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Une centaine d'intellectuels réclament l'instauration d'une «monarchie constitutionnelle» Ils appellent à des réformes politiques, économiques et sociales en Arabie Saoudite
Une centaine d'intellectuels saoudiens ont lancé hier un appel pour des réformes politiques, économiques et sociales, réclamant notamment l'instauration d'une «monarchie constitutionnelle». Dans cet appel mis en ligne sur internet, ces intellectuels affirment que les soulèvements en Tunisie et en Egypte ont abouti à une situation dans le monde arabe qui «impose (...) de déployer un maximum d'efforts pour mener des réformes avant que la situation ne se dégrade» dans le royaume. Parmi les principales revendications formulées par le texte figurent «l'instauration d'une monarchie constitutionnelle, la séparation des pouvoirs et l'adoption d'une Constitution». L'Arabie saoudite est une monarchie absolue et le roi Abdallah est également Premier ministre. Les signataires, dont le nombre était parvenu à 132 en milieu de journée, réclament également «l'élection au suffrage universel du Majliss Choura», le conseil législatif, et le droit de vote et d'éligibilité pour les femmes. L'appel demande en outre «l'adoption de mesures permettant d'accorder aux femmes le droit au travail, à l'éducation, à la propriété et à la participation à la vie publique». Le texte appelle également à interdire «toute discrimination confessionnelle, tribale, régionale ou raciale». Selon l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch, les chiites, qui constituent environ 10% de la population saoudienne, sont victimes de «discrimination officielle en matière de pratiques religieuses, d'éducation et de justice». L'universitaire Khaled El Dakhil, l'un des signataires de l'appel, aux côtés d'autres intellectuels de renom dont des journalistes et des écrivains, ainsi que des militants des droits de l'Homme, a précisé que ce communiqué n'était pas dirigé contre le roi mais visait au contraire à «soutenir ceux qui, au sein du pouvoir avec le roi à leur tête, appellent à la réforme».