Istanbul - janvier / mars 2016 : le 12 janvier, près de la Mosquée Bleue d'Istanbul, un attentat à la bombe dirigé contre un groupe de touristes allemands fait dix morts et quinze blessés. A peine la fumée s'est-elle dissipée sur la scène du crime, que le président turc Erdogan décrète que le coupable est «un Syrien». Tout est bon pour l'homme fort d'Ankara pour relancer son intervention en Syrie. Mais comme dans les cas précédents, le terrorisme d'Etat de la Turquie cible aussi indirectement une partie de sa propre population. La guerre qu'Erdogan mène contre les Kurdes dans l'est du pays devient de jour en jour plus meurtrière, et il a besoin de prétextes pour la justifier, même si la chose n'est pas dite expressément. Le choix de l'appartenance nationale des victimes s'explique peut-être par un contentieux (réel ou supposé) qui oppose Ankara à Berlin à propos de la crise des «réfugiés syriens» et de l'adhésion de la Turquie à l'UE. Les supérieurs hiérarchiques américano-israéliens d'Erdogan sont bien-sûr favorables à cette adhésion qui leur permettrait de détruire encore plus rapidement l'Europe - par la même occasion, ils pourraient peut-être aussi faire adhérer Daech, puisque c'est un «Etat» et qu'avec trente membres, le compte serait «rond». En attendant, Erdogan se fait honorer financièrement par Bruxelles et Berlin pour sa coopération et sa «retenue». Rien de tel qu'un attentat pour faire grimper les enchères... Autres attentats terroristes en Turquie : le 13 mars à Ankara (37 morts) et le 19 mars de nouveau à Istanbul, rue Istiklal (4 morts). Indonésie / Burkina Faso / Côte d'Ivoire - janvier / mars 2016 : Le 14 janvier 2016, à Djakarta en Indonésie, une vague d'attentats terroristes cause la mort d'au moins vingt personnes. Le lendemain, à Ouagadougou (Burkina Faso), un commando islamiste fait irruption dans l'hôtel Splendid et tue plus de vingt touristes ou hommes d'affaires occidentaux. Déjà en novembre 2015, une attaque similaire avait fait 22 morts au Mali (à l'hôtel Radisson Blu de Bamako). Et quelques semaines plus tard, le 13 mars, une fusillade dans la station balnéaire de Grand-Bassam, en Côte d'Ivoire, se soldera par une vingtaine de victimes. Il est matériellement impossible de suivre, de comprendre et de détailler toutes les affaires de terrorisme téléguidé qui se produisent un peu partout dans le monde, mais on peut affirmer sans le moindre doute qu'elles sont au moins aussi meurtrières que celles sur lesquelles on s'étend - sans parler des pays où la terreur est omniprésente car faisant partie des guerres d'invasion baptisées «guerres civiles». Depuis quelques années, on s'enfonce irrésistiblement dans un conflit mondial qui ne dit pas son nom et où les «combats» sont menés de plus en plus fréquemment non pas par les pays agresseurs eux-mêmes mais par les troupes supplétives qu'ils ont recrutées, financées et armées. En Afrique, comme en Asie et ailleurs, quand le terrorisme frappe, il n'est pas nécessaire de chercher longtemps pour trouver les commanditaires. (A suivre)