Washington et Moscou ont convenu de l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu en Syrie à partir du 27 février à minuit qui selon les termes du communiqué commun américano-russe l'annonçant reste soumis à la validation du régime de Damas et de l'opposition et ne concernera pas les organisations terroristes Etat islamique et Front El Nosra, la branche d'El Qaïda. Reste maintenant à savoir si l'accord américano-russe a reçu l'aval des autres parties étrangères prenantes dans le conflit. Une trêve en Syrie n'a de chance d'intervenir que si en effet tous les acteurs étrangers du conflit y conviennent et usent de leur influence auprès de leurs alliés syriens pour qu'ils l'acceptent et la respectent. Il est probable que Moscou et Washington ont dû négocier les termes de l'accord auquel ils sont parvenus avec ces autres parties étrangères impliquées dans le conflit et en auraient obtenu les assurances qui leur ont permis d'en faire l'annonce. Tout donne à le penser au vu que l'accord américano-russe n'a été rendu public qu'après la réunion à Munich du groupe international de soutien à la Syrie à laquelle ont pris part ces parties en question et d'intenses tractations diplomatiques menées séparément par le secrétaire d'Etat américain John Kerry et son homologue russe avec les principales d'entre elles. Les Etats-Unis et la Russie apparaissent cette fois sûrs d'être parvenus à un accord qui va tenir la route sinon Obama et Poutine se seraient gardés de faire savoir qu'ils ont communiqué sur cet accord. Tout n'est pas réglé pour autant car les termes de l'accord sont d'un flou qui pourrait permettre à un camp comme à un autre des protagonistes du conflit syrien d'en faire des interprétations remettant en cause la trêve recherchée. L'on sait que dans ce conflit syrien les camps belligérants s'accusent mutuellement d'avoir dans leurs rangs des groupes ou des milices qualifiés, selon, de terroristes ou de mercenaires. C'est sur cette question que risquerait d'achopper l'accord de trêve américano-russe. Le régime de Damas a très vite fait connaître qu'il accepte la trêve annoncée mais en précisant qu'il poursuivra la lutte contre les organisations terroristes qui pour lui ne se résument pas à l'Etat islamique et au Front El Nosra. Damas considère en effet comme tels des groupes armés faisant partie du Haut comité des négociations (HCN) qui rassemble l'opposition syrienne. Ce même HCN traite de son côté de mercenaires les combattants du Hezbollah libanais et iraniens qui se battent aux côtés des forces du régime. Mais comme à l'évidence le conflit syrien ne peut être résolu que si ses acteurs étrangers s'entendent pour y mettre fin, les positions de ses belligérants locaux, le régime et l'opposition, ne seront que ce que les premiers en décideront et imposeront aux uns et aux autres. Il est à espérer que l'entente pragmatique à laquelle Washington et Moscou sont parvenus après plus de cinq années de guerre par procuration entre leurs deux pays s'imposera comme la voie à suivre à toutes les parties enrôlées dans cette guerre dans un camp ou l'autre et qu'au besoin les Etats-Unis et la Russie les y contraignent en combinant leur capacité de pression et de dissuasion à leur égard.