Réunis en assemblée générale, les habitants de la cité AADL de Boulkeroua n'ont pas caché leur désappointement. Ils envisagent même de recourir à la justice pour amener l'AADL à respecter ses engagements. « Depuis septembre 2007, on continue de vivre les mêmes problèmes alors que nous nous acquittons régulièrement des charges. Chacun de nous débourse mensuellement et en moyenne plus de 2 000 DA pour des charges que nous ne voyons toujours pas venir », rapporte un membre de l'association de la cité. Les problèmes évoqués par les habitants durent, selon leurs dires, depuis des lustres. Ils citent, à cet effet, plusieurs manques : « Notre cité est lésée par rapport à d'autres cités AADL relevant de la direction régionale de Annaba. L'éclairage des parties communes laisse à désirer tout comme le nettoyage des cages et la mise en service de quelques ascenseurs. L'autre problème qui mine notre quotidien est en relation avec la sécurité puisque les cinq bâtiments de la cité ne sont gardés que par deux agents, on a déjà connu des vols d'appartement en plein jour. L'aire de jeux est quant à elle dans un état de délabrement. Les toboggans sont rouillés et ont occasionné plusieurs blessures à nos enfants. Nous avons proposé à l'AADL, à travers une pétition signée par l'ensemble des habitants, de convertir cet espace en un terrain de sport pour mieux l'exploiter, mais nous n'avons toujours pas eu de réponse. » Les représentants des habitants insistent cependant sur le problème d'assainissement lequel, selon eux, constitue une grande tare et, qui plus est, ne date pas d'aujourd'hui : « Plusieurs caves sont bouchées ; au niveau des bâtiments 01 et 04, les eaux usées débordent des caves et se déversent dehors à l'air libre ; le réseau a besoin d'être repris car les constructeurs chinois ont laissé des tonnes de décombres dans les caves. » Contacté, le responsable de la gestion au niveau de la direction régionale de Annaba a tenu à donner sa version, disant à cet effet : « D'abord, je tiens à préciser que nous avons réparé tous les regards de chute. Nous venons juste de nous équiper de dix pompes submersibles qui nous permettront une meilleure prise en charge d'éventuels problèmes d'assainissement, et le déplacement d'une de nos équipes à Skikda est programmé pour voir de plus près la situation et apporter les mesures nécessaires. Pour les ascenseurs, je peux vous assurer qu'ils sont fonctionnels et qu'un seul, celui du bâtiment 03, est à l'arrêt suite à un court-circuit causé par le déversement d'eau. L'éclairage des parties communes ne devra plus poser de problème car nous nous attelons à lancer une campagne pour remplacer les lampes par des néons chose qui sera aussi efficace qu'économique. Pour l'aire de jeux, nous estimons qu'elle appartient aux enfants et elle devra le rester, néanmoins, une opération de rénovation des installations sera lancée la semaine prochaine. Au sujet du problème de gardiennage, il obéit à des ratios, mais nous allons nous rapprocher des habitants et voir ensemble l'opportunité de renforcer le dispositif. » Il ajoutera que la dynamique de gestion, nouvellement mise en marche, devra permettre dans les jours à venir une meilleure prise en charge. « Nous restons à l'écoute des citoyens et une équipe sera dépêchée demain (lundi, ndlr) à Skikda pour faire le point », a-t-il conclu. Chose qui fut faite puisque hier il nous a été donné de rencontrer les techniciens de l'AADL sur place à la cité où ils s'attelaient à superviser plusieurs points.