Maître Aït-Boudjemaâ a l'art de savoir s'y prendre pour arracher la patte d'un chacal pris au piège de l'homme. Maître Aït-Boudjemaâ Abdenour dit Omar était plutôt en colère contre les policiers qui ont mis sur le dos tous les vols commis dans la rue Emir Abdelkader de Boufarik. «Mon client a commis une faute. Il fabrique du jus traditionnel et en passant, il a vu une vitre baissée. Il introduisit sa main et un sac s'envole. Devant les enquêteurs, il dit regretter avoir été tenté par Satan. Mon client est aujourd'hui la partie privilégiée du procès. Son frère a aidé la justice en se déplaçant au commissariat dénoncer le mauvais geste de son frangin. Mais ce que la défense déplore, c'est le fait de lui avoir mis sur le dos tous les vols commis à la même minute que celui du sac dans l'automobile garée à proximité de son domicile!» a récité l'avocat qui a prié Nassima Saâda, la présidente, de faire preuve d'amabilité et comprendre qu'il n'est pas le voleur présenté par les policiers et par ricochet, le parquet. Quant à la destruction de bien d'autrui, il n'a rien à voir avec ce délit: «Madame la présidente, vous êtes une juridiction à preuves. On vous parle via un procès-verbal banal de destruction de biens d'autrui. Qu'on vienne ici étaler les débris de ce qui a été détruit, cassé, brisé, pilé, écrasé!» a articulé le longiline avocat qui a, en outre, rappelé au tribunal que l'inculpé a évoqué le diable. Cela veut tout simplement dire qu'il y a des regrets, des remords. Le tribunal devrait en tenir compte. «Une faute avouée, dit-on, est à moitié pardonnée!» Saâda sous un sourire sincère avait envie de remercier le conseil d'avoir été concis, sérieux et net dans son intervention. Elle avait envie aussi de remercier Lamia Zerdoumi, la jeune procureure, qui s'était montrée parquetière certes, mais n'avait pas voulu ajouter de l'huile sur le feu. Ce qu'expliquent ses demandes: «Un an d'emprisonnement ferme et une amende conséquente plus ferme.» L'avocat lui a démontré que souvent la police judiciaire chevauche «la ligne continue» en poursuivant à tout-va, n'importe comment». «Il arrive souvent que le trouble à l'ordre public commence par un médiocre procès-verbal où manquent les éléments constitutifs du délit, ce qui agace les «juges du siège» qui ne méritent pas ces coups bas, même intentionnels» a enfin articulé Maître Aït-Boudjemaâ qui a beaucoup insisté sur les circonstances atténuantes les plus larges. La présidente décide en deux temps, trois mouvements, d'infliger sur le siège, une peine d'emprisonnement de six mois non assortie du sursis. De quoi calmer le gus durant cinq années!