C'est dans ces zones que le GIA est né et qu'il va se déployer. Dès le début du terrorisme, la ville de Larbaâ s'est trouvée prise en étau entre les chefs des groupes armés de Tablat, Lakhdaria et Zbarbar et ceux de Baraki, les Eucalyptus et Meftah. C'est dans ces zones que le GIA est né et qu'il va se déployer. Pourtant, Larbaâ va garder une certaine autonomie par rapport au commandement du GIA. Dès 1995, El-Hadj Mustapha Kertali, ex-président de l'APC de Larbaâ, fils et frère de quatre chouhada, donne naissance à un groupe séparatiste du GIA, le Mipd (Mouvement islamique pour la prédication et le djihad). A partir de cette date, la ville de Larbaâ, de l'avis de tous ses citoyens, commence à (re)vivre. Une certaine embellie enveloppe la région, malgré les incursions épisodiques des groupes d'Ouled Slama et Bougara (Abou Souraka, Zeggaï, etc.) qui condamnent les hommes de Kertali à la mort pour «apostasie et hérésie». Le Mipd intègre les accords ANP-AIS et s'autodissout au lendemain du 13 janvier 2000. La bombe la plus meurtrière de l'année, qui a explosé au marché de Larbaâ le 5 juillet dernier, a fait sortir la ville de sa quiétude de riche et vaste plaine agricole de la Mitidja, tout en permettant aux anticoncordistes de tirer à boulets rouges sur les dispositions de paix accordées aux trévistes par le Président de la République. Retour sur une poussée politico-médiatique aux contours encore indistincts.