De notre correspondant à Constantine Nasser Hannachi Désormais, la wilaya de Constantine pourrait respirer en matière de places pédagogiques en milieu universitaire. Mais cela serait permis, selon toute vraisemblance, dans une année. Le temps de parachever l'immense chantier de construction du pôle universitaire à la nouvelle ville Ali-Mendjli. Cela profitera non seulement à la ville des Ponts mais à toutes les wilayas limitrophes et même excentrées. Pour l'heure, la faculté centrale Mentouri régule la répartition des effectifs dans des conditions souvent difficiles mais surmontables, selon le département de la pédagogie.L'université Mentouri de Constantine attire tous les regards à chaque nouvelle rentrée. C'est plus qu'une tradition qui s'est ancrée en ce lieu de savoir, ouvert aux bacheliers dans les années 70. Prisée par le passé pour la qualité de l'enseignement qui y est prodigué, outre le fait que les wilayas limitrophes ne disposaient pas de campus en cette époque, Constantine offrait ses places pédagogiques à l'ensemble des néouniversitaires des circonscriptions de l'Est, voire de toute l'Algérie profonde. Du moins, cette tradition tempérée, un tant soit peu, par l'ouverture de plusieurs facultés en diverses régions, n'allait pas atténuer le rush incessant dès le début des inscriptions. Ce qui met les responsables de la pédagogie dans des conditions pour le moins inconfortables, se traduisant par le savoir-faire pour équilibrer l'équation nombre d'inscrits et places pédagogiques disponibles. «En gros, la faculté gère convenablement ses places pédagogiques et parvient à assurer un enseignement aéré», devait expliquer le vice-recteur. M. Latreche, questionné à ce propos, mettra en relief, cependant, le vœu émis par des étudiants de poursuivre leurs études à Constantine malgré la disponibilité de quelques spécialités en dehors de cette wilaya. Dans ce contexte, il soulignera : «L'université de Constantine reste ouverte à tous les Algériens. D'autant plus qu'il s'agit d'une orientation ministérielle. Il n'empêche que l'université tolère des transferts justifiés.» Ces éclaircissements reflètent la capacité de la faculté à prendre en charge le flux annuel de nouveaux inscrits ainsi que leur répartition sur des départements adéquats. Point de surcharge, laisse entendre notre interlocuteur, «pour peu que les espaces pédagogiques soient exploités rationnellement, quitte à profiter des horaires au-delà de 17 heures». En ce qui concerne l'effectif global que renferme l'université, il avoisine les 67 400 étudiants (dernier bilan recueilli en décembre 2010), dont 14 500 nouveaux bacheliers. «En termes de nouveaux masters, on enregistre 4 300 places», affirme notre source. S'agissant des diplômés sortants, ils sont 13 500. En matière de répartition des effectifs et de leur intensité, les facultés des lettres et langues affichent le plus d'étudiants puisque ces derniers occupent plus de 12 000 places pédagogiques. Même taux d'occupation pour les sciences humaines et sociales. Tandis que les filières des sciences économiques, de droit et sciences politiques arrivent en troisième place. Ce qui amène à dire que les spécialités qui affichent plein se rapportent aux langues étrangères dont l'afflux est considérable. «Il faut savoir que les sciences économiques et le droit enregistrent un nombre important d'inscription la première année», explique le vice-recteur. S'agissant des sciences médicales, des effectifs importants ont été inscrits pour l'année 2010-2011, mais les capacités d'encadrement demeurent in suffisantes. Pour cet exercice, le département de sport a bénéficié d'une nouvelle infrastructure de 2 000 places. Toutefois, les aspirations pour combler, toutes les places pédagogiques confondues restent liées au mégachantier engagé à la nouvelle ville Ali-Mendjeli. Il s'agit là, de la réalisation de la plus grande «ville universitaire du pays» d'une capacité de plus de 40 000 places pédagogiques, soit un pôle universitaire doté de dix facultés, de dix-neuf résidences, de quatre salles de conférences, d'auditorium… «Il faudra attendre l'année 2012 pour bénéficier de cette infrastructure. Mais des parties seront opérationnelles à la prochaine rentrée», soutient notre même source. Mais si l'on se réfère à la dernière visite effectuée en novembre dernier par le chef de l'exécutif sur les lieux, il y a de quoi nourrir l'espoir de réceptionner la cité d'ici la prochaine rentrée dès lors que le taux d'avancement des travaux est à hauteur de 75% et le budget est largement suffisant et disponible. De plus, les détenteurs de ce projet ont été sommés de parachever les travaux dans les délais, sans quoi des pénalités de retard leur seraient appliquées. «Une fois ce pôle constitué de filières polytechnique, informatique, communication, sciences… il visera des charnières d'excellence et d'attractivité. Son apport ne bénéficiera pas seulement à l'université Mentouri, mais à l'ensemble de la ville de Constantine et à l'enseignement supérieur», soutiendra M. Latreche. Au chapitre relatif à l'évaluation de la qualité de l'enseignement, et quoi que l'on dise sur la qualité de celui-ci en cette dernière décennie, l'option reprend du poil de la bête. L'intention de la tutelle et les programmes se rapportant à cet effet confèrent aux universités d'autres prérogatives, dont «la qualité». Questionné à ce sujet, le vice-recteur nous dira : «La cellule qualité est déjà installée, des rencontres et évaluations ont été entreprises et notre université fait partie d'un projet euro-maghrébin (Aqi Umed) visant le renforcement de l'autoévaluation dans les universités du Maghreb et associant des universités d'Algérie, de Tunisie, du Maroc, de France, d'Espagne et de Belgique, en plus de deux agences qualité de France (Aeres) et d'Espagne (Aneca).