À huit jours des élections générales cruciales en Irak, la guérilla a multiplié les attaques tuant et blessant des dizaines de civils et de militaires, alors que huit Chinois pris en otages ont été libérés. Entre-temps, le Premier ministre intérimaire, Iyad Allaoui, a admis qu'il serait impossible d'assurer une sécurité totale le jour du scrutin, estimant que le plan de sécurité était insuffisant “pour faire face aux attaques féroces (...) car il y a toujours des lacunes”. “Il y a de larges préparatifs auxquels participent les forces irakiennes et multinationales, en plus des ministres de la Défense, de l'Intérieur et des responsables des services de renseignement, pour contrôler la sécurité le jour du scrutin. Mais nous ne pouvons pas dire sans ciller qu'il n'y aura pas d'attaque”, a dit M. Allaoui à la télévision irakienne. Par ailleurs, la situation sécuritaire en Irak est la première préoccupation de la Commission électorale à l'approche du scrutin du 30 janvier, a déclaré samedi à Bagdad le représentant de l'Onu auprès de cette institution indépendante. “Actuellement, la préoccupation la plus importante est la sécurité” des employés électoraux et des électeurs, a déclaré à la presse Carlos Valenzuela. Les membres du personnel électoral sont l'objet de “beaucoup de menaces et d'intimidation”, mais ils restent très engagés à mener à bien leur mission, a-t-il dit. “La Commission électorale veut voir la plus grande participation possible. Il est important que les Irakiens votent, mais nous assistons à une campagne d'intimidation des électeurs et cela aura certainement un impact sur leur participation”, a-t-il ajouté. Pour sa part, le ministre irakien de la Défense, Hazem Chaâlane, a déclaré à la télévision Al-Jazira que son gouvernement arrêterait prochainement l'homme politique irakien et candidat chiite aux élections, Ahmed Chalabi, qu'il a accusé d'avoir cherché à entacher sa réputation et celle de son ministère. “Nous allons l'arrêter et le remettre à Interpol. Il a cherché à ternir l'image du ministère de la Défense et la réputation du ministre de la Défense”, a dit M. Chaâlane. “Nous avons prévu de l'arrêter après l'Aïd” qui s'achève ce week-end, selon lui. En septembre dernier, une action en justice contre Chalabi, accusé d'avoir fabriqué de la fausse monnaie irakienne, a été abandonnée, faute de preuves. Abdel Aziz Hakim, chef du Conseil supérieur de la révolution islamique d'Irak (Csrii, chiite), dont la liste est donnée favorite au scrutin, a jugé “évident que ceux qui commettent les attentats (contre les chiites) veulent créer des dissensions confessionnelles”. Dans un message diffusé cette semaine sur internet, Abou Moussab Al-Zarqaoui, lié au réseau terroriste Al-Qaïda, s'en est violemment pris aux chiites, surtout à leur figure emblématique, l'ayatollah Ali Sistani. Selon un sondage publié vendredi par l'institut Harris Interactive, les Américains se disent pessimistes sur l'impact des élections, un tiers seulement (34%) pensant qu'il y aura une amélioration de la situation. Quelque 25% des personnes interrogées pensent que la situation sera pire après. Par ailleurs, huit Chinois enlevés en Irak et menacés de mort ont été libérés, a indiqué samedi la chaîne de télévision Al-Arabiya, citant un communiqué du groupe. R. I. A.