Une enveloppe financière de 50 milliards de dollars a été consacrée uniquement à l'eau en Algérie ces dernières années et pas moins de 360 milliards de dinars ont été destinés à la modernisation des réseaux d'eau potable (AEP) à travers le territoire national. Le gouvernement a tracé également dans le cadre du Plan national de l'eau (PNE) un programme à l'horizon 2030. Le secteur des ressources en eau a connu une transformation radicale ces dernières années, boosté par d'importants investissements structurants à travers les quatre coins du pays. Stations de dessalement, barrages, et autres grands transferts d'eau sont autant d'infrastructures, qui sont venues renforcer le secteur en permettant d'améliorer sensiblement les capacités de mobilisation des ressources mais aussi l'accès du citoyen à l'eau potable d'une manière continue. Ainsi, face au stress hydrique qui guette le pays du fait de son emplacement géographique dans une zone semi-aride, les investissements et les ressources financières mobilisés ont permis d'augmenter la moyenne de consommation de l'eau potable pour passer du stade du manque criard dans certaines zones à une autosuffisance en ressources y compris dans les régions désertiques. Toutefois, cet effort considérable déployé par les pouvoirs publics est confronté au phénomène du gaspillage et des innombrables fuites sur les réseaux. Une situation qui poussé le ministère des Ressources en eau et de l'Environnement, à lancer un nouveau dispositif pour l'économie de l'eau et la lutte contre le gaspillage. Dans ce cadre, des brigades de surveillance relevant de l'Algérienne des eaux (ADE) ont été déployées à travers notamment les grandes villes du pays. «Ces brigades sont actuellement installées, dans un premier temps, au niveau des grandes villes avant qu'elles ne soient généralisées et mises en places dans 44 wilayas du pays où l'ADE gère l'économie de l'eau», avait déclaré le ministre récemment lors d'une visite sur le terrain. Ce nouveau dispositif a été mis en place afin de veiller à économiser l'eau. Cette action, il faut le souligner, répond à la logique de préserver les ressources en eau et d'optimiser les capacités du pays en la matière. Dans le même chapitre, le ministre des Ressources en eau avait annoncé récemment la création prochaine, au niveau des wilayas et des daïras du pays, de commissions de contrôle des infrastructures d'eau. Ces commissions qui se chargeront d'assurer la préservation de cette ressource vitale, seront composées de représentants du secteur des ressources en eau. Elles prendront en charge le contrôle des ouvrages hydriques (barrages, réservoirs...) et tout ce qui a une relation avec l'eau pour une meilleure exploitation de cette ressource. Des investissements qui ont porté des fruits Il faudrait rappeler sur ce point que le gouvernement a mis le paquet pour assurer cette ressource qui devient de plus en plus rare et coûteuse. Dans ce sens, les chiffres du ministère sur les investissements consentis sont édifiants. Une enveloppe financière de 50 milliards de dollars a été consacrée uniquement à l'eau en Algérie ces dernières années et pas moins de 360 milliards de dinars ont été destinés à la modernisation des réseaux d'eau potable (AEP) à travers le territoire national. Le gouvernement a tracé également dans le cadre du Plan national de l'eau (PNE) un programme à l'horizon 2030. Ainsi, l'infrastructure hydraulique du pays se trouvera à l'avenir structurée en systèmes hydrauliques régionaux et en aménagements hydrauliques intégrés, selon leur projection spatiale. Ils permettront de maximiser la mobilisation des ressources en eau conventionnelles et non conventionnelles et ce, pour assurer et sécuriser la couverture à long terme de la demande en eau des populations et des activités agricoles et industrielles grâce notamment à la constitution de réserves stratégiques au niveau des barrages de grande capacité. Le même plan a prévu des actions dans le futur proche s'articulant notamment autour de l'accroissement de la mobilisation de la ressource de 1,2 milliards de m3 soit 16% de la capacité actuelle qui est de 7,4 milliards de m3. La mobilisation des ressources se fera à travers la réalisation de 26 barrages totalisant 985 millions de m3, le dévasement de 10 barrages d'une capacité globale de 45 millions de m3 et la réalisation et l'équipement de 680 forages d'un linéaire de 180 000 ml pour une mobilisation de 172 millions de m3/an. S'agissant de la réhabilitation des réseaux et leurs extensions, les pouvoirs publics ont prévu un programme soutenu par la réalisation de 2 440 km par an de canalisations et la réalisation de 17 stations de traitement, 136 réservoirs ainsi que la réhabilitation de 1 680 km/an de conduites, destinés à l'amélioration du service public de l'eau et éradiquer la fréquence de distribution de 1j/2 et plus en augmentant la plage horaire de distribution à plus de 12 heures par jour. Outre les investissements structurants, le gouvernement s'est fixé l'objectif d'améliorer l'accès à l'AEP. L'amélioration du service public, l'autre chantier Sur ce point, le secteur a engagé un ensemble de mesures et de procédures visant à simplifier les procédures et alléger les dossiers administratifs inhérents à l'accès à l'eau et à l'assainissement, au fonçage des forages et puits, ainsi qu'à la concession de la ressource en eau minérale. Sur un autre plan, les mesures relatives à l'accueil du public, à son orientation et au traitement des problèmes et difficultés, ont fait l'objet d'une prise en charge particulière. Ces mesures se sont traduites par l'aménagement et la modernisation des espaces d'accueil, la généralisation des aménagements au profit des personnes à mobilité réduite, la désignation d'agents d'accueil qualifiés, et enfin l'ouverture des agences au public. Toujours au titre de l'amélioration de la qualité de service, il a été décidé de généraliser les centres d'appels téléphoniques opérationnels (CATO) destinés à recevoir et à traiter en temps réel, les doléances des citoyens ayant traits aux disfonctionnements relevés du service public d'eau et d'assainissement. Ce qui a eu pour impact immédiat, de réduire les pertes induites par les casses sur le réseau et la diminution du désagrément des citoyens en matière de continuité du service public. Il est utile de souligner, enfin, que la bataille de l'eau, qui a été au centre de l'action gouvernementale depuis plusieurs années, a été gagnée permettant au pays de se prémunir des aléas climatiques comme c'était le cas de sécheresse qu'a connu le pays au début de l'année en cours. Il reste maintenant améliorer l'utilisation de cette ressource à travers la rationalisation et la lutte contre le phénomène du gaspillage. S. B.