Blocage n La hausse des prix des matériaux de construction cause un lourd préjudice aux citoyens ayant bénéficié de l'aide à l'habitat rural. La somme de 700 000 DA octroyée par la caisse nationale du logement (CNL) est, en effet, loin d'être suffisante, aujourd'hui, pour achever la construction d'un logement. La plupart de ceux ayant opté pour cette formule se trouvent contraints de suspendre les travaux, en attendant une baisse des prix. Il est à rappeler que l'Etat a décidé d'augmenter l'aide octroyée dans ce sens à 700 000 en avril 2008 – elle était de 500 000 DA auparavant –, suite à la hausse des prix des matériaux de construction. Pourtant, au début de l'année 2008, les prix n'avaient pas atteint le seuil des ces derniers mois. «Pourquoi l'Etat n'a pas décidé, encore une fois, de porter l'aide par exemple à un million de DA ? Un logement rural ne peut être réalisé au-dessous de cette somme et c'est pour cela que la plupart des projets sont à l'arrêt», s'interroge, désemparé, un père de famille, ayant bénéficié de cette formule, rencontré au marché des matériaux de construction à Boghni (Tizi Ouzou). Chaque fin de semaine, il se déplace dans différents marchés espérant voir les prix revus à la baisse. «Tant que la situation demeure ainsi, je n'ai d'autre choix que d'abandonner le projet. D'ailleurs, j'étais obligé d'emprunter une somme importante pour entamer les travaux. Aujourd'hui, mon seul souci est de rembourser ma dette, puisque le fait d'avoir un logement relève désormais de l'utopie», dit-il, dépité. Chez les vendeurs des matériaux de construction, le constat est le même : des citoyens viennent seulement demander où en sont les prix. Mais presque personne n'ose commander quelques sacs de ciment. Les discussions entre les deux parties arrivent jusqu'à des disputes verbales. Les citoyens accusent les vendeurs de «voracité». Les commerçants tentent, bien évidemment, d'expliquer la situation actuelle du marché par la rareté des produits. «Mais d'où les vendeurs ramènent-ils toutes ces quantités stockées ? Avec 1 600 DA le quintal, on peut acheter la quantité désirée. Mais rien n'est fait pour ramener les prix à la baisse. Où est l'Etat ? Où sont les fonctionnaires chargés de réguler le marché ?....», s'interrogent des citoyens désorientés. Et comme un malheur ne vient jamais seul, les autres matériaux (rond à béton, sable, briques, poutrelles…) ont aussi connu le même sort. Cela rend l'aide de l'Etat – destinée aux citoyens démunis vivant en milieu rural afin de les soutenir à mener une vie décente et lutter, par conséquent, contre l'exode rural – quasi insignifiante. La précarité continue donc de marquer la vie de ces simples citoyens qui ont cru, à un certain moment, pouvoir améliorer leurs conditions de vie grâce à cette aide.