Invité de l'espace Noun, jeudi dernier, l'écrivain Malek Alloula a évoqué son dernier recueil de nouvelles, le Cri de Tarzan, (éditions Barzakh 2008) et qui constitue, un véritable “hymne à l'enfance”. Malek Alloula a également tenté d'expliquer son écriture, son rapport à la langue française, son frère, le grand dramaturge Abdelkader Alloula… Considéré comme un “grand monsieur de la littérature”, Malek Alloula reste un auteur discret. D'ailleurs, c'est ce qu'il avoue : “J'écris depuis longtemps, mais très lentement, de manière éparpillée.” Sa présence dans cet antre de la littérature est “une façon de conjurer l'oubli, de convoquer la mémoire, non pas de l'Algérie, mais de la littérature”, dira, Sofiane Hadjadj, son éditeur. Exprimant sa joie d'être à Alger, pour rencontrer un public hétéroclite, composé de personne le connaissant à travers ses œuvres et d'autres qui le découvrent, l'auteur apportera plus de lumière quant à sa dernière production. En fait, le Cri de Tarzan est un recueil de nouvelles, un voyage dans l'enfance de l'auteur. “Ça remonte à l'enfance en Oranie (…) C'est l'histoire d'un gamin de 10 ans qui assiste à la première projection de cinéma du film Tarzan (…) Je raconte l'histoire de mes amis du village”, dira-t-il. D'ailleurs, il n'y évoque pas seulement ses amis d'enfance, c'est aussi des clins d'œil à ceux qui lui sont chers (son père, son frère Abdelkader, l'écrivain Nabil Farès...) Mais aussi l'évocation d'un bonheur cachant une certaine confrontation soulignée en filigrane, sans idéologie aucune, entre Algériens-Français. Et c'est ce cri de Tarzan qui faisait la différence ! Par ailleurs, et à travers ses nouvelles, c'est “le retour à la langue parlée”. Une manière de se réapproprier cette forme narrative qui tend à disparaître et qui est “dotée d'un statut mineur”. De fil en aiguille, l'auteur se dévoile, mais reste discret. Il se lâche à travers les mots. Et c'est sa maîtrise de la langue française qui fait que ses textes sont un “décryptage” de ce qu'il voit avec une grande précision. “En étant le plus précis dans cette langue, je la tenais distance (…) Je ménageais ma propre langue (…)”, dira-t-il. D'ailleurs, c'est cette précision qui faisait que ses souvenirs étaient vraiment des souvenirs ! Le plus poignant ou précis de ces souvenirs, c'est bien celui de son frère Abdelkader : “Parler de lui, c'est comme si je n'étais pas là”. Et le perdant, “je viens de perdre la moitié de mes souvenirs.” L'écriture de Malek Alloula se [ré] inscrit davantage dans le paysage littéraire. Ses œuvres ont traversé le temps et restent d'actualité, “ce n'est pas une œuvre qui se conjugue au passé !” Amine IDJER