Apiculteurs, producteurs maraîchers, éleveurs, producteurs de lait... ont sérié les difficultés rencontrées dans chaque filière. Une délégation parlementaire dirigée par le président de la commission de l'agriculture au sein de l'APN s'est rendue hier à Bouira pour rencon-trer les professionnels du secteur. La salle des réunions APW du chef-lieu a abrité cette rencontre où une multitude de problèmes entravant le développement du secteur ont été posés. Les représentants des apiculteurs, producteurs maraîchers, éleveurs, producteurs des viandes rouge et blanche, producteurs de lait...ont longuement sérié les difficultés rencontrées dans chacune des filières. Si le problème de financement, l'effacement des dettes, la commercialisation du produit, sont des dénominateurs communs aux diverses professions, certains créneaux ont des difficultés spécifiques. Pour le représentant des apiculteurs par exemple, la filière est confrontée au problème résultant de l'utilisation de certains insecticides par d'autres agriculteurs et cette utilisation reste un danger pour les abeilles. L'importation de la cire chinoise, égyptienne et bulgare est un autre danger pour l'avenir de la filière qui compte plus de 120.000 ruches à travers la wilaya. Répondant à ces préoccupations, le wali a invité l'intervenant à une meilleure organisation humaine de la filière, en association, qui participera au règlement des difficultés de commercialisation, de contrôle de la qualité. Le président de l'association des gros éleveurs, vaches laitières plus précisément, interviendra pour retracer les maux de cette structure victime des effets de la tragédie nationale, et de la sécheresse. II sollicitera plus d'attention des responsables pour faire de Bouira un bassin laitier national. Un autre producteur de lait s'indignera de la décision des unités de conditionnement de Draâ Ben Khedda qui, unilatéralement, viennent de baisser le prix du litre à 25 DA alors que l'Etat le subventionne à concurrence de 45 DA. Les producteurs de la pomme de terre aussi se demandent pourquoi les acquéreurs, dans le cadre du Syrpalac, marchandent le prix à moins de 20 DA quand ils revendent ce tubercule avec des marges bénéficiaires parfois égales au prix d'achat. A ce sujet, un producteur demandera l'ouverture de points de vente où les producteurs écouleront leurs produits directement avec le consommateur. Un autre point et pas des moindres, a été soulevé lors de cette rencontre. Des agriculteurs dûment reconnus, détenteurs de cartes bénéficiaires d'aides dans le cadre de l'Ansej sont exclus selon leur représentant de la procédure d'effacement de la dette. Un autre demandera la généralisation de l'opération Rfig à l'ensemble des agriculteurs et à toutes les filières. Les professionnels de l'oléiculture aussi se diront outrés par leur exclusion de cette opération décidée par le président de la République. Ayant acquis des huileries dans le cadre du soutien à l'agriculture, il leur est demandé de se constituer en société et ont été écartés de l'opération de remise à niveau par l'annulation des dettes. Le leasing, d'après plusieurs intervenants, est nuisible à la profession. «Un tracteur qui coûte plus de 80 millions de centimes nous revient à plus du double avec les pénalités de retard, les intérêts...», dira un bénéficiaire. Pour le mot de la fin, un élu de l'APW, membre de la commission de wilaya résumera la situation en invitant les parlementaires à transmettre mais surtout à défendre les doléances des agriculteurs de Bouira et à considérer cette wilaya comme agricole et non à vocation agricole. Précisons enfin que la commission séjournera à Bouira pour opérer des sorties à travers les communes de la wilaya.