Le président de Talaie El-Houriat, Ali Benflis, se veut en phase avec la rue et ne veut pas entendre parler d'une gestion de l'après-Bouteflika par les 3 B : Abdelkader Bensalah, Tayeb Belaïz et Nourredine Bedoui. Pour l'ancien chef de gouvernement, ces responsables sont tous les trois "disqualifiés" pour avoir défendu "de façon acharnée le 5e mandat" et le peuple ne veut pas d'eux, a-t-il expliqué hier au Forum d'El Moudjahid. "Le peuple veut du nouveau pour construire du nouveau", dit-il. Que faire alors pour combler le vide institutionnel à la tête du pays surtout qu'il a convenu que l'application de l'article 102 comme proposé par le chef d'état-major ne peut être la solution pour l'impasse actuelle ? En bon démocrate, Ali Benflis met sur la table sa proposition de sortie de crise sans pour autant essayer de l'imposer au reste des acteurs politiques. Sa recette ? "Ce peuple qui est sorti dans la rue pour mettre fin à l'absolutisme, au pouvoir personnel, aux élections truquées, aux fausses délégations de signature pour de faux dirigeants, il faut l'écouter pour trouver une solution politique au problème de la légitimité. La seule démarche est de donner la parole au peuple qui n'a jamais pu s'exprimer librement par la voie d'élections libres et honnêtes", affirme-t-il. Plus concrètement, il propose la tenue d'une élection présidentielle dans une période de 3 à 6 mois pour, argumente-t-il, légitimer l'institution présidentielle et mettre le pays à l'abri de toute interférence ou intervention étrangère mais aussi couper l'herbe sous le pied des forces extraconstitutionnelles qui font tout pour détruire l'Etat national et faire avorter la révolution pacifique. Mais avant d'élire un président, Ali Benflis plaide pour le choix d'un président intérimaire ou un collège de 2 à 3 personnes pour "diriger l'Etat jusqu'à la prochaine élection présidentielle". Composé de personnalités intègres, ne traînant pas de casseroles, n'ayant pas d'ambitions politiques et surtout respectées par le peuple, ce collège désignera un gouvernement de compétences nationales, et non pas d'union nationale au regard du nombre de partis qui activent sur la scène politique, pour diriger cette période. Il aura pour tâche de préparer un code électoral et de mettre en place une commission indépendante chargée du suivi et de l'organisation de l'élection présidentielle. C'est clair, Ali Benflis préfère ne pas s'engager dans une transition démocratique ou une Assemblée constituante qui, de son point de vue, prendront plus de 2 ans. "La transition c'est très important et très sérieux. Ces grandes réformes doivent faire partie d'un projet présidentiel. Chaque candidat fera sa proposition pour la transition et aura l'occasion d'aller vers le peuple pour expliquer son projet. Et le dernier mot revient au peuple", soutient-il. Quid du Conseil constitutionnel ? Ali Benflis propose de désigner un nouveau président et de garder la même composante ou de carrément mettre fin au Conseil constitutionnel et de déléguer ses compétences à la Cour suprême. Qu'en est-il des craintes de voir l'armée jouer un rôle prépondérant dans la période actuelle ? "L'armée et le peuple sont dans le même couloir. Si l'armée veut jouer un rôle de facilitateur où est le mal ?", s'est interrogé Ali Benflis qui estime qu'un changement important s'est opéré chez le peuple mais aussi dans l'armée et l'administration. Arab Chih