Le procès en appel de l'ex-wali d'Oran, Bachir Frik, condamné en première instance à huit ans de prison ferme, a été reporté à demain lundi au tribunal criminel d'Alger. Cette décision a été prise hier par le magistrat près la cour d'Alger après quelques minutes de l'ouverture de la séance et la constatation de l'absence de la défense d'un des inculpés et les témoins. En effet, le procès de l'ex-wali d'Oran, M. Bachir Frik qui devait débuter hier a été reporté pour aujourd'hui, lundi au tribunal criminel d'Alger. Le report est motivé par l'absence de la défense de l'inculpé Makhloufi Chabane, , des parties civiles à savoir la wilaya d'Oran et la direction d'Algérie Poste, ainsi que de près de 30 témoins. L'affaire qui a été traitée à deux reprises en 2005 et 2007 est programmée au siège de l'ancien palais de la justice Abane Ramdane et non au siège de la cour d'Alger, Le président du tribunal criminel d'Alger, Rekkad Mohamed assisté par Mmes Bouhamidi Nadia et Houria Meddah a par ailleurs rejeté les demandes des libertés sollicitées par maître Miloud Brahimi et Mokrane Ait Larbi, en faveur de leurs clients, dont la prise de corps s'est faite dans la matinée d'hier. En marge de ce renvoi, Me Miloud Brahimi a déclaré aux journalistes que : « Le président chargé du dossier a commis une erreur monumentale en renvoyant l'affaire qui est de nature criminelle à demain. C'est la première dans les annales judiciaires qu'un juge, censé préserver les droits des justiciables notamment des détenus, refuse d'accorder la main levée (liberté provisoire) à des accusés qui ont déjà purgé leurs peines. » « C'est scandaleux ! Je suis vraiment scandalisé par la décision qui vient d'être prise par le juge, qui, pour le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle est aberrante ! Il renvoie l'affaire et désigne un avocat d'office sans le consentement de l'accusé (qui a insisté sur la présence de son conseil) dans une affaire dont les pièces à conviction pèsent des quintaux. Je me demande comment l'avocat désigné d'office peut étudier le dossier et préparer sa plaidoirie en une seule journée ! » Et de clamer haut et fort : « Les mis en cause sont poursuivis pour des délits et non pas pour des accusations criminelles ! La chambre criminelle de la cour suprême était claire dans sa décision, ils ont été condamnés pour des griefs délictuels ! » Il est à rappeler que lors de sa première comparution en 2005, l'ex-premier responsable de l'exécutif d'Oran avait été condamné à huit ans de prison ferme pour dilapidation de deniers publics et complicité dans le gaspillage de sommes faramineuses variant entre 5 et 10 millions de dinars. L'ancien directeur général de l'agence foncière de la même wilaya, Laoufi Cheikh Tayeb avait écopé de la même peine. Ce dernier avait été reconnu entièrement responsable de complicité dans la dilapidation de deniers publics.Par ailleurs, deux autres hauts cadres de la capitale de l'ouest avaient été condamnés à des peines variant entre trois et cinq ans de prison ferme. Ils avaient été reconnus coupables de complicité dans la dilapidation de deniers publics. En 2007, le mis en cause avait écopé de sept ans de prison ferme, le verdict avait été rappelons-le prononcé par Mme Ania Benyoucef. Cette dernière occupe actuellement le poste de conseillère à la chambre criminelle auprès de la cour suprême. L'accusé avait introduit un pourvoi en cassation à la cour suprême sollicitant la révision de son procès et par-delà, la peine prononcée à son encontre. Tout au long de ses deux premiers jugements, le prévenu n'a pas cessé de clamer haut et fort son innocence en déclarant que : « L'affaire lui avait été montée de toutes pièces par un cercle mafieux qui ne dit pas son nom. Les véritables responsables ayant détourné et dilapidé des sommes faramineuses n'ont jamais été inquiétés. Ils devaient être traduits au même titre que moi pour répondre des graves accusations qui pèsent sur eux. »L'ex-wali d'Oran Bachir Frik avait été poursuivi par la chambre d'accusation près la cour d'Alger en premier lieu pour huit chefs d'inculpation, dont entre autres, association de malfaiteurs, faux et usage de faux dans des documents administratifs et officiels, détournement et dilapidation de deniers publics et atteinte à la réserve foncière. Il était également inculpé pour avoir autorisé la location de cinq logements et cinq locaux commerciaux et autorisation de transfert d'un terrain au profit de l'Agence foncière de la commune d'Oran».