-Adieu : Yann Le Masson Le cinéma vient de perdre Yann Le Masson à l'âge de 81 ans. Il a co-réalisé en 1961, avec Olga Poliakoff, le film J'ai huit ans qui, à partir de dessins d'enfants réfugiés algériens, soulignait le drame du peuple algérien durant la colonisation. Le film a pour sujets les enfants de l'école Salammbô de la banlieue de Tunis dont s'occupait Frantz Fanon. Saisi 17 fois, le film n'a obtenu son visa d'exploitation en France qu'en 1974 ! Né à Brest en 1930 et décédé à Avignon, vendredi 20 janvier, Yann Le Masson était chef opérateur, documentariste, cadreur et a participé à de nombreux films dont certains grands succès populaires. En 1969, il a filmé le Festival Panafricain d'Alger et ses images demeurent inédites. -Paris : Tamazigh au musée Selon l'agence APS, le patrimoine matériel et immatériel amazigh est à l'honneur au nouveau musée de l'Institut du monde arabe (IMA) à Paris, qui ouvrira ses portes en février prochain au public. Une trentaine d'objets ayant trait à la vie quotidienne des Berbères, en tant que premiers habitants de l'Afrique du Nord, sont mis en évidence dans ce nouveau musée, mais tous évoqués dans une approche thématique. «Le propos est d'aller à la rencontre des hommes et de la société en suivant non pas une approche chronologique classique, mais un parcours-promenade ordonné par thèmes», a indiqué la conservatrice en chef du patrimoine, responsable du projet de refonte du musée, Marie Foissy. Selon elle, tous les objets de culture berbère sont présents tout le long du parcours. «Il ne s'agit pas d'une approche communautaire, mais de présenter, à travers des objets, un pan entier de la culture du monde arabe d'aujourd'hui, dans son ensemble», a-t-elle expliqué. Les objets exposés sont évoqués dans les cinq thèmes retenus pour ce musée, dont Tazlaft (plat creux), les cosmogonies anciennes et les décors à l'instar de Taftilt, genre de bougeoir en terre cuite et des inscriptions en écriture tifinagh. -Février : Chapeaux bas On annonce plusieurs hommages à des artistes algériens au courant du mois prochain. Des manifestations sont prévues ainsi pour honorer la mémoire de Azzedine Medjoubi, l'excellent comédien, metteur en scène et directeur du TNA, assassiné le 13 février 1995 par des terroristes. De même, Rouiched, considéré comme notre Charlie Chaplin national, comédien hors-pair qui avait investi le registre comique mais savait jouer des rôles dramatiques, sera au centre d'une évocation. Enfin, le chanteur oranais, Blaoui el Houari, l'homme à la voix d'or qui s'est retiré des scènes, se verra honorer par ses pairs et par son public qui se recrute dans toute l'Algérie. Cette pratique est parfois décriée, mais il faut considérer qu'il y a hommage et hommage et seules comptent la manière et la qualité de les faire. -Cameroun : Non écrivain, s'abstenir Un salon littéraire bien original que celui de l'Association Auteurs Pluriels du Cameroun : le Salon international de l'écrivain. La troisième édition de cette manifestation se tient à Douala et à Yaoundé depuis le 26 janvier et s'achèvera après-demain. Ce salon qui, apparemment, n'invite pas les éditeurs et autres partenaires de la chaîne du livre, se définit avant tout comme un «rendez-vous pour les artistes écrivains, les anthropologues, historiens, sociologues médiateurs culturels ; bref, tous les acteurs du livre et du spectacle d'Afrique et d'ailleurs». La rencontre s'est articulée autour d'un programme de conférences-débats, de représentations théâtrales, de concerts de «musiques à textes», d'un défilé de haute couture africaine ainsi que d'un atelier Internet consacré aux échanges littéraires et intellectuels. La dépêche de Camerpress, l'Agence camerounaise d'information ne précise pas si les écrivains disposent de stands, comme ailleurs, les éditeurs et les libraires. -Oscars : Ni l'un ni l'autre ? Georges Clooney semble bien parti pour l'Oscar du Meilleur Acteur avec The Descendants où il joue le rôle d'un père de famille inexpérimenté et même naïf. Excellent, paraît-il, dans ce contre-emploi éloigné de ses habituels rôles, il aurait de très solides chances pour le prix. Son concurrent est Jean Dujardin pour l'original film muet et en noir et blanc The Artist. Mais les Oscars ont souvent étonné et peut-être que ni l'un ni l'autre ne caresseront la statuette rêvée, à contre-courant des pronostics. -Musiques : Une saison originale Mardi dernier, les mélomanes ont fait massivement honneur au chanteur Aziz Sahmaoui accompagné du groupe The University of Gnawa, à la salle Ibn Zeydoun de Riadh EL Feth. Le spectacle inaugurait le premier rendez-vous de la saison musicale conçue par l'Agence algérienne pour le rayonnement culturel et génériquement intitulée «Des racines et des airs» pour faire connaître des musiques issues de terroirs lointains qui ont migré et se sont mélangées à d'autres. Ce premier rendez-vous, sous le thème «Maghreb, Andalousie, terres d'accueil», comprenait trois concerts (avec ceux de Louis Winsberg et Calle Cerezo), un format identique pour les trois autres rendez-vous jusqu'en juin prochain. Cette programmation nouvelle, accompagnée d'une vision musicale internationale, établit des passerelles avec les expressions algériennes. A suivre… -équipements culturels : Célébration et précipitation Il semblerait que la préparation de la célébration du Cinquantenaire de l'Indépendance nationale ait commencé, notamment sur les chantiers d'équipements culturels. C'est une excellente chose, mais diverses informations nous laissent croire que les autorités locales, en mettant soudain les bouchées doubles, incitent à la précipitation. Du pain béni pour certaines entreprises peu regardantes sur la qualité des travaux. Pourquoi ne se dit-on pas justement que le symbole de cet événement et le sacrifice de ceux qui l'ont amené commandent la meilleure qualité ? Et la culture, aussi. -Exposition photos : La 49e wilaya Le CCF d'Alger – pardon, l'Institut Français désormais –, organise une exposition de photographies de Yves Jeanmougin, intitulée «Marseille, cité des Suds» et ce, à partir du jeudi 2 févier à 18 h (vernissage en présence de l'artiste). Depuis 25 ans, cet artiste de l'objectif photographie la Cité phocéenne en mettant en valeur son caractère cosmopolite et notamment ses Suds, soit toutes les migrations que l'histoire a entraînées et qui se sont implantées dans la ville, participant à sa vie quotidienne. Les Algériens qui nomment Marseille la 49e wilaya, apprécieront ce voyage d'abord humain et découvriront que la ville est aussi la énième province d'un autre pays, car elle accueille de nombreuses nationalités et origines. Ils découvriront surtout un travail photographique de haut niveau qui donne des couleurs au noir et blanc. -Cinéma : la Grèce perd Angelopoulos Mardi 24 janvier, près d'Athènes, sur le tournage de son nouveau film, L'Autre Mer, le cinéaste grec Théo Angelopoulos a été renversé par une moto. Il a succombé quelques heures plus tard à ses blessures. La disparition de Théo Angelopoulos est une perte cruelle pour la Grèce et pour le cinéma mondial. Pendant plusieurs années, la Cinémathèque d'Alger a montré son film Le Voyage des Comédiens, œuvre originale, déroutante et belle, celle d'un maître du cinéma d'auteur. Il a réalisé par la suite Les Chasseurs, Voyage à Cythère, Paysage dans le brouillard, L'Eternité et un Jour, Palme d'or à Cannes en 1998... Le gouvernement grec a rendu un hommage national à l'artiste, orgueil du pays qui s'était imposé sur la scène mondiale comme une figure marquante. Théo Angelopoulos est mort à l'âge de 76 ans. Il était le contemporain de Godard et Bertolucci. Poète, philosophe, metteur en scène, il a laissé une œuvre d'une intense beauté. Dans tous ses films, il a montré l'histoire de la Grèce à travers des fresques d'une très grande ampleur et emplies de sensibilité. -Expos : Ne regrettez pas Nous vous rappelons que l'exposition internationale d'art contemporain au MaMa sera décrochée le 3 février prochain, en même temps que l'exposition au Palais de la Culture sur les Maîtres de la musique andalouse. Nous vous aurons avertis. Ne regrettez pas après de ne pas avoir pris un moment pour sortir en famille ou avec des amis, de découvrir des œuvres étonnantes ou des connaissances nouvelles. Et même de vous priver de critiquer ces expositions, car cela fait partie de l'acte culturel.