Quarante-huit heures après le match AS Khroub-JS Kabylie qui s'est donc soldé par un match nul jeudi dernier au stade du Khroub (1-1), le coach français des Canaris, Jean-Christian Lang, était fou furieux après toutes les péripéties vécues par son équipe après un match qu'il qualifie de “fort mouvementé car marqué par de graves irrégularités sur lesquelles l'arbitre a carrément fermé les yeux”. Un tel courroux du coach kabyle contrastait terriblement avec la gentillesse et l'amabilité qu'on lui connaît habituellement. C'est que Lang, qui a joué et entraîné durant de longues années dans le football de haut niveau, n'a pas l'habitude de ruer facilement dans les brancards, lui qui admet qu'un arbitre est avant tout un être humain et a donc le droit de se tromper de temps à autre. En revanche, il ne tolère pas qu'un arbitre — de surcroît international — ferme les yeux sur de graves irrégularités qui doivent être sévèrement sanctionnées sur le terrain et surtout consignées noir sur blanc en fin de match pour que la commission de discipline fasse correctement son boulot dans le strict respect des lois du foot et par là même dans l'intérêt suprême de la discipline. C'est que Lang n'a pas compris que l'homme en noir s'obstine à taire de graves fautes commises contre certains joueurs et plus grave encore contre l'arbitre lui-même. “Voilà un arbitre qui nous prive de deux buts valables, qui accorde sous la pression une égalisation entachée d'une faute sur notre dernier défenseur Bellabès que tout le monde a pourtant vue sauf lui et son assistant. Mais là où le bât blesse, c'est que cet arbitre a fermé les yeux sur les nombreux jets de projectiles dont l'un a même touché et blessé le juge de touche, ce qui a provoqué un arrêt de jeu regrettable que l'arbitre n'a même pas consigné en fin de partie sur la feuille de match comme si de rien n'était”, dira Jeannot Lang qui avait bien du mal à décolérer durant tout le week-end, car apparemment peu habitué à ce genre de situations surtout que, selon lui, “l'arbitre central de la partie, M. Boumaza, a été bousculé et insulté par les joueurs du Khroub lui et ses deux assistants sans qu'il ne bronche, alors que les cartons devaient pleuvoir devant de tels écarts de conduite. Où va le football algérien si les joueurs vivent l'enfer et que l'arbitre fait preuve d'une passivité condamnable à plus d'un titre ?” dira encore le coach de la JSK qui n'en croyait pas ses yeux lorsqu'il consulta la feuille de match sur laquelle l'arbitre n'a rien signalé. “C'est quand même grave de constater de tels dérapages et la Ligue nationale tout comme la fédération doivent réagir pour éviter le pire. Si, l'arbitre a failli à sa tâche, c'est grave. Mais en plus, il y avait un délégué de match qui a tout vu et qui devait tout signaler dans son rapport et s'il n'a pas fait objectivement son boulot, c'est qu'il doit être viré par la FAF, car il y va de l'avenir du football algérien. Quand je ma rappelle que le stade de Tizi Ouzou a été suspendu au lendemain du match JSK-ESS où rien de grave ne s'était passé et que l'on passe sous silence ce qui s'est passé jeudi dernier à Khroub, c'est qu'il y a réellement péril en la demeure et cela je ne peux pas l'accepter. Le football est avant tout un jeu et un spectacle où il y a toujours un vainqueur et un vaincu sans aucune passion aveugle ni acte de vandalisme”, ajoutera Lang avec un brin d'amertume qui en dit long sur ce qu'il a vécu jeudi dernier à Khroub. “Croyez-moi, ce n'est pas la déception du résultat final qui m'a fait mal, mais ce sont tous ces dérapages qui n'ont même pas été sanctionnés par l'arbitre qui a cédé à la pression. Contre l'USMA, la semaine dernière à Tizi Ouzou, nous avons bien concédé un match nul à domicile et nous avons accepté sportivement la sentence, alors que notre public a longuement applaudi les deux équipes en fin de match. Et alors ?”, martèlera Lang qui semblait écœuré par tout ce qu'il a enduré avec son équipe jeudi dernier à Khroub à tel point qu'il a même songé faire ses bagages. “Je sais que je ne peux quand même pas abandonner la JSK maintenant que nous avons une équipe très soudée, mais j'avoue que c'est la première fois que je suis terriblement contrarié par toute cette violence constatée sur les terrains qui n'est pas du tout réprimée et j'avoue que jeudi soir, j'étais tenté de faire mes valises et rentrer chez moi, car je ne me reconnais pas dans ce genre de football !”, conclut le coach de la JSK qui a repris difficilement le chemin de l'entraînement hier après-midi pour tenter d'oublier au plus vite ce cauchemar et préparer sereinement son équipe pour le match de demain face au CR Belouizdad. Mohamed HAOUCHINE