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Les raisons du déluge
Changement climatique, constructions anarchiques et incivisme
Publié dans El Watan le 27 - 11 - 2007

Nous sommes de mauvais élèves qui ne voulons pas apprendre » Abdelhamid Boudaoud, président du collège des experts architectes, contient sa colère.
« Six ans après la catastrophe de Bab El Oued, comment deux jours de pluies peuvent-ils encore bloquer la ville ? A quoi doit-on s'attendre s'il pleut deux jours de plus ou s'il neige ? Vraiment, il est temps de se poser les bonnes questions. » A Alger-Port, 117 mm de précipitations sont tombés en une journée. Exceptionnel dans la violence plus que dans la quantité. Mais sur des sols saturés par les pluies régulières des semaines précédentes, l'événement tourne au cauchemar : victimes emportées, routes coupées, maisons qui menacent de s'effondrer, autoroute de la mer submergée. Pourquoi ? Et comment se fait-il que les problèmes causés par les intempéries soient-ils tous les ans les mêmes ? Le réchauffement climatique décuple la violence des intempéries Les experts du climat le disent et le répètent : les épisodes climatiques violents vont être de plus en plus nombreux. « Ce genre d'événement est indubitablement un signe, note Djamel Boucherf. Ces derniers mois ont été marqués par des conditions météorologiques inhabituelles un peu partout dans le monde : inondations, vagues de chaleur, cyclones, incendies… En Algérie, les pluies de ces derniers mois ont été particulièrement agressives. En octobre, 157 mm ont été relevés à Aïn Sefra en 24 heures, 80 mm à Tizi Ouzou et même 88 mm à Béjaïa en quelques heures ! » La formation d'intempéries est pourtant classique à cette période de l'année : de l'air froid descend du Nord vers la Méditerranée où il rencontre de l'air chaud. La masse d'air se charge alors en vapeur d'eau, des nuages se forment et provoquent des pluies. Comme la température à la surface des océans augmente, l'eau dégage davantage d'énergie qui génère encore plus de vapeur d'eau donc des pluies plus intenses. Un réseau d'évacuation des eaux mal entretenu et malmené par l'incivisme Montré du doigt à chaque fois que l'eau ruisselle dans les rues, le réseau de drainage de la ville est réputé mal entretenu. La réalité est un peu plus nuancée. Interrogé l'an dernier lors des pluies diluviennes de décembre, un des membres de la direction des travaux publics s'était défendu : « Avec le service de l'hydraulique, nous réalisons un travail colossal de nettoyage. Une fois par an, à la fin de l'été, nous passons tout le réseau d'assainissement au peigne fin. Et des curages sont effectués tous les jours. Des opérations de pompage sont aussi menées dans les endroits où l'eau stagne. Nous avons mis une pompe au niveau de l'avenue de l'ALN, par exemple. Car on sait que la mer, si elle est agitée, empêche les ruissellements de s'évacuer ». Pour certains, ce n'est pas suffisant. « Il faut donner plus de moyens à la maintenance, propose Rachid Bougdal. Je me souviens, quand j'étais jeune, il y avait des cantonniers qui nettoyaient les caniveaux à longueur d'année ! » L'entretien n'est peut-être pas suffisant, mais l'incivisme aggrave considérablement les choses. Les déchets jetés n'importe où et n'importe comment bouchent les caniveaux. « Les pluies ne ramènent pas uniquement de l'eau, souligne Mouloud Khorchi, directeur des infrastructures de base à la direction des travaux publics, mais aussi des gravats. » Rachid Bougdal précise : « Sur les sites de terrassement, les remblais sont posés à côté du chantier. Quand les pluies les emportent, le mélange se transforme en boue et la force de destruction de la boue est bien supérieure à celle de l'eau. »
Des constructions anarchiques dans le lit des oueds
« Vous vous rendez compte ? Aujourd'hui encore, on construit dans le lit des cours d'eau asséchés ! », s'étonne un ingénieur en hydraulique. En plus, des maisons de fortune qui n'ont pas besoin de grand-chose pour s'effondrer… Après les événements de 2001, une note technique de l'administration avait déjà dénoncé : « L'urbanisation étendue, ces dernières années, aux deux versants du bassin, responsable d'une déforestation favorise les ruissellements torrentiels et rapides. » Etendue mais aussi anarchique, précise les experts. « Il y avait au XVIIIe et au XIXe siècles, un bureau de recherche géologique minière dans chaque commune, relève Abdelhamid Boudaoud. Est-ce que nos élus disposent aujourd'hui de cette carte ? Est-ce qu'eux-mêmes connaissent la géologie de leur commune ? Bien sûr que non ! Même en architecture, on n'enseigne pas la géologie ! On pourrait aussi aller plus loin : qu'en est-il des plans d'assainissement ou d'alimentation en eau potable ? Un architecte qui en a besoin ne les trouve pas. Tout est géré au jour le jour. »


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