Des milliers de travailleurs pressent le pas pour déposer leur dossier de retraite Soucieux des acquis sociaux qu'il faut préserver coûte que coûte, le gouvernement n'a pas touché aux subventions et aux aides pour les couches sociales, malgré la crise financière qui devient de plus en plus aiguë. Le gouvernement ose, les partis au pouvoir s'échangent des amabilités et l'opposition se tait.Les décisions prises en cascade ces derniers temps, n'ont pas suscité un large débat au sein des milieux politiques, à part quelques déclarations fades de chefs de partis. Soucieux des acquis sociaux qu'il faut préserver coûte que coûte, le gouvernement n'a pas touché aux subventions et aux aides pour les couches sociales, malgré la crise financière qui devient de plus en plus aiguë. Mais il fallait d'autres décisions courageuses mais qui ne dérangent en rien les couches défavorisées. L'annulation de la retraite anticipée à elle seule promet une révolution, au sens positif du terme, du monde des travailleurs. Cela, même si depuis son annonce, les syndicats autonomes sont en constante ébullition. Ces derniers affûtent leurs armes. Les 17 syndicats concernés se réuniront à la deuxième semaine du mois de septembre prochain pour décider des actions de protestation à prendre en vue de «défendre les acquis sociaux et professionnels des travailleurs». Sentant qu'il y a une incompréhension de cette décision, le Premier ministre est monté au créneau pour expliquer la justesse de cette action. Abdelmalek Sellal a soutenu que la retraite anticipée concernera les femmes et les métiers pénibles, mais en vain. Les syndicats ne décolèrent pas et menacent de mener un mouvement de grève qui touchera tous les secteurs confondus. Cette décision, qui sera appliquée à partir du 1er janvier 2017, a besoin donc de plus de pédagogie. Car entre- temps, des centaines, pour ne pas dire des milliers de travailleurs pressent le pas pour déposer leurs dossiers de retraite auprès de la CNR, avant la fin de l'année pour échapper à cette décision, ce qui risque de provoquer une hémorragie dans la Fonction publique. Rien qu'au sein de l'éducation, 30.000 enseignants veulent partir en retraite anticipée, ce qui ne sera pas sans conséquence sur la santé de la Caisse nationale des retraites. Déjà déficitaire, la CNR ne pourrait pas supporter une éventuelle charge, vu le recul du nombre des contribuables. Ainsi, le gouvernement qui prépare l'amendement de la loi relative à la retraite, doit prendre en considération tous ces aspects, avant de trancher définitivement cette question. Ce n'est pas tout. Le prolongement de l'âge de la retraite pour le personnel hospitalo-universitaire, décidé récemment par le Premier ministre, n'est pas du goût des concernés. Le Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu) conteste cette décision. Le syndicat brandit déjà la menace de paralyser les hôpitaux et les universités dès la rentrée, pour exprimer son refus à la décision du gouvernement qui veut porter l'âge de la retraite à 67 ans. Le Snechu tiendra des assemblées générales au courant de la deuxième semaine de septembre pour débattre de cette question. Les chefs de services au niveau des hôpitaux se disent déboussolés. L'instruction portant sur le report du départ à la retraite à 67 ans a sérieusement chamboulé les choses pour les intervenants dans le secteur de la santé. Pour les hospitalo-universitaires, le départ à partir de 67 ans a été perçu comme une sentence. «A cet âge, il est impossible d'assurer des soins», déplore la présidente du Snechu, la professeure Ouahioune. Le syndicat a qualifié l'activité de l'enseignant-chercheur hospitalo-universitaire de métier pénible en assurant l'enseignement, la recherche et les soins. Sur le plan politique, les partis ne décolèrent pas. Malgré l'adoption du nouveau Code électoral, les partis politiques, notamment ceux issus de l'opposition, continuent à plaider pour son annulation. Le secrétaire général d'El-Islah a appelé récemment le gouvernement à annuler la loi électorale pour ne pas condamner les petites formations. L'interdiction des postes de responsabilité aux binationaux est une autre source de désagrément. Le débat sur le projet de loi, qui sera au menu de la prochaine session, ne passera pas inaperçu. Bien au contraire, il va soulever de nouveau la colère des mouvements associatifs représentant les Algériens à l'étranger. Ce projet risque même de faire l'objet de confrontations au sein de l'hémicycle entre les deux partis de la coalition, à savoir le RND et le FLN. Leurs positions sont diamétralement opposées. Le FLN qui avait contesté l'article 51 ne compte pas lâcher prise. Etant majoritaire au sein de la chambre basse du Parlement, l'ex-parti unique va tenter d'inverser la tendance. Intervenant à quelques mois des élections législatives, ces décisions risquent de dissuader sérieusement les citoyens de la politique, ce qui n'exclut pas une forte abstention, plus élevée que celle de 2012.