérienne. «Pour l'anecdote, des boxeurs de Aïn Azal (Sétif) sont venus à Timezrit en 1994/95 pour apprendre les rudiments de ce sport. En 2008, quatre boxeurs de ce club presque anonyme d'Aïn Azal s'étaient qualifiés pour les jeux olympiques de Pékin. Ceci pour dire que la JST mérite plus d'attention de la part de nos responsables», souligne Kenzi. A Sétif, cette pépinière d'Aïn Azal aurait certainement autant besoin d'encouragements pour poursuivre son œuvre de formation et de promotion de nouveaux talents. Le club de Nabil Kassel mérite bien cette considération pour aller de l'avant et garantir la relève. Sans crainte de se tromper, on pourrait en dire de même pour le club de boxe d'Ouzellaguen (Akbou) qui montre de belles choses lors des compétitions nationales. Les pouvoirs publics et les sponsors privés doivent absolument apporter leur assistance à ces petites associations qui, malgré les difficultés et les embûches, œuvrent au quotidien à la promotion du noble art algérien.