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Le 8 avril, le peuple doit changer le régime !
Publié dans Liberté le 21 - 03 - 2004

“La variation d’entropie dans les systèmes fermés est toujours positive ; l’ordre est continuellement détruit.�
Ludwing Von Bertalanffy
Le 8 avril pourrait, malgré tous les obstacles, devenir le jour du changement de régime en Algérie. Par la volonté tenace d’un peuple qui doit se débarrasser enfin de ses oripeaux de peuple muselé et se muer en peuple enfin libre de vivre les choix de sa jeunesse, c’est-à -dire les choix de la démocratie, du développement et de l’avenir parmi les nations civilisées du monde.
Le régime qui prévaut jusqu’à ce jour en Algérie a atteint ses limites et a dépassé son niveau d’incompétence. L’armée semble l’avoir compris. Par la voix de son commandement, elle déclare sa neutralité politique et déclare laisser le champ électoral totalement libre pour qu’émerge démocratiquement et pacifiquement une nouvelle République avec des dirigeants capables de mener notre pays vers les objectifs qu’il n’aurait jamais dû cesser de poursuivre et qu’il aurait dû déjà atteindre, ceux de la paix, du développement économique et social et des libertés universelles.
Cependant, les rentiers du régime, tapis dans les rouages des institutions, de l’administration et du mouvement syndical et associatif ainsi que dans la jungle de l’économie informelle, ont réussi, jusqu’à aujourd’hui, à empêcher l’émancipation de notre État et de notre nation par tous les moyens : du clientélisme, de la corruption, du clanisme, de la violence et du terrorisme. Ces rentiers qui se sont mobilisés pour faire perdurer le régime honni par le peuple algérien semblent, aujourd’hui, effrayés par la décision de l’ANP de ne plus cautionner leur mainmise sur le pays et se sont unis au service d’un Président-candidat dont l’objectif proclamé est de transformer l’Algérie en un émirat de seconde zone et de remettre en cause les acquis chèrement payés du peuple algérien dans les domaines de la démocratie et du développement.
Pis, un clan du pouvoir, allié objectif des rentiers du régime, réédite et promeut dans l’ombre un scénario déjà préparé et avorté en 1999 et qui consiste à coller au Président-candidat un vice-président qui devra le supplanter le plus tôt possible et ainsi arriver au sommet de l’État discrètement, sans élections.
Cet homme des “missions commandées�, sans état d’âme, attend froidement à l’ombre de la fraude son heure pour mettre l’Algérie en coupes réglées au service de ses maîtres pour une longue période.
Et c’est le vrai danger qui se profile derrière la mascarade électorale programmée aujourd’hui.
Le système algérien existe. Ce système est un ensemble hétérogène d’alliances et de pratiques de type mafieux qui gangrène, à travers des hommes liges, l’ensemble du corps de l’État algérien. Il a un objectif : enrichir toujours plus un groupe et un corollaire à cet objectif, maintenir le système fermé. Un système fermé est défini comme “un système isolé de son environnement� et c’est la principale caractéristique du système algérien : il ignore les évolutions et les mutations de son environnement et c’est pour cela que l’ordre qu’il veut imposer est contesté en permanence et que ce système fermé ne peut créer que du désordre, les conditions initiales déterminant toujours l’état final. Tant que ce système perdurera, aucun processus démocratique ne peut arriver à terme et tant que ceux qui sont au cœur du système maintiendront le régime actuel, c’est-à -dire le mode de leadership et de gestion du pays, toute action d’émancipation politique ne pourra qu’aboutir au désordre.
Changer le régime, c’est d’abord couper le cordon ombilical qui relie le cœur du système algérien au pouvoir. La réélection programmée du Président sortant, moralement et politiquement affaibli, ne pourra que renforcer le régime et rendre encore plus inexpugnables les tenants du système actuel. En réalité et au-delà de l’élection présidentielle, le défi, aujourd’hui, est d’empêcher le système de mettre au pouvoir son principal homme lige, car Bouteflika ne devait être et n’est, pour ces gens, qu’un faire-valoir, un pont pour asseoir à long terme leur hégémonie sur le pays.
Nous avons considéré avec d’autres personnalités politiques que les “jeux étaient faits� et nous avons dénoncé sur toutes ses facettes la fraude déjà largement entamée avant même le démarrage officiel de la campagne électorale.
Nous avons saisi toutes les institutions, sans réponse, sur les violations constitutionnelles flagrantes du Président-candidat. Toutes ces pratiques et tous ces faits décrédibilisent totalement l’élection du 8 avril prochain et militent, en principe, pour son annulation et sa tenue, de nouveau, dans un climat politique et social préalablement assaini après une large ouverture des champs politique et médiatique à toutes les forces politiques du pays.
Cependant, si cette élection, déjà amplement non crédible, comme en 1999, doit se tenir et si elle se tient effectivement, les derniers développements sur la scène politique ainsi que les prises de position réitérées du commandement de l’ANP, et notamment le début apparemment prometteur de mise en œuvre pratique de la neutralité “positive� de l’armée, bien que tardif nous incitent, quand même, à positiver et à ne pas abandonner le combat pour l’émergence d’une véritable démocratie en Algérie.
Je considère, pour ma part, que l’appel lancé à la classe politique de prendre sa responsabilité historique peut être un appel sincère de la part d’une institution qui souhaiterait se cantonner dans ses missions de défense et je considère surtout que l’armée a pu décider de rompre avec un système devenu obsolète et même dangereux pour la stabilité de la nation et de toutes ses institutions.
L’Algérie est appelée à devenir “une maison de verre� par son adhésion à l’OMC et son association à l’Union européenne et le maintien du système en place ne pourra jamais lui permettre de devenir un partenaire stable à un moment où la sécurité et l’économie sont intimement imbriquées.
L’institution militaire avait le choix entre soutenir le maintien du système ou favoriser le changement démocratique du régime. Il semble qu’elle ait stratégiquement opté pour le changement.
C’est le message que j’ai saisi et auquel je crois jusqu’à nouvel ordre.
L’alliance stratégique qui nous a été concoctée par le système et qui s’inscrit, selon les propos mêmes de ses promoteurs, dans l’après-présidentielle et à long terme, est une facette du scénario de prise du pouvoir par le clan précité à travers le vice-président qu’il compte accoler au Président-candidat.
C’est cette alliance contre-nature qu’il faut contrer en premier, en dévoilant ses tenants et ses aboutissants. Et comment mieux la contrer qu’en lui opposant une véritable alliance stratégique, celle qui devrait regrouper le front contre la fraude et les véritables candidats, c’est-à -dire ceux qui osent dire non au système. Djaballah et Louisa Hanoune sont des candidats à convictions qui méritent, au-delà de ce qui nous sépare, la considération politique. Ali Benflis et Saïd Sadi sont, qu’on le veuille ou non, les candidats issus du front des dix. Ils doivent et sont en train d’aller jusqu’au bout pour faire échouer la fraude. Ces quatre candidats doivent conjuguer leurs efforts pour renverser la vapeur et faire entendre les véritables voix du peuple, pas celles qu’on nous met en scène à la télévision.
L’alliance électorale de ces quatre candidats, soutenue par ceux qui ont refusé d’être candidats et ceux dont on a refusé injustement la candidature, pourra s’avérer payante le 8 avril lorsqu’il s’agira, par une présence massive et coordonnée d’observateurs dans les bureaux de vote, d’empêcher la fraude annoncée.
À chacun de prendre sa responsabilité historique. Je prends la mienne aujourd’hui en demandant à tous mes comités de soutien et à mes sympathisants de se mettre à la disposition du candidat du FLN, Ali Benflis et de l’aider par tous les moyens à battre les deux candidats du système, le candidat apparent et le candidat caché.
Au-delà de l’élimination de la candidature à l’élection du 8 avril d’un certain nombre de personnalités dont je fais partie et au-delà de mes analyses de la situation qui me font conclure à la décrédibilisation de cette élection, c’est la force de l’espoir que je ne veux pas perdre qui m’amène à décider de continuer à livrer bataille par tous moyens dont je peux encore disposer comme celui qui consiste à apporter mon soutien à un candidat encore en lice, un soutien qui soit porteur à un candidat en mesure de le rentabiliser dans l’intérêt du pays.
Je suis convaincu qu’Ali Benflis, avec la force électorale du FLN et dans la mesure où il pourrait bénéficier du soutien d’un certain nombre parmi les personnalités politiques restées crédibles en Algérie, est celui qui a le plus de chances de permettre, le 8 avril, au peuple algérien de changer de régime, de briser le système qui bloque l’avenir de notre jeunesse et de redonner dignité et espoir à notre nation et à son peuple.
M. S.
* Ancien Chef de gouvernement


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