La liste "explosive" des quelque 280 b�n�ficiaires de logements sociaux affich�e vers 4h00 du matin, ce samedi 20 novembre aux quatre coins de la ville de Souk-Ahras a donn� lieu � bien des commentaires et des r�actions parfois violentes de la part des citoyens. C'est une foule compacte qui se pressait devant les panneaux d'affichage, pour certains, c'est le bonheur, on est tout contents d'y figurer et on rentre chez soi en courant pour annoncer la bonne nouvelle � la famille, mais pour d'autres c'est l'an�antissement ; tous les espoirs se sont �vanouis en fum�e et la col�re gronde, une col�re majuscule qui s'exprime violemment. "Ils se sont partag�s les logements entre eux !" "C'est une injustice ! Ils donnent le logement des pauvres aux riches". C'est une honte ! Nous allons voir �a !" pouvait-on entendre vocif�rer. On arrache la liste, on la d�chire, on la foule aux pieds et on se presse d'aller au si�ge de l'APW pour y d�poser son recours. Certains, choqu�s de ne pas trouver leurs noms, se sont effondr�s et on a d� les transporter chez eux dans un �tat proche de l'hyst�rie. Devant la wilaya, c'est la m�me sc�ne, c'est une mar�e humaine agglutin�e aux barreaux du portail, des hommes, des femmes en m'laya (voile traditionnel noir) et des handicap�s sur des chaises roulantes, des cris, des gesticulations, des pleurs et des "Nous voulons voir le wali !", "Nous avons confiance en lui !" qui fusent de toutes parts (il faut dire que l'action du chef de l'ex�cutif qui s'est d�plac� lui-m�me pour ordonner s�ance tenante, le relogement de 49 familles sinistr�es suite aux inondations � la fin du mois de Ramadhan n'est pas pass�e inaper�ue (voir notre �dition du 7/11). Vers 11h00, ce fut un vent de panique qui souffla sur toute la ville, les fourgons de transport urbain disparurent, la circulation est devenue rare, certains commer�ants ont baiss� rideau et les principaux acc�s menant au si�ge de la wilaya furent bloqu�s par de grosses pierres. La police arriva tr�s vite sur les lieux et prit position, les manifestants qui se tenaient derri�re ces barricades de fortune n'ont pas bronch�, bien au contraire, ils attendaient l� de pied ferme et �taient pr�ts � tout. Un des officiers n�gocia pendant un bon moment avec des citoyens qui composaient le premier rang des protestataires puis ce fut au tour d'un fonctionnaire d�l�gu� par le wali accompagn� du chef de da�ra, qui ont finalement r�ussi � convaincre les manifestants d'adresser des recours et que ceux-ci seront pris en consid�ration, la liste affich�e n'�tant pas d�finitive. Les "barrages" furent donc lev�s vers 14h30 et tout rentra dans l'ordre. Pas de heurts ni casse, en somme, il y a eu plus de peur que de mal.