Si les cours mondiaux du sucre et les prix des grains oléagineux sur le marché international ne reculent pas dans les prochains mois, le gouvernement continuera à intervenir pour que ces deux produits continuent à être écoulés à 90 DA/kg pour le sucre et à 600 DA la bombonne d'huile de table. Lors d'une conférence de presse organisée hier au siège de l'Agence nationale de promotion du commerce extérieur (Algex), Mustapha Benbada, ministre du Commerce, a annoncé que son département proposera au ministère des Finances d'exonérer définitivement les opérateurs des deux produits de la TVA et des droits des douanes afin de maintenir leurs prix actuels. En cas de forte hausse des cours, les opérateurs pourront bénéficier aussi d'une compensation à condition de prouver que leur marge bénéficiaire, qui sera fixée par l'Etat, a baissé. Ces dispositions permettront de se prémunir contre les fluctuations des cours mondiaux et garantir des prix stables sur le marché national. Si le ministère des Finances retient cette proposition, elle sera introduite dans la loi de finances complémentaire 2011. En cas de refus, les montants payés par les opérateurs en guise de TVA et de droits de douane seront remboursés par le ministère du Commerce. Suite à la flambée des cours mondiaux, le gouvernement a décidé, en janvier dernier, de suspendre le payement de la TVA et des droits de douane jusqu'au mois d'août pour les opérateurs du sucre et de l'huile afin de pouvoir fixer leurs prix. Depuis son application, les opérateurs ont pu bénéficier d'une compensation évaluée à 3 milliards de dinars pour le mois de janvier. Le ministre a annoncé aussi la préparation d'un décret fixant les prix plafonnés et les marges bénéficiaires pour le sucre blanc et l'huile de table des importateurs, producteurs et commerçants de gros. En attendant sa présentation la semaine prochaine au gouvernement, ce décret sera discuté pour la quatrième fois lors du conseil interministériel qui se tiendra aujourd'hui. Après la publication des deux nouvelles lois sur les pratiques commerciales et sur la concurrence, les pouvoirs publics pourront désormais intervenir pour d'autres produits de large consommation. Après le sucre, l'huile de table, la farine, la semoule, le lait, les pâtes alimentaires et le pain, le ministère du Commerce s'apprête à fixer les prix des légumes secs (lentilles, haricots secs, pois chiches, riz). Ces produits composent désormais le panier dont a parlé le ministre, il y a quelques mois, en application de la loi sur les pratiques commerciales. «Pour fixer les prix des légumes secs, les choses n'étaient pas faciles», a-t-il avoué, expliquant que la raison est liée au grand nombre d'opérateurs qui importent les légumes secs, au nombre de 139. Dans l'objectif de réguler leurs prix, le ministère a sollicité l'Office algérien interprofessionnel des céréales pour augmenter ses capacités d'importation afin de couvrir 50% des besoins nationaux. Concernant les pâtes alimentaires, M. Benbada a parlé d'une réunion tenue avec les producteurs avec lesquels il a été décidé d'introduire une clause dans le cahier des charges leur interdisant d'élever les prix sans consulter les pouvoirs publics. Quant aux légumes et viandes, les données diffèrent. La régulation de leurs prix ne sera possible qu'après la modernisation des marchés de gros et de détail. Une nouvelle entreprise publique est en cours de création pour gérer les marchés à caractère national et régional. Un montant de 2 milliards de dinars est dégagé pour créer 4 nouveaux marchés de gros à travers les wilayas de Sétif, Annaba et Oran notamment. Il a annoncé la prochaine publication d'un nouveau décret exécutif élaboré avec le concours du ministère de l'Agriculture et celui de l'Intérieur pour organiser les marchés de gros des fruits et légumes. Les relations entre les fellahs et les différents intervenants doivent être réglementées aussi, a suggéré le ministre.