Abassi Madani malade ?! Allons donc ! L'homme, qui s'exprimait, hier soir, sur le plateau d'El-Djazira, jouit de ses pleines facultés mentales et physiques. Abassi Madani n'a rien perdu de sa morgue, de son outrecuidance et de sa roublardise. Il n'a rien perdu de son verbe assassin. Question : qui a autorisé ce chef terroriste à quitter le territoire national alors qu'il tombe encore sous le coup de la loi ? Réponse : c'est le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, par le truchement de son ami, l'avocat Farouk Ksentini, qui lui a remis un passeport afin d'aller à l'étranger. Pour quel motif ? Officiellement, Abassi Madani est parti se soigner en… Malaisie. Foutaises ! L'homme ne souffre d'aucune maladie qui nécessiterait une évacuation à l'étranger. En vérité, la présidence a exfiltré Abassi pour le soustraire aux multiples interdictions qui pèsent sur lui, notamment celle qui l'oblige à ne pas faire de déclarations politiques. La justice algérienne condamne Abassi Madani ; son premier garant, Bouteflika, la foule aux pieds sous le prétexte fallacieux de geste humanitaire. Il y a manifestement mensonge d'Etat à propos de l'évasion, c'en est une de Abassi Madani. Ce dernier confirme la raison de son déplacement au Qatar : il ne rentrera en Algérie que si son initiative aboutit, dit-il au journaliste d'El- Djazira. On comprend maintenant pourquoi Bouteflika, malgré les réticences de l'armée — l'avion dans lequel devait voyager Abassi Madani avait été retenu plusieurs heures à l'aéroport d'Alger —, tenait absolument à exfiltrer le chef du FIS-dissous : Abassi Madani devra servir de tête de pont au projet de réconciliation nationale que le chef de l'Etat ne désespère pas d'imposer aux Algériens. Une réconciliation qui passerait par l'abdication des forces républicaines au profit des islamistes, dont Bouteflika se fait le serviteur et Abassi l'infatigable promoteur. Alors, Abassi Madani malade ?! F. A.