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Le licenciement
Ya radjel ! Ya mra !
Publié dans Le Midi Libre le 06 - 12 - 2007

Quand Messaoud revint à la maison vers 10 heures du matin après avoir fait les courses quotidiennes, il trouva comme un petit air nouveau qui flottait dans l'atmosphère de la maison : d'abord c'était Aicha elle-même qui lui avait ouvert la porte et ensuite, un doigt sur les lèvres elle lui avait dit de ne pas faire de bruit car l'aîné, Samir, qui avait travaillé toute la nuit, était rentré et se reposait dans sa chambre. Il devait s'efforcer à dormir car le bruit était la première nuisance de cet immeuble qui en comptait tant. D'ailleurs Messaoud remarqua les journaux du matin que son fils avait négligemment jetés sur la table de cuisine. D'habitude Messaoud commençait par essuyer les critiques de son épouse sur la qualité des emplettes qu'il faisait mais ce matin la douceur de l'accueil commençait à le préoccuper : d'ailleurs il avait remarqué quelques rides supplémentaires sur le front de sa compagne.
« Qu'est-ce qui se passe ? » avait murmuré Messaoud
- Samir vient de perdre son job ! Ce matin, son chef lui a dit de ne plus revenir ! Comme ça, sans raison, sans motif !»
Samir était l'aîné de ses trois enfants ; il avait eu sa licence d'anglais et après avoir chômé durant 15 mois, il avait trouvé un poste de réceptionniste modestement rétribué dans
un hôtel international dirigé par une équipe européenne.
Il vient juste d'être confirmé après quatorze mois de travail irréprochable.
«Ça tombe bien avec la visite de Sarkozy que les roumis licencient !» se dit-il sans douter un seul instant des qualités de sa progéniture ; Samir était poli, respectueux et assidu. Cela ne pouvait être qu'une «cheria» comme il aime à dire quand il ne peut pas expliquer quelque chose. «Ce n'est pas aussi grave que cela ! Ca fait partie de la vie. Ainsi, dorénavant il saura que rien n'est jamais acquis, surtout dans le système capitaliste : c'est ce qu'on appelle chez Sarkozy et ses amis la flexibilité de l'emploi. Un jour on travaille ici, un autre jour on travaille au noir ailleurs. Quand je pense qu'en 2005, j'ai été «remercié» sur un simple coup de téléphone, parce qu'une grosse légume qui a dû passer une mauvaise nuit, a cru déceler entre les mots, entre les lignes une pernicieuse insinuation à l'encontre de lui et de ses pairs !.. Aaah ! De mon temps, ce n'était pas pareil ! Dans l'entreprise publique où j'ai travaillé 33 ans durant (33 ! un chiffre magique !), la section syndicale dont je faisais partie avait engagé un conflit de neuf mois avec une direction féodale qui gérait l'institution comme sa propre ferme : elle refusait d'appliquer les textes législatifs qui régissaient les relations de travail, notamment dans les modalités du recrutement et du licenciement. Après neuf mois de mobilisation de travailleurs, de démarches auprès des instances politiques et syndicales, finalement la direction a cédé et a honteusement réintégré les éléments licenciés ou suspendus arbitrairement ! Quelle victoire ! Mais, cela, c'était au temps de Boumèdiene et de Mohamed-Saïd Mazouzi ! Ô tempora mores !
« Moi, je suis sûre que Samir est victime du piston : ils ont dû recruter le fils de quelqu'un de bien placé, un "mis tmourthh", ou alors au pire, une belle nana ! C'est comme ça que ça se passe chez McMohand ! » avait conclu Aïcha.
Quand Messaoud revint à la maison vers 10 heures du matin après avoir fait les courses quotidiennes, il trouva comme un petit air nouveau qui flottait dans l'atmosphère de la maison : d'abord c'était Aicha elle-même qui lui avait ouvert la porte et ensuite, un doigt sur les lèvres elle lui avait dit de ne pas faire de bruit car l'aîné, Samir, qui avait travaillé toute la nuit, était rentré et se reposait dans sa chambre. Il devait s'efforcer à dormir car le bruit était la première nuisance de cet immeuble qui en comptait tant. D'ailleurs Messaoud remarqua les journaux du matin que son fils avait négligemment jetés sur la table de cuisine. D'habitude Messaoud commençait par essuyer les critiques de son épouse sur la qualité des emplettes qu'il faisait mais ce matin la douceur de l'accueil commençait à le préoccuper : d'ailleurs il avait remarqué quelques rides supplémentaires sur le front de sa compagne.
« Qu'est-ce qui se passe ? » avait murmuré Messaoud
- Samir vient de perdre son job ! Ce matin, son chef lui a dit de ne plus revenir ! Comme ça, sans raison, sans motif !»
Samir était l'aîné de ses trois enfants ; il avait eu sa licence d'anglais et après avoir chômé durant 15 mois, il avait trouvé un poste de réceptionniste modestement rétribué dans
un hôtel international dirigé par une équipe européenne.
Il vient juste d'être confirmé après quatorze mois de travail irréprochable.
«Ça tombe bien avec la visite de Sarkozy que les roumis licencient !» se dit-il sans douter un seul instant des qualités de sa progéniture ; Samir était poli, respectueux et assidu. Cela ne pouvait être qu'une «cheria» comme il aime à dire quand il ne peut pas expliquer quelque chose. «Ce n'est pas aussi grave que cela ! Ca fait partie de la vie. Ainsi, dorénavant il saura que rien n'est jamais acquis, surtout dans le système capitaliste : c'est ce qu'on appelle chez Sarkozy et ses amis la flexibilité de l'emploi. Un jour on travaille ici, un autre jour on travaille au noir ailleurs. Quand je pense qu'en 2005, j'ai été «remercié» sur un simple coup de téléphone, parce qu'une grosse légume qui a dû passer une mauvaise nuit, a cru déceler entre les mots, entre les lignes une pernicieuse insinuation à l'encontre de lui et de ses pairs !.. Aaah ! De mon temps, ce n'était pas pareil ! Dans l'entreprise publique où j'ai travaillé 33 ans durant (33 ! un chiffre magique !), la section syndicale dont je faisais partie avait engagé un conflit de neuf mois avec une direction féodale qui gérait l'institution comme sa propre ferme : elle refusait d'appliquer les textes législatifs qui régissaient les relations de travail, notamment dans les modalités du recrutement et du licenciement. Après neuf mois de mobilisation de travailleurs, de démarches auprès des instances politiques et syndicales, finalement la direction a cédé et a honteusement réintégré les éléments licenciés ou suspendus arbitrairement ! Quelle victoire ! Mais, cela, c'était au temps de Boumèdiene et de Mohamed-Saïd Mazouzi ! Ô tempora mores !
« Moi, je suis sûre que Samir est victime du piston : ils ont dû recruter le fils de quelqu'un de bien placé, un "mis tmourthh", ou alors au pire, une belle nana ! C'est comme ça que ça se passe chez McMohand ! » avait conclu Aïcha.


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