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Independance
Ya radjel ! Ya mra !
Publié dans Le Midi Libre le 16 - 12 - 2007

Il fait vraiment trop beau pour travailler ce matin de décembre : Aicha avait négligé d'étendre draps et couvertures à la fenêtre comme elle a l'habitude de le faire pour la bonne raison qu'elle avait étalé sur la table de la cuisine feuilles blanches et stylos. Elle n'avait pas oublié aussi d'afficher son air chiffonné et boudeur qu'elle empruntait chaque fois qu'elle éprouvait un quelconque embarras. Messaoud s'était mis à l'observer du coin de l'œil tout en zappant avec une distraction déguisée tout en zappant avec un détachement déguisée. Elle lançait de temps en temps un regard furtif dans la direction de Messaoud qui, intérieurement, jubilait : « Elle ne va pas tarder à me poser « sa » question ! » se dit-il. Mais pour l'instant, Aicha ne fit rien. Elle alla vers la bibliothèque, revint avec un volumineux dictionnaire qu'elle feuilleta, puis se mit à mordiller son stylo avec la mine du cancre victime du syndrome de la page blanche. Elle poussa un long soupir qui en disait long sur sa détresse.
« Ya radjel ! La directrice nous a demandé de préparer un exposé sur le thème de l'indépendance et je ne sais comment l'aborder. C'est pour les élèves de seconde.
- Enfantin ! répondit Messaoud avec sa suffisance habituelle. Tu commences par donner la définition telle que la donne le dictionnaire, puis tu énumères tous les symboles formels de l'indépendance : le drapeau, l'hymne national qui symbolisent l'existence et l'unité de la nation, la Constitution et les institutions qui en découlent, le chef de l'Etat qui représente la Nation, le Parlement et les élus qui font les lois, le gouvernement qui élabore et exécute un programme sous le contrôle du Parlement et enfin les divers départements qui gèrent la vie quotidienne des citoyens. Des cadres compétents à divers niveaux collaborent pour résoudre les problèmes de sécurité, d'éducation, de santé, d'approvisionnement en denrées, en eau et en énergie sans oublier, bien entendu, les problèmes de justice, de logement, de transport, de finances, de production agricole et industrielle…
Mais à côté, tu peux parler de pays qui possèdent les institutions requises mais ne peuvent s'empêcher de faire appel aux spécialistes étrangers pour résoudre des problèmes qui demandent un savoir-faire et une technologie affinée : un pays qui attend l'autorisation du FMI pour augmenter les salaires, un pays qui demande aux Espagnols, aux Français, aux Italiens de s'occuper du traitement des eaux, de la construction des barrages, un pays qui fait venir des sociétés étrangères pour tracer des routes, creuser des tunnels, construire des logements, un pays qui achète son blé en Amérique, ses pommes de terre en Pologne, ses appareils électroménagers en Turquie ; un pays qui envoie ses privilégiés se faire soigner à l'étranger et sa jeunesse sur des boat-people, et bien ce pays est extrêmement dépendant…
- Tu veux dire que…
- Oui ! C'est ce que je veux dire mais il ne faut pas le dire aux élèves : c'est anti-pédagogique !».
Il fait vraiment trop beau pour travailler ce matin de décembre : Aicha avait négligé d'étendre draps et couvertures à la fenêtre comme elle a l'habitude de le faire pour la bonne raison qu'elle avait étalé sur la table de la cuisine feuilles blanches et stylos. Elle n'avait pas oublié aussi d'afficher son air chiffonné et boudeur qu'elle empruntait chaque fois qu'elle éprouvait un quelconque embarras. Messaoud s'était mis à l'observer du coin de l'œil tout en zappant avec une distraction déguisée tout en zappant avec un détachement déguisée. Elle lançait de temps en temps un regard furtif dans la direction de Messaoud qui, intérieurement, jubilait : « Elle ne va pas tarder à me poser « sa » question ! » se dit-il. Mais pour l'instant, Aicha ne fit rien. Elle alla vers la bibliothèque, revint avec un volumineux dictionnaire qu'elle feuilleta, puis se mit à mordiller son stylo avec la mine du cancre victime du syndrome de la page blanche. Elle poussa un long soupir qui en disait long sur sa détresse.
« Ya radjel ! La directrice nous a demandé de préparer un exposé sur le thème de l'indépendance et je ne sais comment l'aborder. C'est pour les élèves de seconde.
- Enfantin ! répondit Messaoud avec sa suffisance habituelle. Tu commences par donner la définition telle que la donne le dictionnaire, puis tu énumères tous les symboles formels de l'indépendance : le drapeau, l'hymne national qui symbolisent l'existence et l'unité de la nation, la Constitution et les institutions qui en découlent, le chef de l'Etat qui représente la Nation, le Parlement et les élus qui font les lois, le gouvernement qui élabore et exécute un programme sous le contrôle du Parlement et enfin les divers départements qui gèrent la vie quotidienne des citoyens. Des cadres compétents à divers niveaux collaborent pour résoudre les problèmes de sécurité, d'éducation, de santé, d'approvisionnement en denrées, en eau et en énergie sans oublier, bien entendu, les problèmes de justice, de logement, de transport, de finances, de production agricole et industrielle…
Mais à côté, tu peux parler de pays qui possèdent les institutions requises mais ne peuvent s'empêcher de faire appel aux spécialistes étrangers pour résoudre des problèmes qui demandent un savoir-faire et une technologie affinée : un pays qui attend l'autorisation du FMI pour augmenter les salaires, un pays qui demande aux Espagnols, aux Français, aux Italiens de s'occuper du traitement des eaux, de la construction des barrages, un pays qui fait venir des sociétés étrangères pour tracer des routes, creuser des tunnels, construire des logements, un pays qui achète son blé en Amérique, ses pommes de terre en Pologne, ses appareils électroménagers en Turquie ; un pays qui envoie ses privilégiés se faire soigner à l'étranger et sa jeunesse sur des boat-people, et bien ce pays est extrêmement dépendant…
- Tu veux dire que…
- Oui ! C'est ce que je veux dire mais il ne faut pas le dire aux élèves : c'est anti-pédagogique !».


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