L'avancée des déserts dans les zones marginales est la manifestation directe de la désertification (25 % des terres sont touchées par ce phénomène en Australie, 20 % en Afrique et en Asie, 10 % en Amérique du Sud etc.). C'est ainsi qu'au Soudan par exemple, la désertification se propage au rythme de 5 à 8 km par an (au Soudan la quantité du cheptel a été multipliée par 6 en 20 ans, et la jachère habituelle a été abandonnée). Au Botswana, au Kenya, en Tanzanie et en Ethiopie, ce phénomène se développe aussi d'une façon alarmante. Dans tous les pays du Maghreb, les pertes par désertification s'élèvent à 100.000 ha/an. Il convient de signaler que 88% des 4,73 millions de km2 de la surface totale de l'Afrique sahélienne sont déjà désertifiés. Par ailleurs la population du cheptel à triplé en l'espace de 50 ans. Au moyen-Orient, la Syrie et le nord de l'Irak sont touchés, à ce titre, à un degré plus faible qu'en Afrique du Nord. En Inde, où la densité de la population est la plus élevée dans le monde, au Pakistan, en Afghanistan, en Iran et dans les Républiques d'Asie centrale, ce problème présente de graves impacts socio-économiques. Le surpâturage et la mise en culture de terres fragiles sont les causes principales de la désertification. Le ramassage du bois de feu et la déforestation conséquente peuvent avoir un impact négatif sur le cycle de l'eau et constituer un facteur d'aridification. L'apparition de la désertification est favorisée par les conditions climatiques sévères (étages bioclimatiques arides à semi-arides) , l' existence de systèmes biophysiques fragiles en plus de l'effet anthropique et stress liés au développement socio-économique. La poussée démographique dans le Monde, ainsi que la surexploitation des terres arables, la déforestation, le défrichement, l'urbanisation, et les conditions météorologiques (effet de serre, Global Warm, El Niño Southern Oscillation, sécheresses, évaporations élevées, vents violents, etc.) font que le phénomène de désertification se développe d'une façon alarmante. En l'an 2000, il est prévu que les 30 % des terres arables seront perdus, irrémédiablement, par désertification dans le monde, soit à peu près 48 millions de km2. C'est ainsi qu'au cours des 20 dernières années, 135 millions d'hectares additionnels ont été exploités (au rythme d'environ 6 millions de m3/an, la surface totale exploitée est de 1500 millions d'hectares : soit 11% des terres émergées du globe). La superficie annuelle des sols touchée par ce phénomène varie entre 6 e 12 millions d'hectares. La désertification est considérée comme l'une des problématiques environnementales les plus préoccupantes du 21 siècle. Par désertification, on entend une situation de dégradation des terres, liée au contexte socio-économique de l'utilisation des ressources naturelles au-delà de leur capacité de restauration, aggravée souvent par les fluctuations des conditions climatiques. Elle conduit à un déclin permanent des activités économiques, enracinant les populations locales les plus vulnérables dans la pauvreté et les poussant à un exode massif. Les pays du Maghreb sont particulièrement touchés par ce phénomène. Les causes remontent au 11e siècle suite à l'installation des tribus hilaliennes, introduisant un mode de vie pastoral, basé essentiellement sur l'élevage itinérant d'ovins et caprins. A ce contexte historique, sont venues s'ajouter des conjonctures socio-économiques, foncières et une sécheresse récurrente et persistante accélérant les manifestations de la désertification des plus inquiétantes. Le fait marquant est principalement le recours à des pratiques abusives tels que le surpâturage ou encore la mise en valeur des terres pastorales. Devant ces risques préoccupants, l'Algérie, soutenue par des programmes internationaux, a mis en place de nombreuses actions de lutte contre la désertification en prenant des mesures correctives et préventives . Pour suivre la progression de ce phénomène insidieux et évaluer les résultats des actions de lutte, les outils spatiaux, telle que la télédétection satellitaire, semble être privilégiés, car ils permettent d'élaborer des cartes plus précises sur la progression de la désertification à partir des paramètres indicateurs de la transformation du milieu. Dans Afrique, Atlas d'un environnement en mutation, publié par le Programme des Nations unies pour l'environnement, le bilan est plus qu'alarmant. En particulier pour l'Algérie, plus que jamais agressée par l'activité humaine. La conclusion des experts est sans appel : si les politiques publiques ne changent pas, l'Algérie est condamnée à la désertification… Dalila B.