Les prochaines élections législatives mettent en lice nombre de candidats aux couleurs politiques disparates. Sous chaque sigle politique se dessine une appartenance philosophique définie, un programme économique déclaré et une attitude sociale reconnue. A chacun son cheval de bataille et tandis que l'échéance électorale approche, les discours persuasifs pleuvent autant qu'ils ne dénoncent. Ahmed Belkacem, sur les ondes de la Chaîne III dans son émission Impact a, tour à tour, interrogé un représentant du FLN, du RND et du PT sur la place de l'environnement dans leur programme. L'Algérie, forte de ressources naturelles mais largement mises en dangers par une utilisation abusive et irréfléchie, se doit de se définir, à l'avenir, autour de programmes inscrivant des réponses attendues en matière de protection écologique et de développement durable. D'emblée, ce constat a été unanime pour les candidats qui s'exprimaient hier à la radio. D'autres questions ont été abordées et des réponses tantôt précises tantôt alambiquées ont été énoncées. La position des partiS sur la question de l'environnement Mohamed Abbou, ancien ministre de la Communication tête de liste FLN, à Relizane se dit prêt à proposer des mesures et insiste sur l'existence d'équipes dans le parti qui se préoccupent des problèmes liés à l'environnement. Pour Boudina Mokhtar aux couleurs RND, le parti est pleinement engagé dans cette politique tout en s'appuyant sur l'importance de l'éducation environnementale. Le représentant du parti d'Ahmed Ouyahia précise que des avancées ont été enregistrées depuis l'avènement du président de la République, A. Bouteflika, tout en remarquant que le RND se promet pour la prochaine législature de concrétiser et de renforcer tout ce qui a été fait en la matière. Au regard du représentant du Parti des travailleurs, Labecheri Karim, la question de l'environnement est aussi une question de souveraineté nationale. Qu'il s'agisse de ses ressources ou de son patrimoine, son utilisation ne peut être laissée à des mains étrangères. Aussi, le PT y voit un secteur pourvoyeur d'emplois si une politique sincère est appliquée. Ce dernier relèvera que la crise écologique est majeure et cite, à titre d'exemple, les maladies à transmission hydrique, les constructions anarchiques sur le littoral et l'absence de gestion des déchets solides. L'encadrement législatif en matière d'environnement Nombre d'auditeurs ont relevé, durant l'émission Impact, l'existence importante de textes législatifs et réglementaires, mais dénoncent leur non-application. « Visiblement », pour le PT, les textes promulgués pour protéger nos écosystèmes ou réglementer le secteur ne sont pas appropriés à la question algérienne et ne se préoccupent pas de l'impact social qu'elles impliquent. Ainsi, le parti fait remarquer que depuis la mise en concession de deux de nos lacs, il a été constaté saccage et destruction à l'heure même où les zones humides font l'objet d'une attention toute particulière. Même topo pour le pillage de sable de rivière ou de mer. Bacheri Karim dénonce la privatisation du CTC ainsi que l'arrachage du corail dans la région de Kalaâ par un sous-traitant italien sans intervention de la police de l'environnement pour le respect des textes. Le représentant FLN, M. Abbou, se fait l'écho durant l'émission de la colère citoyenne sur la non-application des textes. Il constate les dysfonctionnements. Il reconnaît que seules deux stations d'épuration existent en Algérie, une à l'Est et l'autre à l'Ouest, tout en expliquant que durant 40 ans, la préoccupation était au développement industrielle, faisant fi des questions environnementales. Le ministre soutient qu'à l'avenir, il va falloir faire des efforts pour intégrer le problème à sa stratégie de gouvernance. M. Boudina, d'obédience RND, annoncera comme un leitmotiv que l'heure n'est pas aux constats et se défend fortement de faire dans la démagogie comme l'a prétendu un auditeur (pour toute la classe politique). Aussi, il rappellera que l'Algérie a eu des préoccupations de survie de 1990 à 2000. Le problème ne se situe pas concrètement au niveau des textes mais de leur non-application. D'ailleurs, la décision de faire payer les pollueurs a été prise à l'époque où Ahmed Ouyahia, actuellement secrétaire national du parti, était par ailleurs chef du gouvernement. Décharge de Oued Smar, Hamiz et GPL Ces questions concrètes liées à l'environnement ont été évoquées par des auditeurs, les invités ou par le présentateur. C'est Ahmed Belkacem, présentateur d'Impact, qui parlera du GPL en précisant à ce sujet que les ressources sont illimitées et connues depuis 32 ans, or seulement 3% du parc automobile national l'utilise. Le FLN, en s'inscrivant dans le même ordre d'idées, invite les Algériens à choisir des hommes dynamiques et convaincus pour l'instauration d'une Algérie nouvelle. Dans cette optique et pour l'émergence des énergies propres, le ministre incite les investisseurs à se lancer. Le représentant RND défendra bec et ongles la fermeture effective de la décharge de Oued Smar et l'existence de centre d'enfouissement technique. D'ailleurs, il s'opposera au représentant du PT sur la question des incinérateurs des déchets hospitaliers. Le parti des travailleurs retiendra cependant qu'il n'en existe pas suffisamment. L'occupation anarchique des terres de Hamiz a également été défendue plus que débattue. Ce problème est né dès 1989 alors que 12 000 lots de terrains ont été concédés de façon anarchique. Il ne faut pas que le problème se réitère, soutient M. Boudina.