Le revenu disponible et la consommation finale des ménages ont augmenté, au cours de la période 2000-2006, à un rythme supérieur à celui de l'inflation et de la croissance démographique, selon le rapport annuel du Cnes. Un constat qui exprime, selon cet organisme, une amélioration réelle et globale du pouvoir d'achat. L'argument avancé tient au fait que le taux d'épargne chez les ménages est passé de 13% en 1990 à plus de 27% en 2006, au moment où la consommation des ménages s'est accrue de 4,7% en 2007 par rapport à 2006. Pour ce qui est de l'inflation, le Cnes a relevé que la hausse des prix des produits alimentaires de base est une conséquence de la dépendance du marché mondial. Le président de la Confédération algérienne du patronat (CAP), Boualem Merakèche, a, quant à lui, tenté de donner une explication logique à l'inefficacité sur le terrain des démarches économiques et sociales entreprises par l'Etat. Il tient pour responsable «les mécanismes mis en place qui freinent l'élan du développement socioéconomique». Le président de la CAP a évoqué la bureaucratie comme facteur négatif de développement. L'optimisme affiché, par ailleurs, par le Cnes a soulevé d'innombrables critiques de la part de certains experts. A ce propos, le président du Forum des chefs d'entreprises (FCE), Réda Hamiani, a déclaré que «la croissance économique mise en exergue par le Cnes ne nous convient pas, dans le sens où elle n'est pas portée par l'entreprise, mais par le Btph et les services». Il met en relief la dégradation continue du tissu industriel national, ainsi que le recours massif aux importations. Pour le président du FCE, le Cnes «a passé sous silence, entre autres, le phénomène du marché informel, qui fait des ravages en économie, et a minimisé le taux de chômage jugé irréaliste».